Aller au contenu

Leçon 1

Somme de deux variables aléatoires, linéarité de l'espérance

Vidéo 1 : Somme de deux variables aléatoires · 4 min 02 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Rappels de Première

Une variable aléatoire XX associe un nombre réel à chaque issue d'une expérience aléatoire. Sa loi donne les probabilités pi=P(X=xi)p_i = P(X = x_i) de ses valeurs x1,…,xmx_1, \ldots, x_m.

  • Espérance : E(X)=∑ipi xiE(X) = \displaystyle\sum_i p_i\,x_i. C'est la moyenne des valeurs, pondérée par les probabilités.
  • Variance : V(X)=∑ipi (xi−E(X))2V(X) = \displaystyle\sum_i p_i\,\big(x_i - E(X)\big)^2. C'est la moyenne pondérée des carrés des écarts à l'espérance.
  • Écart type : σ(X)=V(X)\sigma(X) = \sqrt{V(X)}. Il mesure la dispersion de XX autour de E(X)E(X), dans la même unité que XX.

1.2 Somme de deux variables : un exemple

Exemple 1 (deux roues de loterie). Au marché de Noël, un stand propose deux roues. La première fait gagner 00, 22 ou 44 euros, la seconde 00 ou 55 euros. On note XX le gain à la première roue, YY le gain à la seconde, et S=X+YS = X + Y le gain total.

xx 00 22 44
P(X=x)P(X = x) 0,50{,}5 0,30{,}3 0,20{,}2
yy 00 55
P(Y=y)P(Y = y) 0,80{,}8 0,20{,}2

Les deux roues tournent séparément : ce sont deux épreuves indépendantes (chapitre 11), et la probabilité d'une issue est le produit des probabilités. Le tableau suivant donne, pour chaque issue, la valeur de SS et sa probabilité.

y=0y = 0 y=5y = 5
x=0x = 0 S=0S = 0 ; 0,40{,}4 S=5S = 5 ; 0,10{,}1
x=2x = 2 S=2S = 2 ; 0,240{,}24 S=7S = 7 ; 0,060{,}06
x=4x = 4 S=4S = 4 ; 0,160{,}16 S=9S = 9 ; 0,040{,}04

On en déduit la loi de SS :

ss 00 22 44 55 77 99
P(S=s)P(S = s) 0,40{,}4 0,240{,}24 0,160{,}16 0,10{,}1 0,060{,}06 0,040{,}04

Calculons trois espérances :

  • à partir de la loi de SS : E(S)=0×0,4+2×0,24+4×0,16+5×0,1+7×0,06+9×0,04=2,4E(S) = 0 \times 0{,}4 + 2 \times 0{,}24 + 4 \times 0{,}16 + 5 \times 0{,}1 + 7 \times 0{,}06 + 9 \times 0{,}04 = 2{,}4 ;
  • E(X)=0×0,5+2×0,3+4×0,2=1,4E(X) = 0 \times 0{,}5 + 2 \times 0{,}3 + 4 \times 0{,}2 = 1{,}4 ;
  • E(Y)=0×0,8+5×0,2=1E(Y) = 0 \times 0{,}8 + 5 \times 0{,}2 = 1.

On constate que E(S)=E(X)+E(Y)E(S) = E(X) + E(Y).

1.3 Pourquoi l'espérance d'une somme est la somme des espérances

On écrit l'espérance comme une moyenne pondérée sur l'ensemble des issues : c'est le même calcul, avant de regrouper les issues qui donnent la même valeur.

E(S)=∑issuesP(issue)×(x+y)=∑issuesP(issue)×x+∑issuesP(issue)×y.E(S) = \sum_{\text{issues}} P(\text{issue}) \times (x + y) = \sum_{\text{issues}} P(\text{issue}) \times x + \sum_{\text{issues}} P(\text{issue}) \times y.

Dans l'exemple 1, on regroupe dans la première somme les issues où XX prend une même valeur : 0,24×2+0,06×2+0,16×4+0,04×4=2×0,3+4×0,2=E(X).0{,}24 \times 2 + 0{,}06 \times 2 + 0{,}16 \times 4 + 0{,}04 \times 4 = 2 \times 0{,}3 + 4 \times 0{,}2 = E(X). De même, dans la seconde somme : 0,1×5+0,06×5+0,04×5=5×0,2=E(Y).0{,}1 \times 5 + 0{,}06 \times 5 + 0{,}04 \times 5 = 5 \times 0{,}2 = E(Y).

Ce raisonnement n'utilise pas l'indépendance des deux roues. On admet qu'il se généralise.

Propriété (linéarité de l'espérance). Pour toutes variables aléatoires XX et YY définies sur un même univers, et pour tout réel aa : E(X+Y)=E(X)+E(Y)etE(aX)=a E(X).E(X + Y) = E(X) + E(Y) \qquad \text{et} \qquad E(aX) = a\,E(X).

Pour la seconde égalité, le nombre aa se met simplement en facteur : ∑ipi (a xi)=a∑ipi xi\sum_i p_i\,(a\,x_i) = a \sum_i p_i\,x_i.

Remarques.

  • La linéarité vaut pour des variables quelconques, indépendantes ou non.
  • Elle s'étend à plusieurs variables : E(X1+X2+⋯+Xn)=E(X1)+E(X2)+⋯+E(Xn)E(X_1 + X_2 + \cdots + X_n) = E(X_1) + E(X_2) + \cdots + E(X_n).
  • En particulier, E(X−Y)=E(X)−E(Y)E(X - Y) = E(X) - E(Y).

1.4 La force de la linéarité : une espérance sans la loi

Exemple 2 (un camion-restaurant). Dans un camion-restaurant, un client paie un plat, à 99 ou 1212 euros, et parfois un dessert à 44 euros. On note XX le prix du plat et YY le prix du dessert (00 s'il n'en prend pas) :

xx 99 1212
P(X=x)P(X = x) 0,70{,}7 0,30{,}3
yy 00 44
P(Y=y)P(Y = y) 0,40{,}4 0,60{,}6

Les deux choix ne sont pas indépendants, et l'on ne connaît pas la loi du ticket T=X+YT = X + Y. Pourtant, E(X)=9×0,7+12×0,3=9,9E(X) = 9 \times 0{,}7 + 12 \times 0{,}3 = 9{,}9 et E(Y)=4×0,6=2,4E(Y) = 4 \times 0{,}6 = 2{,}4, donc, par linéarité, E(T)=9,9+2,4=12,3.E(T) = 9{,}9 + 2{,}4 = 12{,}3. Le ticket moyen est de 12,3012{,}30 euros. Pour 8080 clients, on attend une recette de 80×12,3=98480 \times 12{,}3 = 984 euros.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : deux jetons tirés sans remise
  • Exercice 2 : la facture du garagiste

Exercices du chapitre (PDF, 106 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 115 Ko)

Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.