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Leçon 1

Rappels de Première sur les suites

Vidéo 1 : Rappels de Première sur les suites · 4 min 30 s · sous-titres en français

Le cours écrit

1.1 Deux façons de définir une suite

Une suite (un)(u_n) associe à chaque entier naturel nn un nombre réel unu_n, appelé terme de rang nn. On la définit souvent de deux façons.

  • De façon explicite, un=f(n)u_n = f(n) : on calcule directement n'importe quel terme. Avec un=3n−1u_n = 3n - 1, on a u0=−1u_0 = -1, u1=2u_1 = 2 et u10=3×10−1=29u_{10} = 3 \times 10 - 1 = 29.
  • Par récurrence : on donne le premier terme et une relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) qui permet de passer d'un terme au suivant. Avec v0=2v_0 = 2 et vn+1=3vn−1v_{n+1} = 3v_n - 1, on obtient v1=5v_1 = 5, v2=14v_2 = 14, v3=41v_3 = 41. Pour calculer v3v_3, il faut d'abord v1v_1 puis v2v_2.

On représente une suite par les points de coordonnées (n ;un)(n\,;u_n) dans un repère.

1.2 Suites arithmétiques

Définition. Une suite (un)(u_n) est arithmétique s'il existe un réel rr, appelé raison, tel que un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r pour tout nn. On passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours rr.

Terme général. Pour tout nn : un=u0+nru_n = u_0 + nr, et plus généralement un=up+(n−p)ru_n = u_p + (n - p)r pour tous entiers nn et pp.

C'est le modèle des évolutions à accroissements constants. Les points (n ;un)(n\,;u_n) sont alignés : c'est le lien avec les fonctions affines.

Sommes. Pour tout entier n≥1n \geq 1 : 1+2+⋯+n=n(n+1)2.1 + 2 + \cdots + n = \frac{n(n+1)}{2}. Plus généralement, une somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut nombre de termes×premier terme+dernier terme2.\text{nombre de termes} \times \frac{\text{premier terme} + \text{dernier terme}}{2}.

Exemple 1. Une lycéenne met 2020 € de côté le premier mois, puis, chaque mois, 55 € de plus que le mois précédent. Le montant du mois nn (n≥1n \geq 1) est une suite arithmétique de premier terme u1=20u_1 = 20 et de raison 55 : un=20+5(n−1)=15+5n.u_n = 20 + 5(n - 1) = 15 + 5n. Le douzième mois, elle met de côté u12=20+5×11=75u_{12} = 20 + 5 \times 11 = 75 €. Sur un an, elle économise, en euros, u1+u2+⋯+u12=12×20+752=570.u_1 + u_2 + \cdots + u_{12} = 12 \times \frac{20 + 75}{2} = 570.

1.3 Suites géométriques

Définition. Une suite (un)(u_n) est géométrique s'il existe un réel qq, appelé raison, tel que un+1=q×unu_{n+1} = q \times u_n pour tout nn. On passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par qq.

Terme général. Pour tout nn : un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n, et plus généralement un=up×qn−pu_n = u_p \times q^{n-p}.

C'est le modèle des évolutions à taux constant : une hausse de t %t\,\% revient à multiplier par 1+t1001 + \frac{t}{100}.

Sommes. Pour tout réel q≠1q \neq 1 et tout entier nn : 1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q.1 + q + q^2 + \cdots + q^n = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.

Exemple 2. On place 1 0001\,000 € à intérêts composés, au taux de 3 %3\,\% par an. Chaque année, le capital est multiplié par 1,031{,}03. Le capital au bout de nn années est une suite géométrique : Cn=1 000×1,03nC_n = 1\,000 \times 1{,}03^n. On trouve C1=1 030C_1 = 1\,030, C2=1 060,90C_2 = 1\,060{,}90, C3≈1 092,73C_3 \approx 1\,092{,}73, et au bout de dix ans C10=1 000×1,0310≈1 343,92C_{10} = 1\,000 \times 1{,}03^{10} \approx 1\,343{,}92 €.

Exemple 3. 1+2+4+⋯+210=1−2111−2=211−1=2 0471 + 2 + 4 + \cdots + 2^{10} = \dfrac{1 - 2^{11}}{1 - 2} = 2^{11} - 1 = 2\,047.

1.4 Sens de variation

Définitions. La suite (un)(u_n) est :

  • croissante si un+1≥unu_{n+1} \geq u_n pour tout nn ; strictement croissante si un+1>unu_{n+1} > u_n pour tout nn ;
  • décroissante si un+1≤unu_{n+1} \leq u_n pour tout nn ; strictement décroissante si un+1<unu_{n+1} < u_n pour tout nn ;
  • monotone si elle est croissante ou décroissante ; constante si un+1=unu_{n+1} = u_n pour tout nn.

On dit aussi qu'une suite est croissante à partir d'un rang n0n_0 si un+1≥unu_{n+1} \geq u_n pour tout n≥n0n \geq n_0.

Méthodes.

  1. Étudier le signe de un+1−unu_{n+1} - u_n.
  2. Si un=f(n)u_n = f(n) avec ff monotone sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, la suite a le même sens de variation que ff.
  3. Suite arithmétique : croissante si r≥0r \geq 0, décroissante si r≤0r \leq 0.
  4. Suite géométrique avec u0>0u_0 > 0 et q>0q > 0 : comme un+1−un=u0 qn(q−1)u_{n+1} - u_n = u_0\,q^n(q - 1), elle est croissante si q>1q > 1 et décroissante si 0<q<10 < q < 1 (strictement dans les deux cas).

Exemple 4. Étudier le sens de variation de un=n2−4nu_n = n^2 - 4n.

un+1−un=(n+1)2−4(n+1)−n2+4n=2n−3.u_{n+1} - u_n = (n+1)^2 - 4(n+1) - n^2 + 4n = 2n - 3. Cette différence est négative pour n=0n = 0 et n=1n = 1, positive pour n≥2n \geq 2. Les premiers termes sont 00, −3-3, −4-4, −3-3, 00, 55 : la suite décroît jusqu'au rang 22, puis elle est croissante à partir du rang 22. Autre méthode : un=f(n)u_n = f(n) avec f(x)=x2−4xf(x) = x^2 - 4x, dont la dérivée 2x−42x - 4 est positive sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.

Attention. La méthode 2 ne vaut que pour un=f(n)u_n = f(n). Pour une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), le sens de variation de ff ne donne pas celui de la suite.

Exemple 5. Avec f(x)=12x+3f(x) = \dfrac12 x + 3, qui est croissante :

  • si u0=0u_0 = 0, on obtient 00, 33, 92\frac92, 214\frac{21}{4}… : les premiers termes montent ;
  • si u0=10u_0 = 10, on obtient 1010, 88, 77, 132\frac{13}{2}… : les premiers termes descendent.

Pour conclure sur le sens de variation, il faut une démonstration : ce sera la leçon 5, grâce au raisonnement par récurrence.

Lire le cours complet du chapitre

Exercices 1 et 2

  • Exercice 1 : suites arithmétiques et géométriques
  • Exercice 2 : deux propositions de salaire, et sens de variation

Exercices du chapitre (PDF, 103 Ko)

Corrigés

Cherche d'abord les exercices sur ta feuille, puis compare avec le corrigé détaillé.

Corrigés du chapitre (PDF, 142 Ko)

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