Combien mesure l'aire sous une courbe ? Ce chapitre répond à cette question très ancienne, et la réponse est surprenante : une aire se calcule avec une primitive. Le problème des aires et celui des tangentes sont deux faces d'un même problème. L'intégrale donne ainsi des aires, mais aussi des distances, des énergies, des valeurs moyennes. Et quand on ne connaît pas de primitive, on sait encore l'encadrer ou l'approcher.
On se place dans un repère orthogonal (O;I;J). L'unité d'aire, notée u.a., est l'aire du rectangle de côtés OI et OJ. Toutes les aires de ce chapitre se mesurent dans cette unité.
Exemple 1. Si une unité vaut 2 cm en abscisse et 1 cm en ordonnée, alors 1 u.a. =2×1=2 cm2.
1.2 Définition
Soit f une fonction continue et positive sur un segment [a;b], avec a≤b. Le domaine sous la courbe est la partie du plan limitée par la courbe de f, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=a et x=b.
Définition. L'intégrale de a à b de f est l'aire, en unités d'aire, du domaine sous la courbe. On la note
∫abf(x)dx.
On s'appuie ici sur la notion intuitive d'aire, vue au collège, sans chercher à la définir davantage.
1.3 Lire la notation
a et b sont les bornes de l'intégrale.
dx indique la variable d'intégration.
Le résultat est un nombre, qui ne dépend pas de x. La variable est muette : ∫abf(x)dx=∫abf(t)dt.
Si a=b, le domaine est réduit à un segment : ∫aaf(x)dx=0.
1.4 Lire une intégrale sur une figure
Quand le domaine est une figure connue, l'aire se lit directement.
Exemple 2 (rectangle).∫032dx=3×2=6.
Exemple 3 (trapèze).∫13xdx=21+3×2=4 : le domaine est un trapèze de bases 1 et 3, de hauteur 2.
Exemple 4 (avec une unité).∫04(2x+1)dx=21+3×4=8 u.a. Si 1 u.a. =2 cm2, l'aire vaut 16 cm2.
Exemple 5 (demi-disque). La courbe de x↦4−x2 est un demi-cercle de rayon 2, car y=4−x2 équivaut à x2+y2=4 avec y≥0. Donc ∫−224−x2dx=2π×22=2π.
1.5 Encadrer par des rectangles
Sous une parabole, aucune formule de géométrie ne s'applique. On encadre alors l'aire par des rectangles.
Prenons f(x)=x2 sur [0;1]. On découpe le segment en n morceaux de largeur n1. Comme f est croissante, sur chaque morceau, la hauteur prise à gauche donne un rectangle sous la courbe, et la hauteur prise à droite donne un rectangle au-dessus.
Exemple 6 (n=4). Sous la courbe : 41(0+161+164+169)=327. Au-dessus : 41(161+164+169+1)=3215. Donc
327≤∫01x2dx≤3215.
Avec n rectangles, la formule de la somme des carrés, 12+22+⋯+n2=6n(n+1)(2n+1) (chapitre 1), donne les deux sommes :
sn=6n2(n−1)(2n−1)etSn=6n2(n+1)(2n+1).
n
4
10
100
Sous la courbe, sn
0,21875
0,285
0,32835
Au-dessus, Sn
0,46875
0,385
0,33835
Les deux suites ont pour limite 62=31. Comme sn≤∫01x2dx≤Sn pour tout n, on obtient
∫01x2dx=31.
1.6 Une somme qui devient une intégrale
Chaque rectangle a pour aire f(xi)Δx : sa hauteur fois sa largeur. La somme des rectangles s'écrit i=1∑nf(xi)Δx. Quand Δx devient très petit, cette somme se rapproche de l'intégrale. On met ainsi en regard les deux écritures :
∑i=1nf(xi)Δxet∫abf(x)dx.
Le signe ∫ est un S allongé, comme somme, et dx rappelle Δx.
Un peu d'histoire. Cette idée est très ancienne. On en trouve des anticipations chez Archimède (quadrature de la parabole), Liu Hui (volume d'un cylindre), Ibn al-Haytham (volume d'un paraboloïde) puis, bien plus tard, chez Cavalieri et sa méthode des indivisibles.
Fixons la borne de gauche, et laissons bouger celle de droite. Soit f continue et positive sur [a;b]. Pour tout x de [a;b], on pose
Fa(x)=∫axf(t)dt.
C'est l'aire sous la courbe jusqu'à l'abscisse x. La variable s'appelle t, car la lettre x est déjà prise par la borne.
2.2 Deux exemples
Exemple 7. Pour f(t)=t et x≥0, le domaine entre 0 et x est un triangle de base x et de hauteur x : F0(x)=2x2. On constate que F0′(x)=x.
Exemple 8. Pour f(t)=2t+1 et x≥1, le domaine entre 1 et x est un trapèze de bases 3 et 2x+1, de hauteur x−1 : F1(x)=23+(2x+1)(x−1)=x2+x−2. On constate que F1′(x)=2x+1.
À chaque fois, la dérivée de l'aire est la fonction de départ. Ce n'est pas un hasard.
2.3 Le théorème
Théorème. Si f est une fonction continue et positive sur [a;b], alors la fonction Fa définie sur [a;b] par Fa(x)=∫axf(t)dt est dérivable sur [a;b], et Fa′=f. De plus Fa(a)=0. Autrement dit, Fa est la primitive de f qui s'annule en a.
Le cas général est admis. On démontre le théorème lorsque f est croissante.
2.4 Démonstration lorsque f est croissante
Soit f continue, positive et croissante sur [a;b], et F=Fa. Soit x0 dans [a;b].
Cas h>0, avec x0+h≤b. La différence F(x0+h)−F(x0) est l'aire de la bande comprise entre x0 et x0+h. Comme f est croissante, cette bande contient le rectangle de largeur h et de hauteur f(x0), et elle est contenue dans le rectangle de largeur h et de hauteur f(x0+h). Donc
hf(x0)≤F(x0+h)−F(x0)≤hf(x0+h).
On divise par h>0 :
f(x0)≤hF(x0+h)−F(x0)≤f(x0+h).
Cas h<0, avec x0+h≥a. La bande est à gauche de x0, de largeur −h. De la même façon, −hf(x0+h)≤F(x0)−F(x0+h)≤−hf(x0). On divise par −h>0 :
f(x0+h)≤hF(x0+h)−F(x0)≤f(x0).
Limite. Comme f est continue, h→0limf(x0+h)=f(x0). D'après le théorème des gendarmes, le taux d'accroissement de F en x0 a pour limite f(x0). Donc F est dérivable en x0, et F′(x0)=f(x0). (Si x0=a ou x0=b, seul un des deux cas a lieu.)
Enfin, F(a)=∫aaf(t)dt=0.
Le cas d'une fonction décroissante se traite de la même façon, en échangeant les hauteurs (exercice 4).
2.5 Ce qu'il faut comprendre
Quand x avance d'un petit pas h, l'aire gagne à peu près f(x)×h. La vitesse à laquelle l'aire grandit est donc la hauteur de la courbe. Comme f est positive, Fa′=f≥0 : la fonction Fa est croissante.
Un peu d'histoire. Au XVIIe siècle, Fermat, Huygens, Pascal et Barrow reconnaissent que le problème des aires (le calcul intégral) est le problème inverse de celui des tangentes (la dérivation). Les travaux de Newton et de Leibniz révèlent deux visions et deux pratiques du calcul infinitésimal. Des fondations solides sont proposées plus tard par Cauchy, qui fait de la notion de limite le point de départ de l'analyse.
Leçon 3 : Calculer une intégrale avec une primitive
Propriété. Si f est continue et positive sur [a;b], et si F est une primitive quelconque de f sur [a;b], alors
∫abf(x)dx=F(b)−F(a).
Démonstration.F et Fa sont deux primitives de f sur l'intervalle [a;b]. Elles diffèrent d'une constante (chapitre 13) : il existe un réel c tel que Fa(x)=F(x)+c pour tout x. En x=a : 0=F(a)+c, donc c=−F(a). En x=b :
Fa(b)=∫abf(x)dx=F(b)−F(a).
3.2 La notation avec des crochets
On note [F(x)]ab=F(b)−F(a).
Méthode. On écrit une primitive entre crochets. Puis on remplace x par la borne du haut, puis par celle du bas, et on soustrait, avec des parenthèses.
Peu importe la primitive choisie : avec F+k, on obtient (F(b)+k)−(F(a)+k)=F(b)−F(a). La constante disparaît.
3.3 Exemples
Exemple 9.∫01x2dx=[3x3]01=31−0=31. C'est le résultat que les rectangles laissaient deviner.
Exemple 10.∫13(2x+1)dx=[x2+x]13=(9+3)−(1+1)=10. On vérifie sur la figure : c'est un trapèze de bases 3 et 7, de hauteur 2.
Exemple 11.∫0π/2cosxdx=[sinx]0π/2=1−0=1 et ∫0πsinxdx=[−cosx]0π=1+1=2.
Exemple 12.∫1ex1dx=[lnx]1e=1−0=1.
Exemple 13.∫14x1dx=[2x]14=4−2=2 et ∫0ln3exdx=[ex]0ln3=3−1=2.
Exemple 14.∫12(3x2−x2)dx=[x3−2lnx]12=(8−2ln2)−1=7−2ln2.
3.4 Avec les formes du chapitre 13
On reconnaît les formes u′eu, u′un, uu′, uu′, en ajustant un facteur constant si besoin.
Exemple 15.∫01e2xdx=[21e2x]01=21(e2−1).
Exemple 16.∫01x2+12xdx=[ln(x2+1)]01=ln2 : forme uu′ avec u(x)=x2+1>0.
Exemple 17.∫01xex2dx=[21ex2]01=2e−1 : forme 21u′eu avec u(x)=x2.
Exemple 18.∫01(2x+1)3dx=[8(2x+1)4]01=881−1=10 et ∫0π/4sin(2x)dx=[−21cos(2x)]0π/4=0+21=21.
3.5 Une aire en situation
Exemple 19 (le porche d'une grange). Le porche d'une grange a la forme d'un arc de parabole : y=4−x2 pour x dans [−2;2], en mètres. L'aire de l'ouverture vaut
∫−22(4−x2)dx=[4x−3x3]−22=316+316=332≈10,7 m2.
Un panneau de bois à 30 euros le mètre carré coûte 332×30=320 euros.
Leçon 4 : Signe quelconque, existence des primitives
Au chapitre 13, on a admis ce résultat. Le voici, avec sa justification sur un segment.
Théorème. Toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives.
Démonstration sur un segment [a;b]. On admet que f, continue sur le segment, y possède un minimum m. La fonction g=f−m est alors continue et positive sur [a;b]. D'après le théorème de la leçon 2, elle admet une primitive G. Posons F(x)=G(x)+mx. Alors F′(x)=g(x)+m=f(x) : F est une primitive de f.
Ce qui reste admis : l'existence du minimum, le théorème de la leçon 2 lorsque f n'est pas monotone, et le passage d'un segment à un intervalle quelconque.
Exemple 20.f(x)=x sur [−1;2]. Le minimum vaut m=−1, et g(x)=x+1. La primitive de g qui s'annule en −1 est G(x)=2(x+1)2. Alors F(x)=G(x)−x=2x2+21, et F′(x)=x.
4.2 Une primitive, même sans formule
Le chapitre 13 a signalé que x↦e−x2 n'a pas de primitive explicite : aucune formule avec les fonctions usuelles. Elle a pourtant des primitives, par le théorème, et on peut en écrire une : x↦∫0xe−t2dt.
Une intégrale peut donc définir une fonction. Le logarithme en est un exemple : pour x>0,
lnx=∫1xtdt.
Le nombre lnx est, pour x≥1, l'aire sous l'hyperbole entre 1 et x.
4.3 L'intégrale, sans condition de signe
Définition. Soit f continue sur un intervalle I, a et b deux réels de I, et F une primitive de f sur I. On pose
∫abf(x)dx=F(b)−F(a).
Ce nombre ne dépend pas de la primitive choisie. Si f est positive et a≤b, on retrouve l'aire. Mais ici, f peut changer de signe, et a n'est plus forcément inférieur à b. On en déduit :
∫aaf(x)dx=0et∫baf(x)dx=−∫abf(x)dx.
Pour toute fonction f continue sur un intervalle I et tout a de I, la fonction x↦∫axf(t)dt est la primitive de f sur I qui s'annule en a.
4.4 Quand la courbe passe sous l'axe
Propriété. Si f≤0 sur [a;b], avec a≤b, alors ∫abf(x)dx est l'opposé de l'aire du domaine compris entre la courbe et l'axe des abscisses.
En effet, −f est positive, et son intégrale est cette aire. Or −F est une primitive de −f, donc ∫ab(−f)=−∫abf.
Exemple 21.∫−10x3dx=[4x4]−10=0−41=−41. Le domaine a une aire de 41 u.a., et il est sous l'axe.
4.5 Quand la courbe change de signe
Les parties au-dessus de l'axe comptent positivement, celles en dessous négativement : elles se compensent. L'intégrale n'est pas l'aire totale.
Exemple 22. Pour f(x)=x2−1 sur [0;2], une primitive est F(x)=3x3−x. On trouve ∫01f(x)dx=−32 et ∫12f(x)dx=34. Donc ∫02f(x)dx=−32+34=32. Mais l'aire totale vaut 32+34=2 u.a.
Exemple 23.∫02πsinxdx=[−cosx]02π=0. Les deux arches, d'aire 2 chacune, se compensent exactement. Une intégrale nulle ne veut pas dire que la fonction est nulle.
Méthode. Pour une aire totale, on découpe d'abord là où la fonction change de signe.
Leçon 5 : Relation de Chasles, linéarité, positivité
Dans cette leçon, f et g sont continues sur un intervalle I, et a, b, c sont des réels de I.
5.1 La relation de Chasles
Propriété.∫abf(x)dx+∫bcf(x)dx=∫acf(x)dx.
Démonstration.(F(b)−F(a))+(F(c)−F(b))=F(c)−F(a).
Pour f≥0 et a≤b≤c, cela veut dire que les aires s'ajoutent. La relation reste vraie quel que soit l'ordre de a, b et c. Elle sert à traiter les fonctions définies par morceaux.
Exemple 24. Calculons I=∫03∣x−1∣dx. Sur [0;1], ∣x−1∣=1−x ; sur [1;3], ∣x−1∣=x−1. Donc
I=∫01(1−x)dx+∫13(x−1)dx=[x−2x2]01+[2x2−x]13=21+2=25.
5.2 La linéarité
Propriété. Pour tout réel k,
∫ab(f(x)+g(x))dx=∫abf(x)dx+∫abg(x)dxet∫abkf(x)dx=k∫abf(x)dx.
Démonstration. Si F et G sont des primitives de f et g, alors F+G est une primitive de f+g, et kF est une primitive de kf. On écrit la différence entre b et a.
Attention : il n'y a pas de règle pour un produit de deux fonctions. Par exemple, ∫01x×xdx=31, alors que (∫01xdx)2=41.
Exemple 25 (deux intégrales qui s'aident). On cherche I=∫011+xxdx. On pose J=∫011+x1dx=[ln(1+x)]01=ln2. Par linéarité,
I+J=∫011+xx+1dx=∫011dx=1.
Donc I=1−ln2.
5.3 La positivité
Propriété. Si a≤b et si f≥0 sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≥0. De même, si a≤b et si f≤0 sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≤0.
Démonstration. Dans le premier cas, l'intégrale est une aire. Dans le second, c'est l'opposé d'une aire.
Exemple 26. Sur [1;e], lnx≥0, donc ∫1elnxdx≥0, sans aucun calcul.
5.4 Deux pièges
L'ordre des bornes.x2≥0, mais ∫10x2dx=−31<0, car ici 1>0.
La réciproque est fausse.∫−12xdx=23>0, alors que x<0 sur [−1;0[.
Propriété. Si a≤b et si f≤g sur [a;b], avec f et g continues, alors
∫abf(x)dx≤∫abg(x)dx.
Démonstration.g−f≥0 sur [a;b], donc ∫ab(g−f)≥0 par positivité. Par linéarité, ∫abg−∫abf≥0.
6.2 Encadrer par des constantes
Conséquence. Si m≤f(x)≤M pour tout x de [a;b], avec a≤b, alors
m(b−a)≤∫abf(x)dx≤M(b−a).
Sur le dessin, pour f positive, le domaine est coincé entre deux rectangles.
Exemple 27. Soit I=∫121+x31dx. La fonction f:x↦1+x31 est décroissante sur [1;2], avec f(1)=21 et f(2)=91. Donc 91≤f(x)≤21. Le segment a pour longueur 1 : 91≤I≤21.
6.3 Encadrer par des fonctions
On peut aussi comparer à une fonction que l'on sait intégrer. C'est la capacité « majorer ou minorer une intégrale à partir d'une majoration ou d'une minoration de la fonction ».
Exemple 28. Soit I=∫01e−x2dx. Sur [0;1], x2≤x, donc −x≤−x2. La fonction exponentielle est croissante : e−x≤e−x2≤1. On intègre :
∫01e−xdx=[−e−x]01=1−e1,donc1−e1≤I≤1.
Soit environ 0,63≤I≤1. La leçon 11 donnera I≈0,747.
Exemple 29 (une inégalité sur ln). Pour t≥1, t21≤t1≤1. Soit x≥1. On intègre de 1 à x :
1−x1≤lnx≤x−1.
6.4 Estimer sur une grille
Sans formule, on peut lire un encadrement sur un quadrillage dont chaque carreau a pour aire 1 u.a. : on compte les carreaux entièrement sous la courbe, puis on ajoute ceux que la courbe traverse.
Exemple 30. Pour f(x)=2x2+1 sur [0;3], on compte 5 carreaux sous la courbe, et 11 avec ceux qu'elle traverse. Donc 5≤∫03f(x)dx≤11. Le calcul exact donne [6x3+x]03=7,5.
Propriété. Soit f et g continues sur [a;b], avec g≤f sur [a;b]. L'aire, en unités d'aire, du domaine compris entre les deux courbes et les droites d'équations x=a et x=b vaut
∫ab(f(x)−g(x))dx.
Justification. Si f et g sont positives, c'est la grande aire moins la petite aire. Sinon, on ajoute à f et à g une même constante k qui les rend positives : le domaine est simplement translaté, et f−g ne change pas.
7.2 La méthode
Étudier le signe de f−g, en factorisant si possible. Il s'annule aux points d'intersection des courbes.
Découper en ces points : sur chaque morceau, on écrit la fonction du haut moins la fonction du bas.
Calculer, additionner, et donner le résultat dans l'unité demandée.
Exemple 31. Entre y=x et y=x2 sur [0;1] : x−x2=x(1−x)≥0. L'aire vaut
∫01(x−x2)dx=[2x2−3x3]01=21−31=61 u.a.
7.3 Quand les courbes se croisent
Exemple 32. Entre y=x3 et y=x sur [−1;1] : x3−x=x(x−1)(x+1), positif sur [−1;0] et négatif sur [0;1]. L'aire vaut
∫−10(x3−x)dx+∫01(x−x3)dx=41+41=21 u.a.
Sans découpage, on trouverait ∫−11(x3−x)dx=0, ce qui est faux.
7.4 Une courbe et sa tangente
Exemple 33. La fonction exponentielle est convexe, donc sa courbe est au-dessus de sa tangente en 0, d'équation y=x+1. Sur [0;1], l'aire entre les deux vaut
∫01(ex−x−1)dx=[ex−2x2−x]01=(e−23)−1=e−25≈0,22 u.a.
7.5 Une pièce de vitrail
Exemple 34. Un verrier découpe une pièce de vitrail comprise entre les courbes de f(x)=5−x2 et g(x)=4x2, l'unité étant le décimètre. On a f(x)=g(x)⟺45x2=5⟺x=−2 ou x=2, et g≤f sur [−2;2]. L'aire vaut
∫−22(5−45x2)dx=[5x−125x3]−22=340 dm2=152 m2.
Avec un verre à 300 euros le mètre carré, la pièce revient à 152×300=40 euros.
Prenons n valeurs de f, régulièrement réparties sur [a;b], avec Δx=nb−a. Leur moyenne s'écrit
n1∑i=1nf(xi)=b−a1∑i=1nf(xi)Δx.
Quand n devient très grand, la somme se rapproche de l'intégrale. D'où la définition.
Définition. Soit f continue sur [a;b], avec a<b. La valeur moyenne de f sur [a;b] est le réel
μ=b−a1∫abf(x)dx.
8.2 Un rectangle de même aire
L'égalité s'écrit μ(b−a)=∫abf(x)dx. Si f est positive, le rectangle de largeur b−a et de hauteur μ a la même aire que le domaine sous la courbe : ce qui dépasse au-dessus de la courbe compense ce qui manque en dessous.
Exemple 35. Valeur moyenne de x↦x2 sur [0;3] : ∫03x2dx=9, donc μ=39=3.
Exemple 36. Valeur moyenne de sin sur [0;π] : μ=π2≈0,64. Ce n'est pas 21 : la moyenne dépend de la forme de la courbe, pas seulement de ses valeurs extrêmes.
8.3 Encadrer une valeur moyenne
Propriété. Si m≤f(x)≤M pour tout x de [a;b], avec a<b, alors m≤μ≤M.
En effet, m(b−a)≤∫abf(x)dx≤M(b−a), et on divise par b−a>0.
Exemple 37. Sur [0;1], 21≤1+x21≤1. La valeur moyenne de cette fonction est donc comprise entre 21 et 1.
8.4 Interpréter dans une autre discipline
Quand une grandeur g(t) est la dérivée d'une autre grandeur G(t), l'intégrale ∫abg(t)dt=G(b)−G(a) donne la variation de G entre a et b.
Fonction intégrée
Intégrale
Valeur moyenne
Vitesse (m/s)
Distance (m)
Vitesse moyenne
Puissance (kW)
Énergie (kWh)
Puissance moyenne
Débit (L/min)
Volume (L)
Débit moyen
Intensité de la pluie (mm/h)
Hauteur d'eau (mm)
Intensité moyenne
Exemple 38 (un tramway). Un tramway relie deux stations en 60 secondes. Sa vitesse, en mètres par seconde, vaut v(t)=90t(60−t). La distance parcourue vaut
∫060v(t)dt=901[30t2−3t3]060=400 m.
La vitesse moyenne vaut 60400=320 m/s, soit 24 km/h. C'est la vitesse constante qui ferait parcourir la même distance dans le même temps.
Exemple 39 (un radiateur). La puissance d'un radiateur baisse pendant quatre heures : P(t)=2−0,25t, en kilowatts, t en heures. L'énergie consommée vaut ∫04P(t)dt=[2t−0,125t2]04=6 kWh. La puissance moyenne vaut 46=1,5 kW. À 0,25 euro le kilowattheure, cela coûte 1,50 euro.
Au chapitre 13, x↦xex résistait à toutes les formes de primitives. Il n'y a pas de règle pour intégrer un produit, mais il existe une technique, qui part de la dérivée d'un produit.
9.1 La formule
Théorème (intégration par parties). Soit u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I, à dérivées continues sur I, et a, b deux réels de I. Alors
∫abu(x)v′(x)dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x)dx.
Démonstration. On a (uv)′=u′v+uv′ : la fonction uv est une primitive de la fonction continue u′v+uv′. Donc
[u(x)v(x)]ab=∫ab(u′(x)v(x)+u(x)v′(x))dx=∫abu′(x)v(x)dx+∫abu(x)v′(x)dx
par linéarité. On isole la dernière intégrale.
9.2 Bien choisir u et v′
On veut que la nouvelle intégrale soit plus simple que l'ancienne.
Rôle
Ce qu'il faut
Exemples
u
se simplifie en dérivant
un polynôme, lnx
v′
a une primitive connue
ex, sinx, cosx
Pour xex, le choix u(x)=x, v′(x)=ex laisse à intégrer ex. Le choix u(x)=ex, v′(x)=x laisse à intégrer 2x2ex : c'est pire.
Méthode. On écrit toujours les quatre fonctions u, u′, v′, v avant de calculer.
9.3 Exemples
Exemple 40.∫01xexdx. On pose u(x)=x, u′(x)=1, v′(x)=ex, v(x)=ex.
∫01xexdx=[xex]01−∫01exdx=e−(e−1)=1.
Exemple 41.∫0πxsinxdx. On pose u(x)=x, u′(x)=1, v′(x)=sinx, v(x)=−cosx (attention au signe).
∫0πxsinxdx=[−xcosx]0π+∫0πcosxdx=π+0=π.
Exemple 42 (une astuce pour ln).∫1elnxdx. On écrit lnx=lnx×1, et on pose u(x)=lnx, u′(x)=x1, v′(x)=1, v(x)=x.
∫1elnxdx=[xlnx]1e−∫1e1dx=e−(e−1)=1.
On obtient au passage une primitive de ln sur ]0;+∞[ : x↦xlnx−x.
Exemple 43 (deux fois de suite).∫01x2exdx. On pose u(x)=x2, u′(x)=2x, v′(x)=ex, v(x)=ex.
∫01x2exdx=[x2ex]01−2∫01xexdx=e−2×1=e−2,
en utilisant l'exemple 40. Le degré du polynôme baisse de 1 à chaque intégration par parties.
Exemple 44.∫01(2x+1)exdx. On pose u(x)=2x+1, u′(x)=2, v′(x)=ex, v(x)=ex.
∫01(2x+1)exdx=[(2x+1)ex]01−2∫01exdx=(3e−1)−2(e−1)=e+1.
Une intégrale peut dépendre d'un entier n : on obtient une suite. On peut souvent tout savoir d'elle sans calculer ses termes.
10.1 Sens de variation
Pour tout entier naturel n, on pose In=∫011+xxndx. On a I0=[ln(1+x)]01=ln2.
Sur [0;1], xn+1≤xn, donc 1+xxn+1≤1+xxn. On intègre : In+1≤In. La suite est décroissante.
De plus, 1+xxn≥0 sur [0;1], donc In≥0. La suite est décroissante et minorée par 0 : elle converge (chapitre 2).
10.2 Limite, par encadrement
Sur [0;1], 1+x≥1, donc 0≤1+xxn≤xn. On intègre :
0≤In≤∫01xndx=[n+1xn+1]01=n+11.
D'après le théorème des gendarmes, n→+∞limIn=0.
10.3 Relation de récurrence, par la linéarité
Par linéarité,
In+In+1=∫011+xxn+xn+1dx=∫011+xxn(1+x)dx=∫01xndx=n+11.
On calcule ainsi les termes de proche en proche : I1=1−I0=1−ln2, puis I2=21−I1=ln2−21, puis I3=31−I2=65−ln2.
10.4 Relation de récurrence, par parties
Pour tout entier naturel n, on pose Jn=∫01xnexdx.
Dans Jn+1, on pose u(x)=xn+1, u′(x)=(n+1)xn, v′(x)=ex, v(x)=ex :
Jn+1=[xn+1ex]01−(n+1)∫01xnexdx=e−(n+1)Jn.
Avec J0=e−1, on trouve J1=1, J2=e−2, J3=6−2e.
Sur [0;1], ex≤e, donc 0≤xnex≤exn, et par intégration 0≤Jn≤n+1e. Donc n→+∞limJn=0. La relation donne même (n+1)Jn=e−Jn+1, qui tend vers e : quand n est grand, Jn ressemble à ne.
10.5 La méthode
Question
Outil
Sens de variation
Comparer les fonctions intégrées, ou étudier le signe de In+1−In
Limite
Encadrer la fonction, intégrer, puis théorème des gendarmes
Relation de récurrence
Linéarité, ou intégration par parties en faisant baisser le degré
Leçon 11 : Rectangles, milieux, trapèzes en Python
Quand on ne connaît pas de primitive explicite, on calcule une valeur approchée de l'intégrale. On découpe [a;b] en n morceaux de même largeur h=nb−a, et on note xk=a+kh.
11.1 Les trois méthodes
Méthode
Sur le morceau [xk;xk+1], on prend
Valeur approchée
Rectangles à gauche
la hauteur f(xk)
h(f(x0)+f(x1)+⋯+f(xn−1))
Rectangles à droite
la hauteur f(xk+1)
h(f(x1)+f(x2)+⋯+f(xn))
Milieux
la hauteur au milieu, f(xk+2h)
hk=0∑n−1f(xk+2h)
Trapèzes
la moyenne des deux hauteurs
hk=0∑n−12f(xk)+f(xk+1)
Si f est monotone, les rectangles à gauche et à droite encadrent l'intégrale. La méthode des trapèzes donne exactement la moyenne de ces deux sommes.
11.2 Le programme
def rectangles(f, a, b, n):
h = (b - a) / n
s = 0
for k in range(n):
s = s + f(a + k * h)
return h * s
Pour les autres méthodes, une seule ligne change, celle qui ajoute la hauteur :
s = s + f(a + (k + 1) * h) # rectangles à droite
s = s + f(a + k * h + h / 2) # milieux
s = s + (f(a + k * h) + f(a + (k + 1) * h)) / 2 # trapèzes
11.3 Tester sur une intégrale connue
On teste sur ∫12xdx=ln2≈0,69315. La fonction est décroissante : la somme à gauche est au-dessus de ln2, la somme à droite en dessous.
n
Rectangles à gauche
Rectangles à droite
Milieux
Trapèzes
10
0,71877
0,66877
0,69284
0,69377
20
0,70580
0,68080
0,69307
0,69330
100
0,69565
0,69065
0,69314
0,69315
11.4 Quelle précision ?
On compare l'écart avec ln2 quand on double n.
Écart avec ln2
n=10
n=20
Rapport
Rectangles à gauche
0,0256
0,0127
environ 2
Milieux
0,00031
0,00008
environ 4
Trapèzes
0,00062
0,00016
environ 4
On observe, sans le démontrer, que l'écart est à peu près divisé par 2 pour les rectangles, et par 4 pour les milieux et les trapèzes. Pour gagner une décimale, il faut environ 10 fois plus de rectangles, mais un peu plus de 3 fois plus de trapèzes.
11.5 Une intégrale sans primitive explicite
Exemple 45. Pour I=∫01e−x2dx, encadrée à la leçon 6 entre 0,63 et 1, la fonction est décroissante sur [0;1]. Avec n=1000, les rectangles donnent 0,7465≤I≤0,7472, et les milieux I≈0,74682. Donc I≈0,747 au millième près.
Soit f continue sur [0;1], avec 0≤f≤1. Sa courbe reste dans un carré d'aire 1. On choisit un point M(x;y) au hasard dans ce carré, en tirant x et y au hasard entre 0 et 1. La probabilité que M tombe sous la courbe est le rapport des aires :
P(y≤f(x))=1aire sous la courbe=∫01f(x)dx.
En répétant l'expérience un grand nombre de fois, la fréquence des points sous la courbe se rapproche de cette probabilité.
12.2 Le programme
from random import random
from math import exp
def f(x):
return exp(-x ** 2)
def monte_carlo(f, N):
sous = 0
for i in range(N):
x = random()
y = random()
if y <= f(x):
sous = sous + 1
return sous / N
La fonction random() renvoie un nombre au hasard entre 0 et 1. Le programme renvoie la fréquence des points sous la courbe.
12.3 Une méthode qui fluctue
Voici deux exécutions pour f(x)=e−x2. Tes résultats seront différents : c'est le hasard.
N
Première exécution
Deuxième exécution
100
0,78
0,72
1000
0,743
0,738
10000
0,747
0,7453
100000
0,74704
0,74739
La leçon 11 a donné I≈0,7468. On observe que, pour gagner une décimale, il faut environ 100 fois plus de points. C'est lent, et le résultat n'est jamais garanti. L'explication de cette précision viendra au chapitre 16, avec la loi des grands nombres. L'intérêt de la méthode est ailleurs : il suffit de savoir dire si un point est dans la zone ou non, même pour une aire de forme compliquée.
12.4 Dans un rectangle quelconque
Si 0≤f≤M sur [a;b], on enferme la courbe dans un rectangle : on tire x au hasard dans [a;b] et y au hasard dans [0;M]. La fréquence approche l'intégrale divisée par l'aire du rectangle :
∫abf(x)dx≈freˊquence×(b−a)M.
Exemple 46. Pour f(x)=x2 sur [0;2], on prend M=4. Le rectangle a pour aire 2×4=8, et ∫02x2dx=38. La fréquence est donc proche de 88/3=31.
Au XVIIe siècle, William Brouncker calcule ln2 à la main, en découpant l'aire sous une hyperbole. C'est l'un des travaux sur la quadrature de l'hyperbole cités par le programme.
13.1 Le découpage en rectangles
On sait que ln2=∫12xdx. On remplit l'aire sous la courbe par des rectangles.
Un grand rectangle sous la courbe, de base [1;2] et de hauteur 21. Son aire vaut 21=1×21.
On coupe en 23. Au-dessus du grand rectangle, un rectangle de base [1;23] tient sous la courbe, entre les hauteurs 21 et 32. Son aire vaut 21×(32−21)=121=3×41.
On recoupe chaque morceau en deux. Deux rectangles de largeur 41 s'ajoutent : 41×(54−32)=301=5×61 et 41×(74−21)=561=7×81.
La règle apparaît : on multiplie deux entiers consécutifs, en partant d'un nombre impair. On pose
Sn=∑k=1n(2k−1)×2k1=1×21+3×41+⋯+(2n−1)×2n1.
13.2 Une somme alternée
Pour tout entier k≥1, (2k−1)×2k1=2k−11−2k1. Donc
Sn=1−21+31−41+⋯+2n−11−2n1.
13.3 Pourquoi Sn tend vers ln2
On reprend la suite (In) de la leçon 10 : I0=ln2, et In+In+1=n+11. Donc I0=1−I1, puis I1=21−I2, et ainsi de suite :
ln2=I0=1−21+I2=1−21+31−41+I4=⋯=Sn+I2n.
Or 0≤I2n≤2n+11. Donc
0≤ln2−Sn≤2n+11,etn→+∞limSn=ln2.
On sait même où s'arrêter : pour une erreur d'au plus 10−3, il suffit de prendre n=500.
13.4 Le programme
def brouncker(n):
s = 0
for k in range(1, n + 1):
s = s + 1 / ((2 * k - 1) * (2 * k))
return s
n
10
100
1000
10000
Sn
0,66877
0,69065
0,69290
0,69312
Ces valeurs restent en dessous de ln2≈0,69315. La convergence est lente : une décimale de plus demande environ 10 fois plus de termes.
13.5 Le lien avec les rectangles
La valeur S10≈0,66877 est exactement la somme des rectangles à droite de la leçon 11, pour n=10. Ce n'est pas un hasard : l'exercice 25 montre que Sn est égale à la somme des rectangles à droite à n morceaux, pour tout n. Brouncker faisait donc déjà, à la main, la méthode des rectangles.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Pour f continue et positive sur [a;b], ∫abf(x)dx est l'aire sous la courbe, en unités d'aire. Elle se met en regard de la somme de rectangles i=1∑nf(xi)Δx.
Théorème : Fa:x↦∫axf(t)dt est la primitive de f qui s'annule en a. Démonstration pour f croissante : on coince une bande étroite entre deux rectangles, puis on applique le théorème des gendarmes.
Pour toute primitive F de f : ∫abf(x)dx=[F(x)]ab=F(b)−F(a).
Toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives, même sans formule explicite. La formule précédente définit l'intégrale sans condition de signe. On a ∫baf=−∫abf. Une partie de courbe sous l'axe compte négativement : l'intégrale n'est pas l'aire totale.
Chasles : ∫abf+∫bcf=∫acf. Linéarité : ∫ab(f+g)=∫abf+∫abg et ∫abkf=k∫abf. Positivité : si a≤b et f≥0, alors ∫abf≥0 (la réciproque est fausse).
Si a≤b et f≤g sur [a;b], alors ∫abf≤∫abg. Si m≤f≤M, alors m(b−a)≤∫abf≤M(b−a). Sans primitive, on compare à une fonction que l'on sait intégrer.
Si g≤f sur [a;b], l'aire entre les courbes vaut ∫ab(f−g). On étudie d'abord le signe de f−g, et on découpe aux points d'intersection.
Valeur moyenne : μ=b−a1∫abf(x)dx, hauteur du rectangle de même aire. L'intégrale d'une vitesse est une distance, celle d'une puissance est une énergie.
Intégration par parties : ∫abuv′=[uv]ab−∫abu′v. On prend pour u ce qui se simplifie en dérivant, pour v′ ce que l'on sait intégrer.
Une suite d'intégrales s'étudie sans calcul : inégalités pour le sens de variation et l'encadrement, gendarmes pour la limite, linéarité ou intégration par parties pour une relation de récurrence.
Valeurs approchées : rectangles (encadrement si f est monotone), milieux et trapèzes (bien plus précis), Monte-Carlo (fréquence de points sous la courbe, lente et aléatoire), Brouncker pour ln2 : k=1∑n(2k−1)×2k1 tend vers ln2, avec un écart d'au plus 2n+11.
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