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Chapitre 4 · Cours écrit

Probabilités conditionnelles et indépendance

Un test médical est positif : quel est le risque d'être malade ? Une carte sort défectueuse : de quelle machine vient-elle ? Un pourcentage lu dans un journal : sur quel groupe est-il calculé ? Toutes ces questions ont le même cœur : une information change une probabilité. Ce chapitre t'apprend à en tenir compte, avec trois outils : le tableau croisé, l'arbre pondéré et la formule des probabilités totales. Il définit ensuite l'indépendance : deux évènements sont indépendants quand l'un n'apporte aucune information sur l'autre.

Le chapitre part de zéro : les leçons 1 à 5 posent toutes les bases, sans rien supposer de connu sur les probabilités conditionnelles ni sur les tableaux croisés. Elles préparent aussi deux automatismes évalués à l'épreuve anticipée : calculer une probabilité conditionnelle à partir d'un tableau ou d'un arbre, et distinguer P(A∩B)P(A \cap B), PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A).

Comme à l'épreuve anticipée, tout se fait ici sans calculatrice, sauf ce que l'on confie à Python en leçon 10. Les encadrés « Automatisme » signalent les calculs à savoir faire de tête, sans hésiter.

Leçon 1 : Rappels : univers, évènements, probabilités

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Expérience aléatoire, univers

Une expérience aléatoire est une expérience dont on connaît les résultats possibles, sans savoir lequel on va obtenir. Chaque résultat possible est une issue. L'ensemble de toutes les issues est l'univers, noté Ω\Omega. Le nombre d'éléments d'un ensemble fini EE est son cardinal, noté Card(E)\mathrm{Card}(E).

Exemple 1 (la roue). Dans un jeu de société, on fait tourner une roue à douze secteurs égaux, numérotés de 11 à 1212. L'univers est Ω={1 ;2 ;3 ;… ;12}\Omega = \{1\,;2\,;3\,;\ldots\,;12\}, et Card(Ω)=12\mathrm{Card}(\Omega) = 12.

1.2 Évènements

Un évènement est un sous-ensemble de Ω\Omega, c'est-à-dire une partie des issues.

Exemple 2. Sur la roue, on note AA : « le numéro est pair » et BB : « le numéro est un multiple de 33 ». Alors A={2 ;4 ;6 ;8 ;10 ;12}A = \{2\,;4\,;6\,;8\,;10\,;12\} et B={3 ;6 ;9 ;12}B = \{3\,;6\,;9\,;12\}.

  • Pour un élément, on dit « appartient » : 6∈A6 \in A.
  • Pour un ensemble, on dit « inclus » : {4 ;8}⊂A\{4\,;8\} \subset A.
  • L'ensemble vide ∅\varnothing est l'évènement impossible ; Ω\Omega est l'évènement certain.

1.3 Et, ou, contraire

Écriture Se lit Contient
A∩BA \cap B AA et BB les issues communes à AA et à BB
A∪BA \cup B AA ou BB les issues de l'un au moins des deux
A‾\overline{A}, ou Ω∖A\Omega \setminus A contraire de AA les issues qui ne sont pas dans AA

En mathématiques, le « ou » n'exclut pas le cas où les deux sont réalisés.

Deux évènements sans issue commune sont incompatibles : A∩B=∅A \cap B = \varnothing.

Exemple 3. Sur la roue, A∩B={6 ;12}A \cap B = \{6\,;12\} et A∪B={2 ;3 ;4 ;6 ;8 ;9 ;10 ;12}A \cup B = \{2\,;3\,;4\,;6\,;8\,;9\,;10\,;12\}. Le contraire de AA est A‾={1 ;3 ;5 ;7 ;9 ;11}\overline{A} = \{1\,;3\,;5\,;7\,;9\,;11\}. Les évènements AA et A‾\overline{A} sont incompatibles, et leur réunion est Ω\Omega. En revanche, BB et A‾\overline{A} ne sont pas incompatibles : B∩A‾={3 ;9}B \cap \overline{A} = \{3\,;9\}.

1.4 Loi de probabilité

Une loi de probabilité associe à chaque issue un nombre compris entre 00 et 11, et la somme de ces nombres vaut 11. La probabilité d'un évènement est la somme des probabilités de ses issues.

Exemple 4 (un dé mal équilibré). Un dé à quatre faces suit la loi suivante.

Face 11 22 33 44
Probabilité 0,10{,}1 0,20{,}2 0,30{,}3 xx

La somme vaut 11, donc x=1−(0,1+0,2+0,3)=0,4x = 1 - (0{,}1 + 0{,}2 + 0{,}3) = 0{,}4. Obtenir un numéro pair a pour probabilité 0,2+0,4=0,60{,}2 + 0{,}4 = 0{,}6.

1.5 Équiprobabilité

Quand toutes les issues ont la même probabilité, on parle d'équiprobabilité. C'est une hypothèse du modèle, pas un résultat : on suppose la roue bien équilibrée. Alors, pour tout évènement AA, P(A)=Card(A)Card(Ω).P(A) = \frac{\mathrm{Card}(A)}{\mathrm{Card}(\Omega)}.

Exemple 5. Sur la roue, P(A)=612=12P(A) = \dfrac{6}{12} = \dfrac12, P(B)=412=13P(B) = \dfrac{4}{12} = \dfrac13 et P(A∩B)=212=16P(A \cap B) = \dfrac{2}{12} = \dfrac16.

1.6 Règles de calcul

Pour tous évènements AA et BB :

  • 0≤P(A)≤10 \leq P(A) \leq 1 ;
  • P(A‾)=1−P(A)P\left(\overline{A}\right) = 1 - P(A) ;
  • P(A∪B)+P(A∩B)=P(A)+P(B)P(A \cup B) + P(A \cap B) = P(A) + P(B), autrement dit P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B)P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B) : on retire ce qui a été compté deux fois.

Exemple 6. Sur la roue, P(A∪B)=12+13−16=23P(A \cup B) = \dfrac12 + \dfrac13 - \dfrac16 = \dfrac23. On retrouve bien 812\dfrac{8}{12} : huit issues sur douze.

Automatisme. Quatre réflexes : une probabilité est comprise entre 00 et 11 ; P(A‾)=1−P(A)P\left(\overline{A}\right) = 1 - P(A) ; la somme des probabilités des issues vaut 11 ; en cas d'équiprobabilité, P(A)=Card(A)Card(Ω)P(A) = \dfrac{\mathrm{Card}(A)}{\mathrm{Card}(\Omega)}.

Leçon 2 : Tableau croisé, fréquences marginales et conditionnelles

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Proportions

La proportion d'une partie dans un ensemble est l'effectif de la partie, divisé par l'effectif total. Elle s'écrit de trois façons : 300400=34=0,75=75 %\dfrac{300}{400} = \dfrac34 = 0{,}75 = 75\,\%.

Automatisme. Pour retrouver un effectif, on multiplie : 75 %75\,\% de 400400, c'est 0,75×400=3000{,}75 \times 400 = 300.

2.2 Tableau croisé

Un tableau croisé d'effectifs répartit une population selon deux caractères. Chaque case compte les individus qui ont les deux caractères à la fois. Les totaux se lisent dans les marges.

Exemple 7 (le camping). Un soir d'août, un camping accueille 400400 vacanciers. On note leur origine et leur hébergement.

Tente Bungalow Total
France 120120 180180 300300
Étranger 8080 2020 100100
Total 200200 200200 400400

2.3 Fréquences marginales

Une fréquence marginale est un total de ligne ou de colonne, divisé par l'effectif total. Elle porte sur toute la population et sur un seul caractère.

Exemple 7 (suite). Les vacanciers venus de France représentent 300400=75 %\dfrac{300}{400} = 75\,\% du camping ; ceux qui dorment sous tente en représentent 200400=50 %\dfrac{200}{400} = 50\,\%.

2.4 Fréquences conditionnelles

Une fréquence conditionnelle se calcule à l'intérieur d'une sous-population : on ne regarde qu'une ligne ou qu'une colonne. Le dénominateur est l'effectif de cette sous-population.

Exemple 7 (suite). Parmi les vacanciers venus de France, 120300=40 %\dfrac{120}{300} = 40\,\% dorment sous tente. Parmi ceux venus de l'étranger, 80100=80 %\dfrac{80}{100} = 80\,\%. La tente est deux fois plus fréquente chez les vacanciers étrangers.

2.5 Parmi qui ?

Le même numérateur peut donner des fréquences très différentes.

Exemple 7 (suite). 40 %40\,\% des vacanciers venus de France dorment sous tente : c'est 120300\dfrac{120}{300}. Mais parmi les vacanciers sous tente, ceux qui viennent de France sont 120200=60 %\dfrac{120}{200} = 60\,\%.

Attention. Devant un pourcentage, demande-toi toujours : parmi qui ? Ce groupe donne le dénominateur. Les phrases « 40 %40\,\% des vacanciers venus de France dorment sous tente » et « 40 %40\,\% des vacanciers sous tente viennent de France » n'ont pas le même sens.

2.6 Compléter un tableau

Exemple 8 (un refuge). Un refuge accueille 200200 animaux : 120120 chiens et 8080 chats. On sait que 30 %30\,\% des chiens et 25 %25\,\% des chats sont jeunes. On calcule d'abord 0,3×120=360{,}3 \times 120 = 36 et 0,25×80=200{,}25 \times 80 = 20. On complète par soustraction, 120−36=84120 - 36 = 84 et 80−20=6080 - 20 = 60, puis on additionne les colonnes.

Jeune Adulte Total
Chiens 3636 8484 120120
Chats 2020 6060 8080
Total 5656 144144 200200

2.7 Proportion d'une proportion

La proportion d'une proportion s'obtient par un produit.

Exemple 8 (suite). Les chiens sont 60 %60\,\% des animaux, et les chiots sont 30 %30\,\% des chiens. Les chiots représentent donc 0,6×0,3=0,180{,}6 \times 0{,}3 = 0{,}18, soit 18 %18\,\% des animaux. Le tableau le confirme : 36200=0,18\dfrac{36}{200} = 0{,}18.

Leçon 3 : Probabilité conditionnelle

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Du tableau aux probabilités

Quand on choisit un individu au hasard dans une population, chacun a la même probabilité d'être choisi. Une probabilité est alors une proportion, et les fréquences du tableau deviennent des probabilités.

Exemple 9. Au camping (exemple 7), on choisit un vacancier au hasard. On note FF : « il vient de France » et TT : « il dort sous tente ». Alors P(F)=300400=0,75P(F) = \dfrac{300}{400} = 0{,}75, P(T)=200400=0,5P(T) = \dfrac{200}{400} = 0{,}5 et P(F∩T)=120400=0,3P(F \cap T) = \dfrac{120}{400} = 0{,}3.

3.2 Définition

Si l'on sait que le vacancier vient de France, on reste dans la ligne France : la probabilité qu'il dorme sous tente vaut 120300=0,4\dfrac{120}{300} = 0{,}4. L'information a réduit l'univers.

Définition. Soit AA un évènement tel que P(A)≠0P(A) \neq 0. La probabilité de BB sachant AA est le nombre PA(B)=P(A∩B)P(A).P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}.

En cas d'équiprobabilité, on a aussi PA(B)=Card(A∩B)Card(A).P_A(B) = \frac{\mathrm{Card}(A \cap B)}{\mathrm{Card}(A)}.

Exemple 9 (suite). PF(T)=P(F∩T)P(F)=0,30,75=0,4P_F(T) = \dfrac{P(F \cap T)}{P(F)} = \dfrac{0{,}3}{0{,}75} = 0{,}4. C'est le résultat trouvé avec les effectifs, car 120300=120/400300/400\dfrac{120}{300} = \dfrac{120/400}{300/400}.

3.3 Lire la notation

Dans PA(B)P_A(B), l'évènement en indice est celui qu'on sait réalisé : il devient le nouvel univers. L'évènement entre parenthèses est celui qu'on cherche. Une probabilité conditionnelle reste une probabilité : 0≤PA(B)≤10 \leq P_A(B) \leq 1.

Exemple 10 (une information change une probabilité). On lance un dé équilibré à six faces. On note AA : « le résultat est au moins 44 » et BB : « le résultat est pair ». Sans information, P(B)=36=12P(B) = \dfrac36 = \dfrac12. Sachant AA, il reste les issues 44, 55 et 66, dont deux sont paires : PA(B)=23P_A(B) = \dfrac23. Avec la formule : PA(B)=2/63/6=23P_A(B) = \dfrac{2/6}{3/6} = \dfrac23.

3.4 La formule dans les deux sens

En multipliant par P(A)P(A), on obtient la formule du produit : P(A∩B)=P(A)×PA(B).P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).

Exemple 11. Si P(A)=0,5P(A) = 0{,}5 et P(A∩B)=0,2P(A \cap B) = 0{,}2, alors PA(B)=0,20,5=0,4P_A(B) = \dfrac{0{,}2}{0{,}5} = 0{,}4. Si P(A)=0,6P(A) = 0{,}6 et PA(B)=0,5P_A(B) = 0{,}5, alors P(A∩B)=0,6×0,5=0,3P(A \cap B) = 0{,}6 \times 0{,}5 = 0{,}3.

C'est la « proportion d'une proportion » de la leçon 2.

3.5 Le contraire, sachant AA

Quand on sait que AA est réalisé, ou bien BB a lieu, ou bien il n'a pas lieu : PA(B)+PA(B‾)=1.P_A(B) + P_A\left(\overline{B}\right) = 1.

Exemple 9 (suite). PF(T)=0,4P_F(T) = 0{,}4, donc PF(T‾)=1−0,4=0,6P_F\left(\overline{T}\right) = 1 - 0{,}4 = 0{,}6.

Attention. C'est le « sachant » qui reste le même. La somme PF(T)+PF‾(T)P_F(T) + P_{\overline{F}}(T) n'a aucune raison de valoir 11 : ici, elle vaut 0,4+0,8=1,20{,}4 + 0{,}8 = 1{,}2.

Leçon 4 : Arbres pondérés

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Construire un arbre

Un arbre pondéré résume une expérience en plusieurs étapes. On le lit de gauche à droite.

  1. Au premier niveau, les branches portent des probabilités, comme P(C)P(C).
  2. Au second niveau, elles portent des probabilités conditionnelles : une branche porte la probabilité sachant le point d'où elle part.
  3. La somme des probabilités des branches issues d'un même point vaut 11.

Exemple 12 (une auto-école). Dans une auto-école, 60 %60\,\% des élèves suivent la conduite accompagnée. Parmi eux, 80 %80\,\% obtiennent le permis du premier coup ; parmi les autres, 50 %50\,\%. On choisit un élève au hasard. On note CC : « il suit la conduite accompagnée » et RR : « il réussit du premier coup ». Le mot « parmi » annonce une probabilité conditionnelle : P(C)=0,6P(C) = 0{,}6, PC(R)=0,8P_C(R) = 0{,}8 et PC‾(R)=0,5P_{\overline{C}}(R) = 0{,}5. On complète avec des différences à 11 :

Premier niveau Second niveau Chemin Probabilité du chemin
CC : 0,60{,}6 RR : 0,80{,}8 C∩RC \cap R 0,6×0,8=0,480{,}6 \times 0{,}8 = 0{,}48
CC : 0,60{,}6 R‾\overline{R} : 0,20{,}2 C∩R‾C \cap \overline{R} 0,6×0,2=0,120{,}6 \times 0{,}2 = 0{,}12
C‾\overline{C} : 0,40{,}4 RR : 0,50{,}5 C‾∩R\overline{C} \cap R 0,4×0,5=0,20{,}4 \times 0{,}5 = 0{,}2
C‾\overline{C} : 0,40{,}4 R‾\overline{R} : 0,50{,}5 C‾∩R‾\overline{C} \cap \overline{R} 0,4×0,5=0,20{,}4 \times 0{,}5 = 0{,}2

4.2 Règle du produit

La probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches. Ce n'est pas une règle nouvelle : c'est la formule du produit de la leçon 3, P(C∩R)=P(C)×PC(R)P(C \cap R) = P(C) \times P_C(R).

La somme des probabilités de tous les chemins vaut 11 : c'est un contrôle à faire à chaque fois. Dans l'exemple 12, 0,48+0,12+0,2+0,2=10{,}48 + 0{,}12 + 0{,}2 + 0{,}2 = 1.

4.3 Règle de la somme

La probabilité d'un évènement est la somme des probabilités des chemins qui y mènent, car ces chemins sont incompatibles.

Exemple 12 (suite). L'évènement RR se réalise par deux chemins : P(R)=0,48+0,2=0,68P(R) = 0{,}48 + 0{,}2 = 0{,}68. Un élève a 68 %68\,\% de chances de réussir du premier coup.

4.4 Trois lectures d'un arbre

Sur l'arbre Nombre Sens
une branche 0,80{,}8 PC(R)P_C(R)
un chemin 0,480{,}48 P(C∩R)P(C \cap R)
deux chemins 0,680{,}68 P(R)P(R)

L'arbre ne donne pas directement PR(C)P_R(C) : on revient à la définition, PR(C)=0,480,68=1217P_R(C) = \dfrac{0{,}48}{0{,}68} = \dfrac{12}{17}.

Automatisme. Une branche du second niveau, c'est un « sachant ». Un bout de chemin, c'est un « et ».

Leçon 5 : Trois probabilités à distinguer, faux positifs

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Une case, trois dénominateurs

P(A∩B)P(A \cap B), PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) utilisent le même numérateur, mais pas le même dénominateur.

Exemple 13. Au camping (exemple 7), la case 120120 donne trois nombres différents :

  • P(F∩T)=120400=0,3P(F \cap T) = \dfrac{120}{400} = 0{,}3, sur toute la population ;
  • PF(T)=120300=0,4P_F(T) = \dfrac{120}{300} = 0{,}4, à l'intérieur de la ligne France ;
  • PT(F)=120200=0,6P_T(F) = \dfrac{120}{200} = 0{,}6, à l'intérieur de la colonne Tente.

5.2 De la phrase au symbole

Phrase Groupe Symbole
30 %30\,\% des vacanciers viennent de France et dorment sous tente tous P(F∩T)=0,3P(F \cap T) = 0{,}3
40 %40\,\% des vacanciers venus de France dorment sous tente FF PF(T)=0,4P_F(T) = 0{,}4
60 %60\,\% des vacanciers sous tente viennent de France TT PT(F)=0,6P_T(F) = 0{,}6

Automatisme. Sur quel groupe le pourcentage est-il calculé ? Si c'est toute la population, il n'y a pas d'indice. Sinon, ce groupe va en indice.

5.3 Un test de dépistage

Exemple 14. Dans une population, 1 %1\,\% des personnes ont une certaine maladie. Un test est positif pour 99 %99\,\% des malades et pour 5 %5\,\% des personnes non malades. On note MM : « la personne est malade » et TT : « son test est positif ». Ainsi P(M)=0,01P(M) = 0{,}01, PM(T)=0,99P_M(T) = 0{,}99 et PM‾(T)=0,05P_{\overline{M}}(T) = 0{,}05.

Imaginons 10 00010\,000 personnes. Il y a 100100 malades, dont 9999 ont un test positif ; il y a 9 9009\,900 personnes non malades, dont 0,05×9 900=4950{,}05 \times 9\,900 = 495 ont un test positif.

Test positif Test négatif Total
Malades 9999 11 100100
Non malades 495495 9 4059\,405 9 9009\,900
Total 594594 9 4069\,406 10 00010\,000

Une personne a un test positif. La probabilité qu'elle soit malade est PT(M)=99594=16≈17 %.P_T(M) = \frac{99}{594} = \frac16 \approx 17\,\%.

Ce n'est pas 99 %99\,\% : PM(T)P_M(T) et PT(M)P_T(M) répondent à deux questions différentes. Inverser le « sachant », c'est changer de question. La maladie étant rare, les personnes non malades sont si nombreuses que 5 %5\,\% d'entre elles dépassent les malades : 495495 contre 9999. Le test n'est pas mauvais pour autant, car il fait passer le risque de 1 %1\,\% à environ 17 %17\,\%. Mais un test positif ne suffit pas pour conclure.

5.4 Vocabulaire des tests

Mot Sens Dans l'exemple 14
Faux positif personne non malade, test positif 495495 personnes
Faux négatif personne malade, test négatif 11 personne
Sensibilité PM(T)P_M(T) 0,990{,}99
Spécificité PM‾(T‾)P_{\overline{M}}\left(\overline{T}\right) 0,950{,}95

5.5 Un peu d'histoire

Les probabilités conditionnelles apparaissent dans des travaux de Bayes et de Moivre, écrits en anglais au XVIIIe siècle, même si c'est Laplace qui en a élaboré la notion. Elles sont partout dans la vie courante, et leur utilisation inappropriée mène facilement à de fausses affirmations.

Leçon 6 : Partition de l'univers, probabilités totales

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Partition de l'univers

Définition. Des évènements A1A_1, A2A_2, …, AnA_n forment une partition de l'univers Ω\Omega, ou un système complet d'évènements, s'ils sont deux à deux incompatibles et si leur réunion est Ω\Omega. Chaque issue est alors dans un morceau, et un seul.

Exemple 15. Sur la roue, {1 ;2 ;3 ;4}\{1\,;2\,;3\,;4\}, {5 ;6 ;7 ;8}\{5\,;6\,;7\,;8\} et {9 ;10 ;11 ;12}\{9\,;10\,;11\,;12\} forment une partition. En revanche, « pair » et « multiple de 33 » n'en forment pas une : 66 est dans les deux, et 11 n'est dans aucun.

Le cas le plus fréquent est le plus simple : AA et A‾\overline{A} forment toujours une partition en deux morceaux.

6.2 La formule des probabilités totales

Une partition découpe aussi tout évènement BB en morceaux : A1∩BA_1 \cap B, A2∩BA_2 \cap B, …, An∩BA_n \cap B. Ces morceaux sont incompatibles et leur réunion est BB. On additionne donc leurs probabilités.

Formule des probabilités totales. Si A1A_1, …, AnA_n forment une partition de Ω\Omega, alors, pour tout évènement BB, P(B)=P(A1∩B)+P(A2∩B)+⋯+P(An∩B).P(B) = P(A_1 \cap B) + P(A_2 \cap B) + \cdots + P(A_n \cap B). Si les AiA_i sont de probabilité non nulle, chaque terme s'écrit P(Ai∩B)=P(Ai)×PAi(B)P(A_i \cap B) = P(A_i) \times P_{A_i}(B).

Pour la partition en deux morceaux : P(B)=P(A∩B)+P(A‾∩B)P(B) = P(A \cap B) + P\left(\overline{A} \cap B\right).

Sur un arbre, c'est ce que tu sais déjà faire : on additionne tous les chemins qui mènent à BB.

Exemple 16 (une imprimerie). Une imprimerie fabrique des cartes postales sur trois machines. La machine XX produit 50 %50\,\% des cartes, YY en produit 30 %30\,\% et ZZ en produit 20 %20\,\%. Les cartes défectueuses représentent 2 %2\,\% de la production de XX, 4 %4\,\% de celle de YY et 5 %5\,\% de celle de ZZ. On prend une carte au hasard ; DD : « la carte est défectueuse ».

XX, YY et ZZ forment une partition : chaque carte sort d'une machine, et d'une seule. Donc P(D)=0,5×0,02+0,3×0,04+0,2×0,05=0,01+0,012+0,01=0,032.P(D) = 0{,}5 \times 0{,}02 + 0{,}3 \times 0{,}04 + 0{,}2 \times 0{,}05 = 0{,}01 + 0{,}012 + 0{,}01 = 0{,}032.

6.3 Inverser le conditionnement

Pour obtenir PB(A)P_B(A) quand on connaît PA(B)P_A(B), on revient à la définition, après avoir calculé P(B)P(B).

Exemple 16 (suite). Une carte est défectueuse. La probabilité qu'elle vienne de la machine YY est PD(Y)=P(Y∩D)P(D)=0,0120,032=1232=38=0,375.P_D(Y) = \frac{P(Y \cap D)}{P(D)} = \frac{0{,}012}{0{,}032} = \frac{12}{32} = \frac38 = 0{,}375. La machine YY fait 30 %30\,\% des cartes, mais 37,5 %37{,}5\,\% des défauts.

6.4 Trouver une inconnue

Exemple 17. On sait que P(A)=0,5P(A) = 0{,}5, PA(B)=0,4P_A(B) = 0{,}4 et P(B)=0,35P(B) = 0{,}35. On cherche p=PA‾(B)p = P_{\overline{A}}(B). La formule donne 0,35=0,5×0,4+0,5×p0{,}35 = 0{,}5 \times 0{,}4 + 0{,}5 \times p, donc 0,5×p=0,150{,}5 \times p = 0{,}15 et p=0,3p = 0{,}3.

Leçon 7 : Indépendance de deux évènements

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Définition

Définition. Soient AA et BB deux évènements, avec P(B)≠0P(B) \neq 0. On dit que AA et BB sont indépendants si PB(A)=P(A).P_B(A) = P(A). Autrement dit, savoir que BB est réalisé ne change pas la probabilité de AA.

Exemple 18. Sur la roue, AA : « pair » et BB : « multiple de 33 ». On a P(A)=12P(A) = \dfrac12. Sachant BB, il reste 33, 66, 99 et 1212, dont deux numéros pairs : PB(A)=24=12P_B(A) = \dfrac24 = \dfrac12. Les évènements AA et BB sont indépendants.

7.2 Forme produit

Comme PB(A)=P(A∩B)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}, dire que PB(A)=P(A)P_B(A) = P(A) revient à dire que : P(A∩B)=P(A)×P(B).P(A \cap B) = P(A) \times P(B).

Cette formule est symétrique : AA et BB y jouent le même rôle. Si P(A)≠0P(A) \neq 0, on a donc aussi PA(B)=P(B)P_A(B) = P(B).

7.3 Justifier une indépendance

Par le calcul. On calcule séparément les deux membres de l'égalité.

Exemple 18 (suite). P(A)×P(B)=12×13=16P(A) \times P(B) = \dfrac12 \times \dfrac13 = \dfrac16 et P(A∩B)=212=16P(A \cap B) = \dfrac{2}{12} = \dfrac16 : AA et BB sont indépendants. Avec CC : « multiple de 44 », on a P(A)×P(C)=12×14=18P(A) \times P(C) = \dfrac12 \times \dfrac14 = \dfrac18, mais P(A∩C)=312=14P(A \cap C) = \dfrac{3}{12} = \dfrac14 : AA et CC ne sont pas indépendants. C'est logique : un multiple de 44 est toujours pair.

Sur un tableau croisé. On compare une fréquence conditionnelle et une fréquence marginale.

Exemple 19. Sur 200200 lycéens, 5050 jouent d'un instrument et 8080 font partie d'un club de sport ; 2020 font les deux.

Instrument Pas d'instrument Total
Club 2020 6060 8080
Pas de club 3030 9090 120120
Total 5050 150150 200200

Dans le club, la proportion de musiciens est 2080=14\dfrac{20}{80} = \dfrac14 ; sur tous les lycéens, elle est 50200=14\dfrac{50}{200} = \dfrac14. Les deux évènements sont indépendants.

Sur un arbre. Si les branches du second niveau portent les mêmes probabilités quel que soit le point de départ, alors les évènements sont indépendants.

Exemple 20. Si PA(B)=PA‾(B)=0,7P_A(B) = P_{\overline{A}}(B) = 0{,}7, alors P(B)=0,7P(B) = 0{,}7 d'après la formule des probabilités totales, et AA et BB sont indépendants. Dans l'exemple 12, PC(R)=0,8P_C(R) = 0{,}8 et PC‾(R)=0,5P_{\overline{C}}(R) = 0{,}5 : CC et RR ne sont pas indépendants.

7.4 Indépendants ou incompatibles ?

Attention. Indépendants ne veut pas dire incompatibles. Deux évènements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble : si l'un a lieu, on sait que l'autre n'a pas lieu. Si P(A)≠0P(A) \neq 0 et P(B)≠0P(B) \neq 0, alors P(A∩B)=0P(A \cap B) = 0 alors que P(A)×P(B)≠0P(A) \times P(B) \neq 0 : deux tels évènements ne sont pas indépendants.

7.5 Utiliser une indépendance

Propriété. Si AA et BB sont indépendants, alors AA et B‾\overline{B} le sont aussi, ainsi que A‾\overline{A} et B‾\overline{B}.

En effet, P(A∩B‾)=P(A)−P(A∩B)=P(A)−P(A)×P(B)=P(A)(1−P(B))=P(A)×P(B‾)P\left(A \cap \overline{B}\right) = P(A) - P(A \cap B) = P(A) - P(A) \times P(B) = P(A)\big(1 - P(B)\big) = P(A) \times P\left(\overline{B}\right).

Exemple 21 (deux ascenseurs). Un immeuble a deux ascenseurs. Un jour donné, on note AA : « le premier est en panne », avec P(A)=0,1P(A) = 0{,}1, et BB : « le second est en panne », avec P(B)=0,05P(B) = 0{,}05. On suppose ces évènements indépendants.

  • Les deux sont en panne : P(A∩B)=0,1×0,05=0,005P(A \cap B) = 0{,}1 \times 0{,}05 = 0{,}005.
  • Aucun n'est en panne : P(A‾∩B‾)=0,9×0,95=0,855P\left(\overline{A} \cap \overline{B}\right) = 0{,}9 \times 0{,}95 = 0{,}855.
  • Au moins un est en panne : 1−0,855=0,1451 - 0{,}855 = 0{,}145. On retrouve 0,1+0,05−0,005=0,1450{,}1 + 0{,}05 - 0{,}005 = 0{,}145.

7.6 Modèle et réalité

L'indépendance est une hypothèse du modèle. Si l'immeuble subit une coupure de courant, les deux ascenseurs s'arrêtent ensemble, et l'hypothèse tombe. Pour deux dés, on suppose l'indépendance parce que, physiquement, un dé n'agit pas sur l'autre. Dans un énoncé, l'indépendance est soit donnée, soit à justifier par un calcul.

Leçon 8 : Succession de deux épreuves indépendantes

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 Couples et produit cartésien

Quand on enchaîne deux épreuves, une issue est un couple : le résultat de la première, puis celui de la seconde. L'ordre compte : le couple (2 ;5)(2\,;5) n'est pas le couple (5 ;2)(5\,;2). L'ensemble des couples est le produit cartésien Ω1×Ω2\Omega_1 \times \Omega_2.

8.2 Le modèle

Deux épreuves sont indépendantes si le résultat de l'une n'influence pas l'autre. Dans ce modèle, la probabilité d'un couple est le produit des probabilités de ses deux résultats : P((x ;y))=P(x)×P(y).P\big((x\,;y)\big) = P(x) \times P(y).

8.3 Représentation par un tableau

Exemple 22 (deux dés). On lance un dé bleu, puis un dé rouge, tous deux équilibrés. Il y a 6×6=366 \times 6 = 36 couples, chacun de probabilité 16×16=136\dfrac16 \times \dfrac16 = \dfrac{1}{36}. Dans chaque case, on écrit la somme des deux dés.

bleu \ rouge 11 22 33 44 55 66
11 22 33 44 55 66 77
22 33 44 55 66 77 88
33 44 55 66 77 88 99
44 55 66 77 88 99 1010
55 66 77 88 99 1010 1111
66 77 88 99 1010 1111 1212

La somme 77 occupe six cases : P(somme=7)=636=16P(\text{somme} = 7) = \dfrac{6}{36} = \dfrac16. La somme 22 n'en occupe qu'une : P(somme=2)=136P(\text{somme} = 2) = \dfrac{1}{36}.

Si les issues ne sont pas équiprobables, on écrit dans chaque case le produit des deux probabilités.

Exemple 23. Une roue s'arrête sur rouge avec la probabilité 12\dfrac12, sur bleu avec 13\dfrac13, sur vert avec 16\dfrac16. Puis on lance une pièce équilibrée.

Pile : 12\dfrac12 Face : 12\dfrac12 Total
Rouge : 12\dfrac12 14\dfrac14 14\dfrac14 12\dfrac12
Bleu : 13\dfrac13 16\dfrac16 16\dfrac16 13\dfrac13
Vert : 16\dfrac16 112\dfrac{1}{12} 112\dfrac{1}{12} 16\dfrac16
Total 12\dfrac12 12\dfrac12 11

8.4 Représentation par un arbre

Exemple 24 (avec remise). Un sac contient cinq billes : trois rouges et deux bleues. On tire une bille, on note sa couleur, on la remet, et on en tire une seconde. Le sac est le même au second tirage : les deux tirages sont indépendants, et les branches du second niveau sont identiques aux premières. Ainsi P(RR)=35×35=925P(RR) = \dfrac35 \times \dfrac35 = \dfrac{9}{25}. Deux billes de la même couleur : 925+425=1325\dfrac{9}{25} + \dfrac{4}{25} = \dfrac{13}{25}.

8.5 Le piège du tirage sans remise

Exemple 24 (suite). Si on ne remet pas la bille, il ne reste que quatre billes au second tirage, et leur composition dépend du premier tirage. Les tirages ne sont pas indépendants. L'arbre reste juste, car ses branches portent des probabilités conditionnelles : P(RR)=35×24=310P(RR) = \dfrac35 \times \dfrac24 = \dfrac{3}{10}, et non 925\dfrac{9}{25}.

8.6 Tableau ou arbre ?

Le tableau convient pour deux épreuves qui ont beaucoup d'issues. L'arbre convient quand il y a peu d'issues, et il se prolonge facilement à une troisième épreuve.

Leçon 9 : Répétition d'épreuves de Bernoulli

Voir la vidéo de la leçon 9

9.1 Épreuve de Bernoulli

Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à deux issues : le succès SS, de probabilité pp, et l'échec S‾\overline{S}, de probabilité 1−p1 - p.

Exemple 25. Lancer une pièce, répondre à une question par vrai ou faux, tirer sur une cible sont des épreuves de Bernoulli. Un lancer de dé a six issues ; mais si on regarde seulement si on a obtenu un 66, c'est une épreuve de Bernoulli, avec p=16p = \dfrac16.

9.2 Répéter l'épreuve

On répète nn fois la même épreuve, de façon identique (pp reste le même) et indépendante (un résultat n'influence pas le suivant). Pour n≤4n \leq 4, on dessine l'arbre : il a 22, 44, 88 ou 1616 chemins.

La probabilité d'un chemin est le produit de ses branches. L'ordre ne change pas un produit : tous les chemins qui ont le même nombre de succès ont la même probabilité.

Méthode. Pour exactement kk succès, on repère les chemins concernés et on additionne leurs probabilités.

Exemple 26 (la pétanque). Un joueur tente trois tirs. On suppose les tirs indépendants, et chacun réussi avec la probabilité 0,60{,}6. C'est une hypothèse : elle néglige la fatigue ou la confiance. L'arbre a huit chemins.

Nombre de succès Chemins Probabilité d'un chemin Probabilité
33 11 0,63=0,2160{,}6^3 = 0{,}216 0,2160{,}216
22 33 0,6×0,6×0,4=0,1440{,}6 \times 0{,}6 \times 0{,}4 = 0{,}144 3×0,144=0,4323 \times 0{,}144 = 0{,}432
11 33 0,6×0,4×0,4=0,0960{,}6 \times 0{,}4 \times 0{,}4 = 0{,}096 3×0,096=0,2883 \times 0{,}096 = 0{,}288
00 11 0,43=0,0640{,}4^3 = 0{,}064 0,0640{,}064

La somme vaut bien 11.

9.3 Au moins un succès

Le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès » : un seul chemin. C'est le calcul le plus court.

Exemple 26 (suite). P(au moins un succeˋs)=1−0,43=1−0,064=0,936P(\text{au moins un succès}) = 1 - 0{,}4^3 = 1 - 0{,}064 = 0{,}936.

9.4 Quatre épreuves

Exemple 27 (un questionnaire). Un questionnaire compte quatre questions, à répondre par vrai ou faux. On répond au hasard : p=12p = \dfrac12. L'arbre a seize chemins, chacun de probabilité (12)4=116\left(\dfrac12\right)^4 = \dfrac{1}{16}. Exactement trois bonnes réponses : quatre chemins, car l'unique erreur est à la question 11, 22, 33 ou 44. La probabilité vaut 416=14\dfrac{4}{16} = \dfrac14. Au moins trois bonnes réponses : on ajoute le chemin des quatre bonnes réponses, soit 516\dfrac{5}{16}.

Leçon 10 : Python, la méthode de Monte-Carlo

Voir la vidéo de la leçon 10

10.1 Le principe

On tire un point au hasard dans un carré d'aire 11. La probabilité qu'il tombe dans une zone du carré est égale à l'aire de cette zone. Or, lorsque nn est grand, sauf exception, la fréquence observée est proche de la probabilité. Compter les points tombés dans la zone donne donc une estimation de son aire : aire≈nombre de points dans la zonen.\text{aire} \approx \frac{\text{nombre de points dans la zone}}{n}.

10.2 Estimer le nombre π\pi

La zone est le quart de disque de rayon 11 centré à l'origine, d'aire π4\dfrac{\pi}{4}. Un point (x ;y)(x\,;y) du carré est dans cette zone si sa distance à l'origine est au plus 11, c'est-à-dire, d'après le théorème de Pythagore, si x2+y2≤1x^2 + y^2 \leq 1. Si ff est la fréquence des points dans la zone, alors f≈π4f \approx \dfrac{\pi}{4}, donc π≈4×f\pi \approx 4 \times f.

from random import random

def estimation_pi(n):
    compteur = 0
    for i in range(n):
        x = random()
        y = random()
        if x**2 + y**2 <= 1:
            compteur = compteur + 1
    return 4 * compteur / n

La fonction random() renvoie un nombre au hasard entre 00 et 11. En langage naturel, la ligne de comptage s'écrit « compteur ←\leftarrow compteur + 1+\,1 ».

Exemple 28. Une exécution a donné les résultats suivants. Le hasard change à chaque exécution : tes résultats seront différents.

nn 100100 1 0001\,000 1 000 0001\,000\,000
estimation_pi(n) 3,23{,}2 3,1283{,}128 3,14113{,}1411

L'estimation s'améliore en général quand nn augmente, mais lentement.

10.3 Estimer l'aire sous la parabole

On cherche l'aire sous la parabole d'équation y=x2y = x^2, entre 00 et 11. Cette zone est dans le même carré, et un point y est si y≤x2y \leq x^2. Il suffit de changer le test, et de renvoyer la fréquence.

def aire_parabole(n):
    compteur = 0
    for i in range(n):
        x = random()
        y = random()
        if y <= x**2:
            compteur = compteur + 1
    return compteur / n

Exemple 29. Une exécution a donné les résultats suivants.

nn 100100 1 0001\,000 1 000 0001\,000\,000
aire_parabole(n) 0,310{,}31 0,3330{,}333 0,3330{,}333

Ces résultats conduisent à conjecturer que l'aire vaut 13\dfrac13. C'est bien la valeur exacte : tu le démontreras en Terminale.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Probabilité conditionnelle : PA(B)=P(A∩B)P(A)P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}, avec P(A)≠0P(A) \neq 0. En indice, ce qu'on sait ; entre parenthèses, ce qu'on cherche.
  2. Formule du produit : P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).
  3. Tableau croisé : le mot « parmi » donne le dénominateur.
  4. Arbre pondéré : le second niveau porte des probabilités conditionnelles ; un chemin est un produit ; un évènement est la somme des chemins qui y mènent.
  5. Distinguer : P(A∩B)P(A \cap B) se calcule sur toute la population, PA(B)P_A(B) dans AA, PB(A)P_B(A) dans BB.
  6. Probabilités totales : si A1A_1, …, AnA_n forment une partition, P(B)=P(A1∩B)+⋯+P(An∩B)P(B) = P(A_1 \cap B) + \cdots + P(A_n \cap B).
  7. Indépendance : PB(A)=P(A)P_B(A) = P(A), c'est-à-dire P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B). Incompatible ne veut pas dire indépendant.
  8. Deux épreuves indépendantes : P((x ;y))=P(x)×P(y)P\big((x\,;y)\big) = P(x) \times P(y). Avec remise : indépendantes ; sans remise : non.
  9. Bernoulli : pour n≤4n \leq 4, on dessine l'arbre ; « au moins un succès » se calcule par le contraire.
  10. Monte-Carlo : la fréquence des points tombés dans une zone est proche de son aire.

Rituel d'automatismes

Douze questions à réponses courtes, sans calculatrice, à faire en dix minutes environ : six sur ce chapitre, six sur des automatismes déjà travaillés. C'est le format de la première partie de l'épreuve anticipée. Télécharger le rituel du chapitre 4 (PDF, avec son corrigé).

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