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Chapitre 3 · Cours écrit

Vecteurs, droites et plans de l'espace

Ce chapitre ouvre la géométrie de Terminale. Tu connais les vecteurs du plan depuis la Seconde ; ici, ils passent dans l'espace, avec les mêmes règles de calcul. Ils servent à décrire les droites et les plans, à reconnaître leurs positions relatives, et à résoudre des problèmes d'alignement, de parallélisme et de coplanarité. Le produit scalaire dans l'espace (longueurs, angles, orthogonalité) vient au chapitre 9, et les équations de droites et de plans au chapitre 10.

La figure de référence. Dans tout le chapitre, ABCDEFGHABCDEFGH désigne un cube : ABCDABCD est la face du bas, EFGHEFGH la face du haut, et EE, FF, GG, HH sont au-dessus de AA, BB, CC, DD. On le dessine en perspective cavalière : la face avant ABFEABFE est en vraie grandeur, les arêtes qui fuient vers l'arrière sont raccourcies, et les arêtes cachées (ici [AD][AD], [DC][DC] et [DH][DH]) sont en pointillés. Ce dessin ne respecte pas toujours les longueurs ni les angles, mais il conserve le parallélisme et les milieux : c'est ce qui compte pour les vecteurs.

Leçon 1 : Vecteurs de l'espace, translations, combinaisons linéaires

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Vecteurs de l'espace

La définition est la même que dans le plan. Deux points AA et BB de l'espace définissent le vecteur AB→\overrightarrow{AB} :

  • sa direction est celle de la droite (AB)(AB) ;
  • son sens va de AA vers BB ;
  • sa longueur (ou norme) est la distance ABAB.

Si A=BA = B, on obtient le vecteur nul 0⃗\vec{0}. Deux vecteurs sont égaux s'ils ont la même direction, le même sens et la même longueur. Comme dans le plan : AB→=DC→  ⟺  ABCD est un paralleˊlogramme (eˊventuellement aplati)  ⟺  [AC] et [BD] ont le meˆme milieu.\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC} \iff ABCD \text{ est un parallélogramme (éventuellement aplati)} \iff [AC] \text{ et } [BD] \text{ ont le même milieu.}

Exemple 1. Dans le cube, AB→=DC→=EF→=HG→\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC} = \overrightarrow{EF} = \overrightarrow{HG} : les quatre arêtes parallèles à [AB][AB] sont parcourues dans le même sens. De même, AE→=BF→=CG→=DH→\overrightarrow{AE} = \overrightarrow{BF} = \overrightarrow{CG} = \overrightarrow{DH}.

1.2 Translations

Définition. Soit u⃗\vec{u} un vecteur. La translation de vecteur u⃗\vec{u} associe à tout point MM de l'espace le point M′M' tel que MM′→=u⃗\overrightarrow{MM'} = \vec{u}.

Une translation fait glisser toute la figure dans la direction de u⃗\vec{u}, sans la tourner ni la déformer.

Exemple 2. La translation de vecteur AE→\overrightarrow{AE} envoie AA sur EE, BB sur FF, CC sur GG et DD sur HH : elle fait monter la face du bas ABCDABCD sur la face du haut EFGHEFGH.

1.3 Calculer avec des vecteurs

Les opérations et les règles de calcul sont celles du plan.

  • Somme et relation de Chasles : pour tous points AA, BB, CC, AB→+BC→=AC→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC} = \overrightarrow{AC}. Si ABDCABDC est un parallélogramme, AB→+AC→=AD→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AD} (règle du parallélogramme).
  • Opposé : −AB→=BA→-\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{BA}, et u⃗−v⃗=u⃗+(−v⃗)\vec{u} - \vec{v} = \vec{u} + (-\vec{v}).
  • Produit par un réel kk : si u⃗≠0⃗\vec{u} \neq \vec{0} et k≠0k \neq 0, le vecteur ku⃗k\vec{u} a la direction de u⃗\vec{u}, la longueur de u⃗\vec{u} multipliée par ∣k∣|k|, le même sens que u⃗\vec{u} si k>0k > 0 et le sens contraire si k<0k < 0. Si k=0k = 0 ou u⃗=0⃗\vec{u} = \vec{0}, ku⃗=0⃗k\vec{u} = \vec{0}.
  • On développe et on factorise comme d'habitude : k(u⃗+v⃗)=ku⃗+kv⃗k(\vec{u} + \vec{v}) = k\vec{u} + k\vec{v}, (k+k′)u⃗=ku⃗+k′u⃗(k + k')\vec{u} = k\vec{u} + k'\vec{u}, k(k′u⃗)=(kk′)u⃗k(k'\vec{u}) = (kk')\vec{u}.

Ces règles marchent dans l'espace pour une raison simple : deux vecteurs dessinés à partir d'un même point sont toujours dans un même plan, où l'on retrouve la géométrie que tu connais.

Exemple 3. Calculer AB→+AD→+AE→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE} dans le cube.

Comme AD→=BC→\overrightarrow{AD} = \overrightarrow{BC} et AE→=CG→\overrightarrow{AE} = \overrightarrow{CG}, on remplace pour enchaîner les vecteurs : AB→+AD→+AE→=AB→+BC→+CG→=AG→.\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC} + \overrightarrow{CG} = \overrightarrow{AG}. C'est la grande diagonale du cube.

1.4 Combinaisons linéaires

Définition. Une combinaison linéaire des vecteurs u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} est un vecteur de la forme au⃗+bv⃗+cw⃗a\vec{u} + b\vec{v} + c\vec{w}, où aa, bb, cc sont des réels. On définit de même une combinaison linéaire de deux vecteurs : au⃗+bv⃗a\vec{u} + b\vec{v}.

Exprimer un vecteur comme combinaison linéaire (lire une figure) : on choisit un chemin qui suit des vecteurs connus, puis on applique la relation de Chasles.

Exemple 4. Exprimer BH→\overrightarrow{BH} en fonction de AB→\overrightarrow{AB}, AD→\overrightarrow{AD} et AE→\overrightarrow{AE}.

On va de BB à HH en passant par AA puis par DD : BH→=BA→+AD→+DH→=−AB→+AD→+AE→,\overrightarrow{BH} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{DH} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}, car BA→=−AB→\overrightarrow{BA} = -\overrightarrow{AB} et DH→=AE→\overrightarrow{DH} = \overrightarrow{AE}.

Représenter une combinaison linéaire (construire un point) : on part du point d'origine et on ajoute les vecteurs les uns après les autres. L'ordre des termes ne compte pas.

Exemple 5. Placer les points MM et NN définis par AM→=AB→+12AE→etAN→=12AB→+12AD→+AE→.\overrightarrow{AM} = \overrightarrow{AB} + \frac12\overrightarrow{AE} \qquad \text{et} \qquad \overrightarrow{AN} = \frac12\overrightarrow{AB} + \frac12\overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}.

  • On va de AA à BB, puis on monte de la moitié de AE→\overrightarrow{AE}, c'est-à-dire de 12BF→\frac12\overrightarrow{BF} : MM est le milieu de l'arête [BF][BF].
  • On monte d'abord de AA à EE, puis on avance de 12EF→\frac12\overrightarrow{EF} et de 12EH→\frac12\overrightarrow{EH} : EN→=12(EF→+EH→)=12EG→\overrightarrow{EN} = \frac12\left(\overrightarrow{EF} + \overrightarrow{EH}\right) = \frac12\overrightarrow{EG}. NN est le milieu de [EG][EG], c'est-à-dire le centre de la face EFGHEFGH.

1.5 Un peu d'histoire

L'idée de vecteur vient de la physique. Newton compose les forces, et Leibniz cherche un calcul directement géométrique. Au XIXᵉ siècle, Hamilton construit les vecteurs par une approche algébrique. En 1839, dans sa théorie des marées, Grassmann étend la notion de vecteur à l'espace et lui donne des règles de calcul. À la fin du siècle, Maxwell, Gibbs, Heaviside et Peano dégagent le calcul vectoriel à trois dimensions que l'on utilise aujourd'hui.

Leçon 2 : Droites de l'espace

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Vecteurs colinéaires

Définition. Deux vecteurs u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont colinéaires s'il existe un réel kk tel que v⃗=ku⃗\vec{v} = k\vec{u} ou u⃗=kv⃗\vec{u} = k\vec{v}.

  • Deux vecteurs non nuls colinéaires ont la même direction : de même sens si k>0k > 0, de sens contraires si k<0k < 0.
  • Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur (0⃗=0×u⃗\vec{0} = 0 \times \vec{u}).

Exemple 6. u⃗\vec{u} et −3u⃗-3\vec{u} sont colinéaires, de sens contraires. Dans le cube, AB→\overrightarrow{AB} et GH→\overrightarrow{GH} sont colinéaires : GH→=−AB→\overrightarrow{GH} = -\overrightarrow{AB}.

2.2 Vecteur directeur d'une droite

Définition. Un vecteur directeur d'une droite dd est un vecteur non nul qui a la direction de dd. Si AA et BB sont deux points distincts de dd, le vecteur AB→\overrightarrow{AB} est un vecteur directeur de dd, et tout vecteur non nul colinéaire à AB→\overrightarrow{AB} en est un autre.

Une droite a donc une infinité de vecteurs directeurs, tous colinéaires entre eux.

2.3 Une droite est définie par un point et un vecteur directeur

Propriété. Soit AA un point et u⃗\vec{u} un vecteur non nul. La droite dd passant par AA et de vecteur directeur u⃗\vec{u} est l'ensemble des points MM tels que AM→\overrightarrow{AM} et u⃗\vec{u} sont colinéaires : M∈d  ⟺  il existe un reˊel t tel que AM→=t u⃗.M \in d \iff \text{il existe un réel } t \text{ tel que } \overrightarrow{AM} = t\,\vec{u}.

Quand tt parcourt R\mathbb{R}, le point MM parcourt toute la droite : t=0t = 0 donne AA, t=1t = 1 le point A′A' tel que AA′→=u⃗\overrightarrow{AA'} = \vec{u}, t<0t < 0 les points situés « de l'autre côté » de AA. On dit qu'un vecteur non nul définit une direction de droites : toutes les droites de vecteur directeur u⃗\vec{u} sont parallèles entre elles.

Exemple 7. Dans le cube, soit dd la droite passant par EE et de vecteur directeur AC→\overrightarrow{AC}. Comme EG→=AC→\overrightarrow{EG} = \overrightarrow{AC} (t=1t = 1), le point GG est sur dd. Et le centre NN de la face EFGHEFGH vérifie EN→=12EG→=12AC→\overrightarrow{EN} = \frac12\overrightarrow{EG} = \frac12\overrightarrow{AC} (t=12t = \frac12) : il est aussi sur dd. En fait, dd est la droite (EG)(EG).

2.4 Alignement et parallélisme

Propriétés.

  • Trois points AA, BB, CC sont alignés si, et seulement si, les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires.
  • Deux droites sont parallèles si, et seulement si, leurs vecteurs directeurs sont colinéaires. Elles ont alors la même direction ; elles peuvent être confondues.

Exemple 8. Quatre points vérifient AD→=3AB→−2AC→\overrightarrow{AD} = 3\overrightarrow{AB} - 2\overrightarrow{AC}. Les points BB, CC, DD sont-ils alignés ?

On exprime BD→\overrightarrow{BD} avec la relation de Chasles : BD→=BA→+AD→=−AB→+3AB→−2AC→=2(AB→−AC→).\overrightarrow{BD} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AD} = -\overrightarrow{AB} + 3\overrightarrow{AB} - 2\overrightarrow{AC} = 2\left(\overrightarrow{AB} - \overrightarrow{AC}\right). Or AB→−AC→=AB→+CA→=CA→+AB→=CB→\overrightarrow{AB} - \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{CA} = \overrightarrow{CA} + \overrightarrow{AB} = \overrightarrow{CB}. Donc BD→=2 CB→\overrightarrow{BD} = 2\,\overrightarrow{CB} : ces vecteurs sont colinéaires, et BB, CC, DD sont alignés.

Exemple 9. Dans le cube, II est le milieu de [AE][AE] et JJ celui de [CG][CG]. Montrer que (IJ)(IJ) et (AC)(AC) sont parallèles.

IJ→=IA→+AC→+CJ→=−12AE→+AC→+12CG→.\overrightarrow{IJ} = \overrightarrow{IA} + \overrightarrow{AC} + \overrightarrow{CJ} = -\frac12\overrightarrow{AE} + \overrightarrow{AC} + \frac12\overrightarrow{CG}. Comme CG→=AE→\overrightarrow{CG} = \overrightarrow{AE}, les deux termes extrêmes s'annulent : IJ→=AC→\overrightarrow{IJ} = \overrightarrow{AC}. Les droites (IJ)(IJ) et (AC)(AC) sont parallèles, et ACJIACJI est un parallélogramme.

Leçon 3 : Plans de l'espace

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Un plan est défini par un point et deux vecteurs non colinéaires

Propriété. Soit AA un point, et u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} deux vecteurs non colinéaires. L'ensemble des points MM tels que AM→=xu⃗+yv⃗,avec x et y reˊels,\overrightarrow{AM} = x\vec{u} + y\vec{v}, \quad \text{avec } x \text{ et } y \text{ réels}, est un plan P\mathcal{P}. On dit que P\mathcal{P} est le plan passant par AA et dirigé par u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} (ou par le couple (u⃗,v⃗)(\vec{u}, \vec{v})).

Les deux réels xx et yy repèrent chaque point du plan, comme des coordonnées : avec x=2x = 2 et y=1y = 1, on part de AA, on avance de 2u⃗2\vec{u}, puis de v⃗\vec{v}. On dit que (u⃗,v⃗)(\vec{u}, \vec{v}) est une base de ce plan : deux vecteurs d'un plan forment une base de ce plan dès qu'ils ne sont pas colinéaires, et tout vecteur du plan s'écrit alors de façon unique xu⃗+yv⃗x\vec{u} + y\vec{v}.

Cas de trois points. Si AA, BB, CC sont trois points non alignés, ils définissent un unique plan, noté (ABC)(ABC), passant par AA et dirigé par AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} : M∈(ABC)  ⟺  AM→=xAB→+yAC→,x,y∈R.M \in (ABC) \iff \overrightarrow{AM} = x\overrightarrow{AB} + y\overrightarrow{AC}, \quad x, y \in \mathbb{R}.

3.2 Direction d'un plan

Définition. La direction du plan P\mathcal{P} dirigé par u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} est l'ensemble des vecteurs xu⃗+yv⃗x\vec{u} + y\vec{v}, xx et yy réels. Ce sont les vecteurs MN→\overrightarrow{MN} avec MM et NN dans P\mathcal{P}.

Ainsi, deux vecteurs non colinéaires définissent une direction de plan. Tout couple de vecteurs non colinéaires de cette direction dirige le même plan : par exemple, (ABC)(ABC) est aussi dirigé par AB→\overrightarrow{AB} et BC→\overrightarrow{BC}.

Définition. Deux plans sont parallèles s'ils ont la même direction. Ils sont alors confondus, ou sans point commun (strictement parallèles).

Exemple 10. Dans le cube, les faces ABCDABCD et EFGHEFGH sont dans des plans parallèles : (ABC)(ABC) est dirigé par AB→\overrightarrow{AB} et AD→\overrightarrow{AD}, et (EFG)(EFG) par EF→=AB→\overrightarrow{EF} = \overrightarrow{AB} et EH→=AD→\overrightarrow{EH} = \overrightarrow{AD}.

3.3 Vecteurs coplanaires, points coplanaires

Définition. Trois vecteurs u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} sont coplanaires si, en les dessinant à partir d'un même point OO (OA→=u⃗\overrightarrow{OA} = \vec{u}, OB→=v⃗\overrightarrow{OB} = \vec{v}, OC→=w⃗\overrightarrow{OC} = \vec{w}), les quatre points OO, AA, BB, CC sont dans un même plan.

Propriété. Si u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires : u⃗,v⃗,w⃗ coplanaires  ⟺  il existe deux reˊels a et b tels que w⃗=au⃗+bv⃗.\vec{u}, \vec{v}, \vec{w} \text{ coplanaires} \iff \text{il existe deux réels } a \text{ et } b \text{ tels que } \vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v}. Autrement dit, w⃗\vec{w} est dans la direction du plan dirigé par u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}.

Points coplanaires. Quatre points AA, BB, CC, DD sont coplanaires si, et seulement si, les vecteurs AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC}, AD→\overrightarrow{AD} sont coplanaires. Trois points sont toujours coplanaires.

Remarque. Si deux des trois vecteurs sont colinéaires, les trois sont coplanaires. Par exemple, BF→=DH→\overrightarrow{BF} = \overrightarrow{DH}, donc AC→\overrightarrow{AC}, BF→\overrightarrow{BF}, DH→\overrightarrow{DH} sont coplanaires.

Exemple 11. Les points AA, BB, GG, HH du cube sont-ils coplanaires ?

D'une part AH→=AD→+DH→=AD→+AE→\overrightarrow{AH} = \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{DH} = \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}. D'autre part, d'après l'exemple 3, AG→=AB→+AD→+AE→=AB→+AH→.\overrightarrow{AG} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AH}. Comme AB→\overrightarrow{AB} et AH→\overrightarrow{AH} ne sont pas colinéaires, les vecteurs AB→\overrightarrow{AB}, AH→\overrightarrow{AH}, AG→\overrightarrow{AG} sont coplanaires : AA, BB, GG, HH sont coplanaires. Ce plan coupe le cube selon le rectangle ABGHABGH.

Exemple 12. Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB}, AD→\overrightarrow{AD}, AE→\overrightarrow{AE} ne sont pas coplanaires : AA, BB, DD sont dans le plan de la face du bas, et EE n'y est pas.

En revanche, EG→=EF→+FG→=AB→+AD→\overrightarrow{EG} = \overrightarrow{EF} + \overrightarrow{FG} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} : le vecteur EG→\overrightarrow{EG} est dans la direction du plan (ABC)(ABC), bien que le segment [EG][EG] ne soit pas dans ce plan.

Leçon 4 : Positions relatives de droites et de plans

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Deux droites

Deux droites de l'espace sont :

  • soit coplanaires (contenues dans un même plan) : elles sont alors sécantes (un seul point commun) ou parallèles (strictement parallèles, ou confondues) ;
  • soit non coplanaires : aucun plan ne les contient toutes les deux. Elles n'ont alors aucun point commun, et elles ne sont pas parallèles.

Exemple 13. Dans le cube : (AB)(AB) et (AD)(AD) sont sécantes en AA ; (AB)(AB) et (HG)(HG) sont parallèles (HG→=AB→\overrightarrow{HG} = \overrightarrow{AB}) ; (AB)(AB) et (CG)(CG) sont non coplanaires.

Attention. Dans le plan, deux droites sans point commun sont parallèles. Dans l'espace, ce n'est plus vrai : (AB)(AB) et (CG)(CG) n'ont aucun point commun, et pourtant elles ne sont pas parallèles. Pour montrer que deux droites sont parallèles, on montre que leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.

4.2 Une droite et un plan

Une droite dd et un plan P\mathcal{P} sont dans l'une des trois situations suivantes :

  1. dd est contenue dans P\mathcal{P} ;
  2. dd est strictement parallèle à P\mathcal{P} : aucun point commun ;
  3. dd et P\mathcal{P} sont sécants : ils ont un seul point commun.

On dit que dd est parallèle à P\mathcal{P} dans les cas 1 et 2.

Propriété. Soit dd une droite de vecteur directeur w⃗\vec{w}, et P\mathcal{P} un plan dirigé par u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}. d∥P  ⟺  w⃗,u⃗,v⃗ coplanaires  ⟺  w⃗=au⃗+bv⃗ pour deux reˊels a,b.d \parallel \mathcal{P} \iff \vec{w}, \vec{u}, \vec{v} \text{ coplanaires} \iff \vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} \text{ pour deux réels } a, b. En particulier, si dd est parallèle à une droite contenue dans P\mathcal{P}, alors dd est parallèle à P\mathcal{P}.

Dans le cas contraire, dd et P\mathcal{P} sont sécants, et w⃗\vec{w}, u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} ne sont pas coplanaires : ils forment une base de l'espace (leçon 5).

Exemple 14. Dans le cube, EG→=AC→\overrightarrow{EG} = \overrightarrow{AC}, et (AC)(AC) est contenue dans le plan (ABC)(ABC) : la droite (EG)(EG) est parallèle au plan (ABC)(ABC). Comme EE n'est pas dans ce plan, elle est strictement parallèle. La droite (AG)(AG), elle, coupe le plan (ABC)(ABC) en un seul point, AA.

4.3 Deux plans

Deux plans sont :

  • soit parallèles : même direction ; ils sont alors confondus, ou strictement parallèles (aucun point commun) ;
  • soit sécants : ils se coupent selon une droite.

Propriété. Deux plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' sont parallèles si, et seulement si, deux vecteurs non colinéaires qui dirigent P′\mathcal{P}' sont dans la direction de P\mathcal{P}.

Méthode. Pour trouver la droite d'intersection de deux plans sécants, il suffit de trouver deux points communs distincts.

Exemple 15. Dans le cube, les plans (ABC)(ABC) et (EFG)(EFG) sont strictement parallèles (exemple 10). Les plans (ABC)(ABC) et (ABF)(ABF) sont sécants : AA et BB sont dans les deux plans, donc leur intersection est la droite (AB)(AB).

Exemple 16. Intersection des plans (ACG)(ACG) et (BDH)(BDH).

Ils ne sont pas parallèles : BD→\overrightarrow{BD} n'est pas dans la direction de (ACG)(ACG). Soit OO le centre de la face ABCDABCD : c'est le milieu de [AC][AC], donc un point de (ACG)(ACG), et le milieu de [BD][BD], donc un point de (BDH)(BDH). De même, le centre O′O' de la face EFGHEFGH, milieu de [EG][EG] et de [FH][FH], est dans les deux plans. Donc (ACG)∩(BDH)=(OO′)(ACG) \cap (BDH) = (OO'). Comme OO′→=AE→\overrightarrow{OO'} = \overrightarrow{AE}, cette droite est parallèle aux arêtes verticales du cube.

Exemple 17. ABCDABCD est un tétraèdre ; II, JJ, KK sont les milieux de [AB][AB], [AC][AC], [AD][AD]. Montrer que les plans (IJK)(IJK) et (BCD)(BCD) sont parallèles.

IJ→=IA→+AJ→=12BA→+12AC→=12(BA→+AC→)=12BC→.\overrightarrow{IJ} = \overrightarrow{IA} + \overrightarrow{AJ} = \frac12\overrightarrow{BA} + \frac12\overrightarrow{AC} = \frac12\left(\overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AC}\right) = \frac12\overrightarrow{BC}. De même, IK→=12BD→\overrightarrow{IK} = \frac12\overrightarrow{BD}. Les vecteurs non colinéaires IJ→\overrightarrow{IJ} et IK→\overrightarrow{IK}, qui dirigent (IJK)(IJK), sont dans la direction de (BCD)(BCD) : les plans sont parallèles. Ils sont strictement parallèles, car II n'est pas dans (BCD)(BCD) (sinon la droite (IB)(IB), c'est-à-dire (AB)(AB), serait dans ce plan, et AA aussi).

Leçon 5 : Bases et repères de l'espace

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Base de l'espace

Définition. Trois vecteurs i⃗\vec{i}, j⃗\vec{j}, k⃗\vec{k} non coplanaires forment une base de l'espace, notée (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}).

Propriété (décomposition). Si (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) est une base, tout vecteur u⃗\vec{u} s'écrit de façon unique u⃗=xi⃗+yj⃗+zk⃗.\vec{u} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}. Les réels xx, yy, zz sont les coordonnées de u⃗\vec{u} dans cette base ; on note u⃗ (x ;y ;z)\vec{u}\,(x\,;y\,;z).

Pourquoi. On dessine u⃗=OM→\vec{u} = \overrightarrow{OM}. La droite passant par MM, de vecteur directeur k⃗\vec{k}, coupe le plan passant par OO dirigé par i⃗\vec{i} et j⃗\vec{j} en un point M′M' (elle ne lui est pas parallèle, car k⃗\vec{k} n'est pas dans sa direction). Alors OM′→=xi⃗+yj⃗\overrightarrow{OM'} = x\vec{i} + y\vec{j} (leçon 3) et M′M→=zk⃗\overrightarrow{M'M} = z\vec{k} (leçon 2), d'où l'écriture. Elle est unique : si l'on avait deux écritures différentes, leur différence donnerait (x−x′)i⃗+(y−y′)j⃗+(z−z′)k⃗=0⃗(x - x')\vec{i} + (y - y')\vec{j} + (z - z')\vec{k} = \vec{0} avec un coefficient non nul, et l'un des vecteurs serait une combinaison linéaire des deux autres : ils seraient coplanaires.

C'est ce que dit le programme : « trois vecteurs non coplanaires engendrent les vecteurs de l'espace ». Et si une droite et un plan sont sécants, un vecteur directeur de la droite et deux vecteurs non colinéaires de la direction du plan forment une base.

5.2 Repère et coordonnées d'un point

Définition. Un repère de l'espace est formé d'un point OO (l'origine) et d'une base (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) ; on le note (O ;i⃗,j⃗,k⃗)(O\,;\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}). Les coordonnées d'un point MM sont celles du vecteur OM→\overrightarrow{OM} : M(x ;y ;z)  ⟺  OM→=xi⃗+yj⃗+zk⃗.M(x\,;y\,;z) \iff \overrightarrow{OM} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}. xx est l'abscisse, yy l'ordonnée et zz la cote de MM. À chaque point de l'espace correspond ainsi un unique triplet de réels (x ;y ;z)(x\,;y\,;z), et réciproquement : c'est une bijection entre l'espace et R3\mathbb{R}^3.

Le repère n'a pas besoin d'être orthonormé : les repères orthonormés, et avec eux les distances, viennent au chapitre 9.

Exemple 18. Dans le repère (A ;AB→,AD→,AE→)(A\,;\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) du cube : A(0 ;0 ;0), B(1 ;0 ;0), C(1 ;1 ;0), D(0 ;1 ;0), E(0 ;0 ;1), F(1 ;0 ;1), G(1 ;1 ;1), H(0 ;1 ;1).A(0\,;0\,;0),\ B(1\,;0\,;0),\ C(1\,;1\,;0),\ D(0\,;1\,;0),\ E(0\,;0\,;1),\ F(1\,;0\,;1),\ G(1\,;1\,;1),\ H(0\,;1\,;1). Le milieu II de [FG][FG] a pour coordonnées (1 ;12 ;1)\left(1\,;\frac12\,;1\right), et le vecteur EC→\overrightarrow{EC} a pour coordonnées (1 ;1 ;−1)(1\,;1\,;-1), car EC→=AB→+AD→−AE→\overrightarrow{EC} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} - \overrightarrow{AE}.

5.3 Lire une base et une décomposition sur une figure

Pour savoir si trois vecteurs forment une base, on vérifie sur la figure qu'ils ne sont pas coplanaires.

Exemple 19. Dans le cube :

  • (AB→,AD→,AC→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AC}) n'est pas une base : AC→=AB→+AD→\overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD}, les trois vecteurs sont dans la face du bas ;
  • (AB→,AD→,AG→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AG}) est une base : la droite (AG)(AG) coupe le plan (ABD)(ABD) en AA seulement.

Dans cette seconde base, AE→=AG→−AB→−AD→\overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AG} - \overrightarrow{AB} - \overrightarrow{AD} (on suit le chemin A→G→H→EA \to G \to H \to E, car GH→=−AB→\overrightarrow{GH} = -\overrightarrow{AB} et HE→=−AD→\overrightarrow{HE} = -\overrightarrow{AD}). Les coordonnées de AE→\overrightarrow{AE} dans la base (AB→,AD→,AG→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AG}) sont donc (−1 ;−1 ;1)(-1\,;-1\,;1), alors qu'elles valent (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) dans la base (AB→,AD→,AE→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) : les coordonnées dépendent de la base.

5.4 Calculer avec les coordonnées

Dans un repère (O ;i⃗,j⃗,k⃗)(O\,;\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}), avec A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et B(xB ;yB ;zB)B(x_B\,;y_B\,;z_B) :

  • AB→ (xB−xA ; yB−yA ; zB−zA)\overrightarrow{AB}\,(x_B - x_A\,;\ y_B - y_A\,;\ z_B - z_A) ;
  • le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (xA+xB2 ; yA+yB2 ; zA+zB2)\left(\dfrac{x_A + x_B}{2}\,;\ \dfrac{y_A + y_B}{2}\,;\ \dfrac{z_A + z_B}{2}\right) ;
  • si u⃗ (x ;y ;z)\vec{u}\,(x\,;y\,;z) et v⃗ (x′ ;y′ ;z′)\vec{v}\,(x'\,;y'\,;z'), alors u⃗+v⃗ (x+x′ ;y+y′ ;z+z′)\vec{u} + \vec{v}\,(x + x'\,;y + y'\,;z + z') et ku⃗ (kx ;ky ;kz)k\vec{u}\,(kx\,;ky\,;kz) ;
  • u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont colinéaires si, et seulement si, leurs coordonnées sont proportionnelles.

Exemple 20. Dans un repère, A(1 ;2 ;−1)A(1\,;2\,;-1), B(3 ;1 ;0)B(3\,;1\,;0) et C(7 ;−1 ;2)C(7\,;-1\,;2).

AB→ (2 ;−1 ;1)\overrightarrow{AB}\,(2\,;-1\,;1) et AC→ (6 ;−3 ;3)\overrightarrow{AC}\,(6\,;-3\,;3), donc AC→=3 AB→\overrightarrow{AC} = 3\,\overrightarrow{AB} : les vecteurs sont colinéaires et AA, BB, CC sont alignés. Le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (2 ;32 ;−12)\left(2\,;\frac32\,;-\frac12\right).

Exemple 21. u⃗ (2 ;−1 ;3)\vec{u}\,(2\,;-1\,;3) et v⃗ (−4 ;2 ;−6)\vec{v}\,(-4\,;2\,;-6) sont colinéaires : v⃗=−2u⃗\vec{v} = -2\vec{u}. En revanche, u⃗ (1 ;2 ;3)\vec{u}\,(1\,;2\,;3) et w⃗ (2 ;4 ;5)\vec{w}\,(2\,;4\,;5) ne le sont pas : il faudrait multiplier par 22 pour passer de 11 à 22 et de 22 à 44, mais 2×3=6≠52 \times 3 = 6 \neq 5.

Décider par le calcul si trois vecteurs donnés par leurs coordonnées forment une base, ou trouver des coordonnées dans une autre base, demande de résoudre un système d'équations : c'est au chapitre 10.

Leçon 6 : Problèmes de configuration dans l'espace

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 La méthode

Pour étudier un alignement, un parallélisme ou une coplanarité :

  1. Choisir une base formée de trois vecteurs non coplanaires de la figure : (AB→,AD→,AE→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) dans le cube, (AB→,AC→,AD→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}, \overrightarrow{AD}) dans un tétraèdre ABCDABCD.
  2. Exprimer les vecteurs utiles dans cette base, avec la relation de Chasles et les données (milieux, points définis par une égalité vectorielle).
  3. Conclure :
    • deux vecteurs colinéaires : alignement de points, ou droites parallèles ;
    • un vecteur combinaison linéaire de deux vecteurs non colinéaires : coplanarité, droite parallèle à un plan ;
    • deux vecteurs non colinéaires de la direction d'un autre plan : plans parallèles.

On peut aussi travailler en coordonnées dans le repère associé : c'est la même méthode, écrite avec des nombres.

6.2 Exemple dans un tétraèdre

Exemple 22. ABCDABCD est un tétraèdre. II, JJ, KK, LL sont les milieux des arêtes [AB][AB], [BC][BC], [CD][CD], [DA][DA]. Montrer que II, JJ, KK, LL sont coplanaires.

IJ→=IB→+BJ→=12AB→+12BC→=12(AB→+BC→)=12AC→.\overrightarrow{IJ} = \overrightarrow{IB} + \overrightarrow{BJ} = \frac12\overrightarrow{AB} + \frac12\overrightarrow{BC} = \frac12\left(\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC}\right) = \frac12\overrightarrow{AC}. De même, LK→=LD→+DK→=12AD→+12DC→=12AC→\overrightarrow{LK} = \overrightarrow{LD} + \overrightarrow{DK} = \frac12\overrightarrow{AD} + \frac12\overrightarrow{DC} = \frac12\overrightarrow{AC}.

Donc IJ→=LK→\overrightarrow{IJ} = \overrightarrow{LK} : IJKLIJKL est un parallélogramme, et ses quatre sommets sont coplanaires. Pourtant, AA, BB, CC, DD ne le sont pas !

6.3 Exemple dans un cube

Exemple 23. Dans le cube, le point KK est défini par AK→=13AG→\overrightarrow{AK} = \frac13\overrightarrow{AG}. Montrer que KK appartient au plan (BDE)(BDE).

Base (AB→,AD→,AE→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}). Comme AG→=AB→+AD→+AE→\overrightarrow{AG} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE} : AK→=13AB→+13AD→+13AE→,BK→=BA→+AK→=−23AB→+13AD→+13AE→.\overrightarrow{AK} = \frac13\overrightarrow{AB} + \frac13\overrightarrow{AD} + \frac13\overrightarrow{AE}, \qquad \overrightarrow{BK} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AK} = -\frac23\overrightarrow{AB} + \frac13\overrightarrow{AD} + \frac13\overrightarrow{AE}. Vecteurs du plan : BD→=−AB→+AD→\overrightarrow{BD} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} et BE→=−AB→+AE→\overrightarrow{BE} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AE}, non colinéaires. Alors 13BD→+13BE→=−23AB→+13AD→+13AE→=BK→.\frac13\overrightarrow{BD} + \frac13\overrightarrow{BE} = -\frac23\overrightarrow{AB} + \frac13\overrightarrow{AD} + \frac13\overrightarrow{AE} = \overrightarrow{BK}. Conclusion : BK→=13BD→+13BE→\overrightarrow{BK} = \frac13\overrightarrow{BD} + \frac13\overrightarrow{BE}, donc K∈(BDE)K \in (BDE). La droite (AG)(AG) n'est pas parallèle à ce plan (AA n'y est pas et KK y est) : elle le coupe exactement en KK, au tiers de la diagonale [AG][AG].

En coordonnées, dans le repère (A ;AB→,AD→,AE→)(A\,;\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) : K(13 ;13 ;13)K\left(\frac13\,;\frac13\,;\frac13\right), BK→(−23 ;13 ;13)\overrightarrow{BK}\left(-\frac23\,;\frac13\,;\frac13\right), BD→ (−1 ;1 ;0)\overrightarrow{BD}\,(-1\,;1\,;0), BE→ (−1 ;0 ;1)\overrightarrow{BE}\,(-1\,;0\,;1), et l'on retrouve la même égalité.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Vecteurs de l'espace : mêmes règles de calcul que dans le plan (relation de Chasles, produit par un réel). Translation de vecteur u⃗\vec{u} : M↦M′M \mapsto M' avec MM′→=u⃗\overrightarrow{MM'} = \vec{u}.
  2. Combinaison linéaire : au⃗+bv⃗+cw⃗a\vec{u} + b\vec{v} + c\vec{w}. On l'obtient sur une figure en suivant un chemin et en appliquant la relation de Chasles. Dans le cube, AB→+AD→+AE→=AG→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE} = \overrightarrow{AG}.
  3. Droite passant par AA, de vecteur directeur u⃗≠0⃗\vec{u} \neq \vec{0} : M∈d  ⟺  AM→=tu⃗M \in d \iff \overrightarrow{AM} = t\vec{u}, t∈Rt \in \mathbb{R}. Alignement : AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} colinéaires. Droites parallèles : vecteurs directeurs colinéaires.
  4. Plan passant par AA, dirigé par u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} non colinéaires : M∈P  ⟺  AM→=xu⃗+yv⃗M \in \mathcal{P} \iff \overrightarrow{AM} = x\vec{u} + y\vec{v}. Sa direction : les vecteurs xu⃗+yv⃗x\vec{u} + y\vec{v}. Plans parallèles : même direction.
  5. Coplanarité : si u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires, u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} sont coplanaires si, et seulement si, w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v}. Points AA, BB, CC, DD coplanaires : AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC}, AD→\overrightarrow{AD} coplanaires.
  6. Positions relatives : deux droites sont coplanaires (sécantes ou parallèles) ou non coplanaires ; dans l'espace, « sans point commun » ne veut pas dire « parallèles ». Une droite est contenue dans un plan, strictement parallèle, ou sécante ; elle est parallèle au plan quand son vecteur directeur est dans la direction du plan. Deux plans sont parallèles ou sécants selon une droite (chercher deux points communs).
  7. Base : trois vecteurs non coplanaires ; tout vecteur s'écrit de façon unique xi⃗+yj⃗+zk⃗x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}. Repère : M(x ;y ;z)  ⟺  OM→=xi⃗+yj⃗+zk⃗M(x\,;y\,;z) \iff \overrightarrow{OM} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}. AB→\overrightarrow{AB} : « coordonnées de BB moins coordonnées de AA » ; milieu : moyennes ; colinéarité : coordonnées proportionnelles.
  8. Problèmes de configuration : choisir une base de la figure, exprimer les vecteurs, conclure par colinéarité ou par combinaison linéaire.
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