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Chapitre 11 · Cours écrit

Fonction exponentielle

Un levain qui gonfle, un capital qui rapporte des intérêts, une substance radioactive qui disparait, un colorant qui se dilue : dans tous ces cas, une grandeur change d'autant plus vite qu'elle est grande. Aucune des fonctions rencontrées jusqu'ici ne décrit ces phénomènes. Ce chapitre en introduit une nouvelle : la fonction égale à sa propre dérivée.

Le fil du chapitre est simple. On avance à petits pas le long de la courbe, et chaque pas multiplie la valeur par un même nombre. Cette seule idée explique la méthode d'Euler, la propriété exp⁡(x+y)=exp⁡(x)exp⁡(y)\exp(x + y) = \exp(x)\exp(y), le lien avec les suites géométriques et le nombre e\mathrm{e}.

Comme à l'épreuve anticipée, tout se fait ici sans calculatrice, sauf ce que l'on confie à Python. Quand une valeur approchée d'une exponentielle est nécessaire, l'énoncé la donne. Les encadrés « Automatisme » signalent ce qu'il faut savoir faire sans hésiter.

Leçon 1 : Définition de la fonction exponentielle

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Une grandeur qui pousse d'autant plus vite qu'elle est grande

Un levain est un mélange de farine et d'eau qui fermente pour faire du pain. Plus il y en a, plus il gonfle vite : deux fois plus de levain, c'est une vitesse deux fois plus grande. Si f(t)f(t) est la masse à l'instant tt, la vitesse à laquelle elle change est le nombre dérivé f′(t)f'(t), et la situation s'écrit f′(t)=k f(t).f'(t) = k\,f(t). Le cas le plus simple est k=1k = 1 : on cherche une fonction égale à sa dérivée.

1.2 Aucune fonction connue ne convient

f(x)f(x) x2x^2 x3x^3 1x\dfrac{1}{x}
f′(x)f'(x) 2x2x 3x23x^2 −1x2-\dfrac{1}{x^2}

À chaque fois, la fonction change de forme. Pour un polynôme, c'est même impossible : la dérivée d'un polynôme non nul a un degré de moins, donc elle ne lui est jamais égale. Seule la fonction nulle est égale à sa dérivée parmi les polynômes, et elle ne nous apprend rien.

1.3 Définition

Définition. Il existe une unique fonction ff, dérivable sur R\mathbb{R}, telle que f′=fetf(0)=1.f' = f \quad \text{et} \quad f(0) = 1. Cette fonction s'appelle la fonction exponentielle. On la note exp⁡\exp, et on lit « exp de xx » pour exp⁡(x)\exp(x).

L'existence et l'unicité sont admises. On retient donc : exp⁡′=exp⁡etexp⁡(0)=1.\exp' = \exp \quad \text{et} \quad \exp(0) = 1.

1.4 Sur la courbe

Dire que exp⁡′(x)=exp⁡(x)\exp'(x) = \exp(x), c'est dire que la pente de la tangente en un point de la courbe est égale à l'ordonnée de ce point. Plus la courbe est haute, plus elle est raide : plus elle monte, plus elle monte vite.

1.5 Tangente au point d'abscisse 0

On a exp⁡′(0)=exp⁡(0)=1\exp'(0) = \exp(0) = 1. La tangente à la courbe au point d'abscisse 00 a pour équation y=exp⁡(0)+exp⁡′(0)(x−0)y = \exp(0) + \exp'(0)(x - 0), soit y=x+1.y = x + 1. Près de 00, la courbe et sa tangente se confondent presque. C'est l'approximation linéaire du chapitre 5 : pour hh proche de 00, exp⁡(h)≈1+h.\exp(h) \approx 1 + h.

Exemple 1. exp⁡(0,01)≈1,01\exp(0{,}01) \approx 1{,}01 et exp⁡(−0,02)≈0,98\exp(-0{,}02) \approx 0{,}98.

1.6 Dériver avec exp

La fonction exp⁡\exp se dérive avec les règles habituelles (somme, produit, quotient).

Exemple 2. Soit f(x)=3exp⁡(x)+x2f(x) = 3\exp(x) + x^2. Alors f′(x)=3exp⁡(x)+2xf'(x) = 3\exp(x) + 2x.

Exemple 3. Soit g(x)=xexp⁡(x)g(x) = x\exp(x). C'est un produit, avec u(x)=xu(x) = x et v(x)=exp⁡(x)v(x) = \exp(x) : g′(x)=1×exp⁡(x)+x×exp⁡(x)=(x+1)exp⁡(x).g'(x) = 1 \times \exp(x) + x \times \exp(x) = (x + 1)\exp(x).

1.7 Une autre valeur de départ

Soit cc un réel et f(x)=cexp⁡(x)f(x) = c\exp(x). Alors f′(x)=cexp⁡(x)=f(x)f'(x) = c\exp(x) = f(x) et f(0)=cexp⁡(0)=cf(0) = c\exp(0) = c. La fonction x↦cexp⁡(x)x \mapsto c\exp(x) est égale à sa dérivée et vaut cc en 00.

Exemple 4. La fonction x↦5exp⁡(x)x \mapsto 5\exp(x) est égale à sa dérivée et vaut 55 en 00.

Leçon 2 : Construire l'exponentielle par la méthode d'Euler

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 L'idée

On sait que exp⁡\exp existe, mais on ne sait pas calculer exp⁡(1)\exp(1). La méthode d'Euler avance à petits pas en suivant la tangente. Pour hh proche de 00, l'approximation par la tangente donne f(x+h)≈f(x)+h f′(x).f(x + h) \approx f(x) + h\,f'(x). Pour la fonction exponentielle, f′(x)=f(x)f'(x) = f(x), donc f(x+h)≈f(x)+h f(x)f(x + h) \approx f(x) + h\,f(x), c'est-à-dire f(x+h)≈(1+h) f(x).f(x + h) \approx (1 + h)\,f(x). Avancer d'un pas hh revient à multiplier par 1+h1 + h.

2.2 À la main

Exemple 5 (pas de 0,50{,}5). On part de x=0x = 0, où y=1y = 1.

xx 00 0,50{,}5 11
yy 11 1×1,5=1,51 \times 1{,}5 = 1{,}5 1,5×1,5=2,251{,}5 \times 1{,}5 = 2{,}25

On obtient exp⁡(1)≈2,25\exp(1) \approx 2{,}25, une approximation grossière : la ligne brisée reste sous la courbe.

Exemple 6 (pas de 0,250{,}25). Il faut quatre pas pour atteindre 11, et chaque pas multiplie par 1,251{,}25.

xx 00 0,250{,}25 0,50{,}5 0,750{,}75 11
yy 11 1,251{,}25 1,561{,}56 1,951{,}95 2,442{,}44

Plus le pas est petit, meilleure est l'approximation, mais plus il y a de calculs.

2.3 Le programme Python

def euler(h, n):
    y = 1
    Y = [y]
    for i in range(n):
        y = y + h * y
        Y.append(y)
    return Y

La fonction euler reçoit le pas h et le nombre de pas n. Elle renvoie la liste des valeurs yy. La ligne y = y + h * y s'écrit en langage naturel y←y+h×yy \leftarrow y + h \times y.

2.4 Les résultats

Exemple 7. Pour atteindre x=1x = 1, on lit le dernier terme de la liste.

Appel Résultat affiché
euler(0.5, 2) [1, 1.5, 2.25]
euler(0.1, 10)[10] 2.5937424601
euler(0.01, 100)[100] 2.704813829421526
euler(0.001, 1000)[1000] 2.716923932235896

Python donne lui-même exp(1) (avec from math import exp) : 2.718281828459045. Les valeurs s'en approchent quand le pas diminue.

2.5 Vers la gauche

Avec un pas négatif, on avance vers la gauche.

Exemple 8. Avec euler(-0.1, 10)[10], on arrive en x=−1x = -1. Le programme affiche 0.3486784401, alors que exp(-1) vaut 0.36787944117144233. Chaque pas multiplie par 1+h=0,91 + h = 0{,}9 : la valeur diminue, sans s'annuler.

2.6 Une suite géométrique

À chaque pas, on multiplie par 1+h1 + h. Après nn pas, on a donc yn=(1+h)n.y_n = (1 + h)^n. Les valeurs calculées forment une suite géométrique de raison 1+h1 + h. Cette remarque sert aux leçons 3, 7 et 9.

Leçon 3 : Relation fondamentale et nombre e

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Un constat

La machine donne exp⁡(1)≈2,718\exp(1) \approx 2{,}718, exp⁡(2)≈7,389\exp(2) \approx 7{,}389 et exp⁡(3)≈20,086\exp(3) \approx 20{,}086. Or 2,718×7,389≈20,082{,}718 \times 7{,}389 \approx 20{,}08. Aux arrondis près, exp⁡(1+2)=exp⁡(1)×exp⁡(2)\exp(1 + 2) = \exp(1) \times \exp(2) : une somme dans la parenthèse, un produit à l'arrivée.

3.2 D'où cela vient

La méthode d'Euler donne une explication. Avec un pas hh : exp⁡(nh)≈(1+h)n,exp⁡(mh)≈(1+h)m,\exp(nh) \approx (1 + h)^n, \qquad \exp(mh) \approx (1 + h)^m, exp⁡((n+m)h)≈(1+h)n+m=(1+h)n×(1+h)m.\exp\big((n + m)h\big) \approx (1 + h)^{n + m} = (1 + h)^n \times (1 + h)^m. Avancer de deux longueurs revient à multiplier les deux facteurs. Ce n'est pas une démonstration, mais c'est la bonne idée.

3.3 La relation fondamentale

Propriété (admise). Pour tous réels xx et yy, exp⁡(x+y)=exp⁡(x)exp⁡(y).\exp(x + y) = \exp(x)\exp(y).

Les mots « pour tous » comptent : la relation est vraie quels que soient les deux nombres, positifs, négatifs ou nuls.

Exemple 9. exp⁡(2)×exp⁡(−5)=exp⁡(2+(−5))=exp⁡(−3)\exp(2) \times \exp(-5) = \exp(2 + (-5)) = \exp(-3).

3.4 Conséquences

En prenant y=−xy = -x, on obtient, pour tout réel xx, exp⁡(x)exp⁡(−x)=exp⁡(0)=1.\exp(x)\exp(-x) = \exp(0) = 1.

L'exponentielle ne s'annule jamais. Raisonnons par l'absurde. Supposons qu'il existe un réel aa tel que exp⁡(a)=0\exp(a) = 0. Alors exp⁡(a)exp⁡(−a)=0\exp(a)\exp(-a) = 0. Or ce produit vaut 11 : c'est impossible. Donc, pour tout réel xx, exp⁡(x)≠0\exp(x) \neq 0.

On peut alors diviser par exp⁡(x)\exp(x) : exp⁡(−x)=1exp⁡(x).\exp(-x) = \frac{1}{\exp(x)}.

3.5 Le nombre e\mathrm{e}

Définition. Le nombre e\mathrm{e} est l'image de 11 par la fonction exponentielle : e=exp⁡(1)≈2,718.\mathrm{e} = \exp(1) \approx 2{,}718.

Avec la relation fondamentale :

  • exp⁡(2)=exp⁡(1+1)=e×e=e2\exp(2) = \exp(1 + 1) = \mathrm{e} \times \mathrm{e} = \mathrm{e}^2 ;
  • exp⁡(3)=e3\exp(3) = \mathrm{e}^3 ;
  • exp⁡(−1)=1e\exp(-1) = \dfrac{1}{\mathrm{e}}.

Plus généralement, pour tout entier relatif nn, exp⁡(n)=en\exp(n) = \mathrm{e}^n.

3.6 La notation ex\mathrm{e}^x

Cette écriture est si pratique qu'on l'étend à tous les réels.

Notation. Pour tout réel xx, on note exp⁡(x)=ex\exp(x) = \mathrm{e}^x.

Pour xx non entier, ce n'est pas un produit de facteurs répétés : c'est une notation. Elle est bien choisie, car les règles sont celles des puissances : ex+y=ex ey,ex e−x=1,e0=1,e1=e.\mathrm{e}^{x + y} = \mathrm{e}^x\,\mathrm{e}^y, \qquad \mathrm{e}^x\,\mathrm{e}^{-x} = 1, \qquad \mathrm{e}^0 = 1, \qquad \mathrm{e}^1 = \mathrm{e}.

Automatisme. On écrit désormais ex\mathrm{e}^x partout. La dérivée de x↦exx \mapsto \mathrm{e}^x est x↦exx \mapsto \mathrm{e}^x.

Leçon 4 : Transformer une expression

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Quatre règles

Propriétés. Pour tous réels aa et bb, et pour tout entier relatif nn :

Règle Formule
Produit ea×eb=ea+b\mathrm{e}^a \times \mathrm{e}^b = \mathrm{e}^{a + b}
Inverse 1ea=e−a\dfrac{1}{\mathrm{e}^a} = \mathrm{e}^{-a}
Quotient eaeb=ea−b\dfrac{\mathrm{e}^a}{\mathrm{e}^b} = \mathrm{e}^{a - b}
Puissance (ea)n=ena\left(\mathrm{e}^a\right)^n = \mathrm{e}^{na}

Le quotient vient de l'inverse : diviser par eb\mathrm{e}^b, c'est multiplier par e−b\mathrm{e}^{-b}. Pour la puissance, multiplier nn fois par ea\mathrm{e}^a revient à ajouter nn fois aa dans l'exposant.

4.2 Avec des nombres

Exemple 10.

  • e3×e−5=e3−5=e−2\mathrm{e}^3 \times \mathrm{e}^{-5} = \mathrm{e}^{3 - 5} = \mathrm{e}^{-2}
  • e5e2=e5−2=e3\dfrac{\mathrm{e}^5}{\mathrm{e}^2} = \mathrm{e}^{5 - 2} = \mathrm{e}^3
  • (e2)3=e2×3=e6\left(\mathrm{e}^2\right)^3 = \mathrm{e}^{2 \times 3} = \mathrm{e}^6
  • (e3)2×e−1e4=e6−1−4=e\dfrac{\left(\mathrm{e}^3\right)^2 \times \mathrm{e}^{-1}}{\mathrm{e}^4} = \mathrm{e}^{6 - 1 - 4} = \mathrm{e}

4.3 Avec une variable

Exemple 11. Pour tout réel xx :

  • ex×e2x+1=e3x+1\mathrm{e}^x \times \mathrm{e}^{2x + 1} = \mathrm{e}^{3x + 1}
  • e2xex−1=e2x−(x−1)=ex+1\dfrac{\mathrm{e}^{2x}}{\mathrm{e}^{x - 1}} = \mathrm{e}^{2x - (x - 1)} = \mathrm{e}^{x + 1} : on retranche tout l'exposant du bas.
  • (ex)3×e−2x=e3x−2x=ex\left(\mathrm{e}^x\right)^3 \times \mathrm{e}^{-2x} = \mathrm{e}^{3x - 2x} = \mathrm{e}^x

4.4 Développer, factoriser

Les identités remarquables et la mise en facteur s'appliquent.

Exemple 12.

  • (ex+1)2=e2x+2ex+1\left(\mathrm{e}^x + 1\right)^2 = \mathrm{e}^{2x} + 2\mathrm{e}^x + 1
  • (ex+e−x)2=e2x+2+e−2x\left(\mathrm{e}^x + \mathrm{e}^{-x}\right)^2 = \mathrm{e}^{2x} + 2 + \mathrm{e}^{-2x} : le double produit vaut 2 ex e−x=22\,\mathrm{e}^x\,\mathrm{e}^{-x} = 2.
  • xex+2ex=(x+2)exx\mathrm{e}^x + 2\mathrm{e}^x = (x + 2)\mathrm{e}^x
  • e2x−ex=ex(ex−1)\mathrm{e}^{2x} - \mathrm{e}^x = \mathrm{e}^x\left(\mathrm{e}^x - 1\right)

4.5 Une fraction

Un exposant négatif disparait souvent en multipliant le haut et le bas par ex\mathrm{e}^x, ce qui est permis, car ce nombre n'est jamais nul.

Exemple 13. e−x1+e−x=e−x×ex(1+e−x)×ex=1ex+1\dfrac{\mathrm{e}^{-x}}{1 + \mathrm{e}^{-x}} = \dfrac{\mathrm{e}^{-x} \times \mathrm{e}^x}{\left(1 + \mathrm{e}^{-x}\right) \times \mathrm{e}^x} = \dfrac{1}{\mathrm{e}^x + 1}.

4.6 Trois pièges

Attention.

  • Une somme ne se simplifie pas : ea+eb\mathrm{e}^a + \mathrm{e}^b n'est pas égal à ea+b\mathrm{e}^{a + b}. Pour a=b=0a = b = 0, on trouverait 22 et 11.
  • e2x\mathrm{e}^{2x} n'est pas égal à 2ex2\mathrm{e}^x. Pour x=0x = 0, on trouverait 11 et 22.
  • (ex)2=e2x\left(\mathrm{e}^x\right)^2 = \mathrm{e}^{2x}, et non ex2\mathrm{e}^{x^2}. Pour x=1x = 1, on trouverait e2\mathrm{e}^2 et e\mathrm{e}.

Automatisme. En cas de doute sur une égalité, teste une valeur simple, souvent x=0x = 0 ou x=1x = 1.

Leçon 5 : Signe, sens de variation et courbe

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Signe

Propriété. Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^x > 0.

En effet, ex=(ex2)2\mathrm{e}^x = \left(\mathrm{e}^{\frac{x}{2}}\right)^2 : c'est un carré, donc il est positif ou nul. Et il n'est pas nul, car l'exponentielle ne s'annule jamais.

5.2 Sens de variation

Propriété. La fonction exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R}.

En effet, sa dérivée est elle-même, et elle est strictement positive.

xx −∞-\infty 00 11 +∞+\infty
exp⁡′(x)\exp'(x) ++ ++ ++
exp⁡\exp croissante 11 croissante e\mathrm{e} croissante

Les deux extrémités du tableau restent vides : le comportement à l'infini sera étudié en Terminale.

5.3 Courbe

La courbe de la fonction exponentielle :

  • passe par les points (0 ;1)(0\,;1) et (1 ;e)(1\,;\mathrm{e}) ;
  • reste au-dessus de l'axe des abscisses ; à gauche, elle s'en rapproche sans jamais le toucher ;
  • monte de plus en plus vite à droite : e10>20 000\mathrm{e}^{10} > 20\,000 ;
  • a pour tangente y=x+1y = x + 1 au point d'abscisse 00 ;
  • a pour tangente y=e xy = \mathrm{e}\,x au point d'abscisse 11, qui passe par l'origine du repère. En effet, cette tangente a pour équation y=e+e(x−1)=e xy = \mathrm{e} + \mathrm{e}(x - 1) = \mathrm{e}\,x.
xx −2-2 −1-1 00 11 22
ex\mathrm{e}^x (valeur approchée) 0,140{,}14 0,370{,}37 11 2,722{,}72 7,397{,}39

5.4 Comparer deux exponentielles

La fonction étant strictement croissante, pour tous réels aa et bb : ea=eb  ⟺  a=b,ea<eb  ⟺  a<b.\mathrm{e}^a = \mathrm{e}^b \iff a = b, \qquad \mathrm{e}^a < \mathrm{e}^b \iff a < b. En particulier, ex=1  ⟺  x=0\mathrm{e}^x = 1 \iff x = 0, et ex>1  ⟺  x>0\mathrm{e}^x > 1 \iff x > 0.

5.5 Résoudre

Exemple 14. e3x−1=ex+5  ⟺  3x−1=x+5  ⟺  x=3\mathrm{e}^{3x - 1} = \mathrm{e}^{x + 5} \iff 3x - 1 = x + 5 \iff x = 3.

Exemple 15. Comme 1=e01 = \mathrm{e}^0, on a e2x−6≥1  ⟺  2x−6≥0  ⟺  x≥3\mathrm{e}^{2x - 6} \geq 1 \iff 2x - 6 \geq 0 \iff x \geq 3.

Exemple 16. Résolvons e2x+ex−2=0\mathrm{e}^{2x} + \mathrm{e}^x - 2 = 0. On pose X=exX = \mathrm{e}^x, et l'équation devient X2+X−2=0X^2 + X - 2 = 0, de racines 11 et −2-2. L'équation ex=1\mathrm{e}^x = 1 donne x=0x = 0. L'équation ex=−2\mathrm{e}^x = -2 n'a pas de solution, car une exponentielle est strictement positive. La seule solution est 00.

Attention. Une équation comme ex=2\mathrm{e}^x = 2 a bien une solution, mais nos outils ne permettent pas de l'écrire exactement. On utilise alors une valeur approchée donnée (leçon 8).

5.6 Une inégalité à connaitre

Propriété. Pour tout réel xx, ex≥x+1\mathrm{e}^x \geq x + 1. La courbe reste au-dessus de sa tangente au point d'abscisse 00.

Pourquoi ? Soit φ(x)=ex−x−1\varphi(x) = \mathrm{e}^x - x - 1. Alors φ′(x)=ex−1\varphi'(x) = \mathrm{e}^x - 1. La fonction exponentielle est strictement croissante et vaut 11 en 00 : φ′(x)\varphi'(x) est négatif avant 00 et positif après.

xx −∞-\infty 00 +∞+\infty
φ′(x)\varphi'(x) −- 00 ++
φ\varphi décroissante 00 croissante

Le minimum de φ\varphi vaut φ(0)=0\varphi(0) = 0. Donc φ(x)≥0\varphi(x) \geq 0 pour tout réel xx.

5.7 Une étude complète

Exemple 17. Soit f(x)=(x−1)exf(x) = (x - 1)\mathrm{e}^x. C'est un produit : f′(x)=1×ex+(x−1)ex=xex.f'(x) = 1 \times \mathrm{e}^x + (x - 1)\mathrm{e}^x = x\mathrm{e}^x. Comme ex>0\mathrm{e}^x > 0, f′(x)f'(x) a le signe de xx.

xx −∞-\infty 00 +∞+\infty
f′(x)f'(x) −- 00 ++
ff décroissante −1-1 croissante

Le minimum de ff vaut f(0)=−1f(0) = -1.

Automatisme. Dans une dérivée, on met ex\mathrm{e}^x en facteur : ce facteur est strictement positif, et le signe se lit sur ce qui reste.

Leçon 6 : La fonction t ↦ exp(at)

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Un premier cas

Soit g(t)=e2t=et×etg(t) = \mathrm{e}^{2t} = \mathrm{e}^t \times \mathrm{e}^t. C'est un produit, avec u=v=exp⁡u = v = \exp : g′(t)=et×et+et×et=2 e2t.g'(t) = \mathrm{e}^t \times \mathrm{e}^t + \mathrm{e}^t \times \mathrm{e}^t = 2\,\mathrm{e}^{2t}.

6.2 La formule

Propriété. Pour tout réel aa, la fonction t↦eatt \mapsto \mathrm{e}^{at} est dérivable sur R\mathbb{R}, et sa dérivée est t↦a eat.t \mapsto a\,\mathrm{e}^{at}.

Pourquoi ? Si a=0a = 0, la fonction est constante, et la formule reste vraie. Si a≠0a \neq 0, soit g(t)=eatg(t) = \mathrm{e}^{at}. Le taux de variation entre tt et t+ht + h est g(t+h)−g(t)h=eat+ah−eath=eat×eah−1h=a eat×eah−1ah.\frac{g(t + h) - g(t)}{h} = \frac{\mathrm{e}^{at + ah} - \mathrm{e}^{at}}{h} = \mathrm{e}^{at} \times \frac{\mathrm{e}^{ah} - 1}{h} = a\,\mathrm{e}^{at} \times \frac{\mathrm{e}^{ah} - 1}{ah}. Avec H=ahH = ah, le dernier quotient eH−1H\dfrac{\mathrm{e}^H - 1}{H} est le taux de variation de exp⁡\exp entre 00 et HH. Quand hh se rapproche de 00, HH aussi, et ce taux se rapproche de exp⁡′(0)=1\exp'(0) = 1. Il reste a eata\,\mathrm{e}^{at}.

Exemple 18.

  • e3t\mathrm{e}^{3t} a pour dérivée 3e3t3\mathrm{e}^{3t}.
  • e−0,5t\mathrm{e}^{-0{,}5t} a pour dérivée −0,5 e−0,5t-0{,}5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}.
  • 4e−2t+t4\mathrm{e}^{-2t} + t a pour dérivée −8e−2t+1-8\mathrm{e}^{-2t} + 1.

Exemple 19 (un produit). Soit f(t)=te−tf(t) = t\mathrm{e}^{-t}. Alors f′(t)=1×e−t+t×(−e−t)=(1−t)e−tf'(t) = 1 \times \mathrm{e}^{-t} + t \times \left(-\mathrm{e}^{-t}\right) = (1 - t)\mathrm{e}^{-t}.

6.3 Sens de variation

Comme eat>0\mathrm{e}^{at} > 0, la dérivée a eata\,\mathrm{e}^{at} a le signe de aa.

Signe de aa g′(t)g'(t) Fonction gg
a>0a > 0 >0> 0 strictement croissante
a<0a < 0 <0< 0 strictement décroissante

6.4 Les courbes de t↦ektt \mapsto \mathrm{e}^{kt}

Soit kk un réel strictement positif. Toutes les courbes de t↦ektt \mapsto \mathrm{e}^{kt} passent par le point (0 ;1)(0\,;1), et la pente de la tangente en ce point vaut kk. Plus kk est grand, plus la courbe est raide. Toutes ces fonctions sont strictement croissantes.

6.5 Les courbes de t↦e−ktt \mapsto \mathrm{e}^{-kt}

La valeur de e−kt\mathrm{e}^{-kt} en tt est la valeur de ekt\mathrm{e}^{kt} en −t-t. La courbe de t↦e−ktt \mapsto \mathrm{e}^{-kt} est donc la symétrique de celle de t↦ektt \mapsto \mathrm{e}^{kt} par rapport à l'axe des ordonnées. Elle passe par (0 ;1)(0\,;1), avec une pente égale à −k-k, et la fonction est strictement décroissante.

6.6 Représenter à la main

Trois points et une tangente suffisent.

Exemple 20. Représentons t↦e−0,5tt \mapsto \mathrm{e}^{-0{,}5t}.

tt −2-2 00 22
e−0,5t\mathrm{e}^{-0{,}5t} e≈2,72\mathrm{e} \approx 2{,}72 11 e−1≈0,37\mathrm{e}^{-1} \approx 0{,}37

La tangente au point (0 ;1)(0\,;1) a pour pente −0,5-0{,}5. On relie les points par une courbe lisse, qui reste au-dessus de l'axe des abscisses.

Leçon 7 : Lien avec les suites géométriques

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 La suite de terme général ena\mathrm{e}^{na}

Propriété. Pour tout réel aa, la suite (un)(u_n) définie par un=enau_n = \mathrm{e}^{na} est géométrique, de raison ea\mathrm{e}^a et de premier terme u0=1u_0 = 1.

En effet, pour tout entier naturel nn, un+1=e(n+1)a=ena×ea=un×ea.u_{n + 1} = \mathrm{e}^{(n + 1)a} = \mathrm{e}^{na} \times \mathrm{e}^a = u_n \times \mathrm{e}^a. On peut aussi écrire un=(ea)nu_n = \left(\mathrm{e}^a\right)^n.

7.2 Sur la courbe

Exemple 21. Pour des abscisses espacées de 0,50{,}5, chaque ordonnée s'obtient en multipliant la précédente par e0,5≈1,65\mathrm{e}^{0{,}5} \approx 1{,}65.

xx 00 0,50{,}5 11 1,51{,}5 22
ex\mathrm{e}^x (valeur approchée) 11 1,651{,}65 2,722{,}72 4,484{,}48 7,397{,}39

Ajouter un même nombre à l'abscisse revient à multiplier l'ordonnée par un même nombre.

7.3 Sens de variation

Signe de aa Raison ea\mathrm{e}^a Suite (ena)\left(\mathrm{e}^{na}\right)
a>0a > 0 ea>1\mathrm{e}^a > 1 strictement croissante
a<0a < 0 0<ea<10 < \mathrm{e}^a < 1 strictement décroissante

Exemple 22. Pour a=−1a = -1 : u0=1u_0 = 1, u1≈0,37u_1 \approx 0{,}37, u2≈0,14u_2 \approx 0{,}14, u3≈0,05u_3 \approx 0{,}05. Les termes semblent se rapprocher de 00.

7.4 Un capital, en temps discret

Exemple 23. On place 10001000 euros à 3 %3\,\% par an, avec des intérêts versés une fois par an. Chaque année, le capital est multiplié par 1,031{,}03. Au bout de nn années, il vaut un=1000×1,03n.u_n = 1000 \times 1{,}03^n. C'est une suite géométrique : le temps avance par sauts. On obtient u10≈1344u_{10} \approx 1344 euros.

7.5 Le même capital, en temps continu

Exemple 24. Imaginons des intérêts versés en continu : à chaque instant, le capital grandit à une vitesse égale à 3 %3\,\% de sa valeur. On a f′=0,03 ff' = 0{,}03\,f et f(t)=1000 e0,03t,f(t) = 1000\,\mathrm{e}^{0{,}03t}, où tt est un réel positif. Pour tout nn entier, f(n+1)=f(n)×e0,03f(n + 1) = f(n) \times \mathrm{e}^{0{,}03}, avec e0,03≈1,0305\mathrm{e}^{0{,}03} \approx 1{,}0305 : aux instants entiers, on retrouve une suite géométrique. Et f(10)=1000 e0,3≈1350f(10) = 1000\,\mathrm{e}^{0{,}3} \approx 1350 euros. Les deux modèles sont très proches.

7.6 Discret et continu

Temps discret Temps continu
Variable entier nn réel tt
Évolution un+1=q unu_{n + 1} = q\,u_n f′=k ff' = k\,f
Expression un=u0 qnu_n = u_0\,q^n f(t)=f(0) ektf(t) = f(0)\,\mathrm{e}^{kt}

Les deux modèles sont reliés par q=ekq = \mathrm{e}^k. À partir de kk, on calcule qq. L'inverse, retrouver kk à partir de qq, demandera un outil de Terminale.

7.7 Un peu d'histoire

La notation exponentielle et les fonctions exponentielles apparaissent vers la fin du XVIIe siècle. On cherche alors à traiter des phénomènes de croissance comparables à ceux des intérêts composés. La modélisation de ces situations fait apparaitre naturellement la caractérisation de ce chapitre : la seule fonction telle que y′=yy' = y et y(0)=1y(0) = 1.

Leçon 8 : Modéliser une croissance ou une décroissance exponentielle

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 Reconnaitre une évolution exponentielle

  • En continu : la vitesse de variation est proportionnelle à la valeur, f′=k ff' = k\,f. Alors f(t)=f(0) ektf(t) = f(0)\,\mathrm{e}^{kt}. On le vérifie en dérivant, et on admet que c'est la seule possibilité.
  • Sur des mesures à intervalles réguliers : le rapport de deux mesures successives est constant.

Si k>0k > 0, c'est une croissance. Si k<0k < 0, c'est une décroissance.

8.2 Une croissance : un levain

Exemple 25. Un levain pèse 5050 grammes à l'instant 00, et sa masse suit m(t)=50 e0,2tm(t) = 50\,\mathrm{e}^{0{,}2t}, où tt est en heures. Alors m′(t)=10 e0,2t=0,2 m(t):m'(t) = 10\,\mathrm{e}^{0{,}2t} = 0{,}2\,m(t) : la vitesse est bien proportionnelle à la masse.

tt 00 11 22 33 44
m(t)m(t) (valeur approchée) 5050 6161 7575 9191 111111

Le rapport de deux valeurs successives reste proche de e0,2≈1,22\mathrm{e}^{0{,}2} \approx 1{,}22.

8.3 Une équation sans solution exacte à notre niveau

Exemple 26. Quand le levain aura-t-il triplé ? On cherche tt tel que e0,2t=3\mathrm{e}^{0{,}2t} = 3. Nos outils ne permettent pas de résoudre cette équation de manière exacte. On utilise une valeur donnée : e1,1≈3\mathrm{e}^{1{,}1} \approx 3. Il faut donc 0,2t≈1,10{,}2t \approx 1{,}1, soit t≈5,5t \approx 5{,}5. Le levain triple en 55 h 3030 min environ. Et comme m(t+5,5)≈3 m(t)m(t + 5{,}5) \approx 3\,m(t), il triple encore pendant les 55 h 3030 min suivantes, quelle que soit sa masse.

8.4 Une décroissance radioactive

Le nombre de noyaux qui disparaissent en une année est proportionnel au nombre de noyaux présents.

Exemple 27. Pour le césium 137, N(t)=N0 e−0,023tN(t) = N_0\,\mathrm{e}^{-0{,}023t}, où tt est en années. Avec e−0,69≈0,5\mathrm{e}^{-0{,}69} \approx 0{,}5 : N(30)=N0 e−0,023×30=N0 e−0,69≈0,5 N0.N(30) = N_0\,\mathrm{e}^{-0{,}023 \times 30} = N_0\,\mathrm{e}^{-0{,}69} \approx 0{,}5\,N_0. La moitié des noyaux a disparu.

8.5 La demi-vie

Pour tout instant tt, N(t+30)=N(t)×e−0,69≈0,5 N(t)N(t + 30) = N(t) \times \mathrm{e}^{-0{,}69} \approx 0{,}5\,N(t) : à partir de n'importe quel instant, il faut 3030 ans pour diviser par deux. Cette durée s'appelle la demi-vie.

tt 00 3030 6060 9090
Part des noyaux restants 11 12\dfrac12 14\dfrac14 18\dfrac18

Selon le modèle, la courbe ne touche jamais l'axe des abscisses.

8.6 Une dilution

Exemple 28. Un bassin de 10001000 litres contient un colorant, à la concentration de 88 grammes par litre. On fait entrer de l'eau claire, et le mélange sort au même débit, 100100 litres par minute. La concentration suit c(t)=8 e−0,1tc(t) = 8\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}, où tt est en minutes.

Après 1010 minutes, c(10)=8 e−1≈2,9c(10) = 8\,\mathrm{e}^{-1} \approx 2{,}9 grammes par litre. De plus, c′(t)=−0,8 e−0,1tc'(t) = -0{,}8\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}, donc c′(0)=−0,8c'(0) = -0{,}8 : au départ, la concentration baisse de 0,80{,}8 gramme par litre par minute, puis de moins en moins vite.

8.7 La méthode

  1. Repérer ce qui est proportionnel ; fixer la variable et son unité.
  2. Écrire f(t)=f(0) ektf(t) = f(0)\,\mathrm{e}^{kt}, avec le bon signe de kk.
  3. Dériver : sens de variation et vitesse.
  4. Répondre, avec une valeur donnée si l'équation ne se résout pas.
  5. Conclure par une phrase, avec l'unité. Un modèle a ses limites : il décrit bien la réalité sur une certaine période seulement.

Leçon 9 : Valeur approchée de e avec Python

Voir la vidéo de la leçon 9

9.1 Des intérêts de plus en plus fréquents

Un euro est placé un an à 100 %100\,\%.

Versements Capital au bout d'un an
11 fois 1+1=21 + 1 = 2
22 fois 1,52=2,251{,}5^2 = 2{,}25
1212 fois (1+112)12≈2,61\left(1 + \dfrac{1}{12}\right)^{12} \approx 2{,}61
nn fois (1+1n)n\left(1 + \dfrac{1}{n}\right)^n

Plus on verse souvent, plus on gagne, mais le gain semble se stabiliser.

9.2 Le lien avec la méthode d'Euler

Avec un pas h=1nh = \dfrac{1}{n}, on atteint x=1x = 1 en nn pas, et chaque pas multiplie par 1+1n1 + \dfrac{1}{n}. On obtient exactement (1+1n)n≈exp⁡(1)=e,\left(1 + \frac{1}{n}\right)^n \approx \exp(1) = \mathrm{e}, une valeur approchée d'autant meilleure que nn est grand.

9.3 Le programme

def u(n):
    return (1 + 1 / n) ** n

for k in range(1, 7):
    n = 10 ** k
    print(n, u(n))

9.4 Les résultats

Exemple 29.

n u(n)
10 2.5937424601000023
100 2.7048138294215285
1000 2.7169239322355936
10000 2.7181459268249255
100000 2.7182682371922975
1000000 2.7182804690957534

Python donne e (avec from math import e) : 2.718281828459045. Pour n=1 000 000n = 1\,000\,000, cinq décimales sont justes. Chaque fois que nn est multiplié par 1010, on gagne environ une décimale.

Ces résultats permettent de conjecturer que la suite se rapproche de e\mathrm{e} quand nn devient grand. L'exercice 18 le justifie par un encadrement.

9.5 Un seuil

from math import e

def seuil(p):
    n = 1
    while e - u(n) >= p:
        n = n + 1
    return n

Exemple 30. seuil(0.1) renvoie 13 et seuil(0.01) renvoie 135.

9.6 Les limites de la machine

Exemple 31. u(10**15) affiche 3.035035206549262, et u(10**16) affiche 1.0. La machine garde un nombre limité de chiffres : pour n=1016n = 10^{16}, elle remplace 1+1n1 + \dfrac{1}{n} par 11, et 1n=11^n = 1. Ce n'est pas la suite qui a changé, c'est le calcul. Un résultat numérique se vérifie toujours.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Définition : exp⁡\exp est l'unique fonction dérivable sur R\mathbb{R} telle que exp⁡′=exp⁡\exp' = \exp et exp⁡(0)=1\exp(0) = 1. On note exp⁡(x)=ex\exp(x) = \mathrm{e}^x, avec e=exp⁡(1)≈2,718\mathrm{e} = \exp(1) \approx 2{,}718.
  2. Euler : un pas hh multiplie la valeur par 1+h1 + h ; après nn pas, on obtient (1+h)n(1 + h)^n.
  3. Calculs : ea+b=ea eb\mathrm{e}^{a + b} = \mathrm{e}^a\,\mathrm{e}^b, e−a=1ea\mathrm{e}^{-a} = \dfrac{1}{\mathrm{e}^a}, eaeb=ea−b\dfrac{\mathrm{e}^a}{\mathrm{e}^b} = \mathrm{e}^{a - b}, (ea)n=ena\left(\mathrm{e}^a\right)^n = \mathrm{e}^{na}. Une somme d'exponentielles ne se simplifie pas.
  4. Étude : ex>0\mathrm{e}^x > 0, et exp⁡\exp est strictement croissante. Tangentes y=x+1y = x + 1 en 00 et y=e xy = \mathrm{e}\,x en 11. Pour tout réel xx, ex≥x+1\mathrm{e}^x \geq x + 1.
  5. Comparer : ea=eb  ⟺  a=b\mathrm{e}^a = \mathrm{e}^b \iff a = b et ea<eb  ⟺  a<b\mathrm{e}^a < \mathrm{e}^b \iff a < b.
  6. Dérivée : t↦eatt \mapsto \mathrm{e}^{at} a pour dérivée t↦a eatt \mapsto a\,\mathrm{e}^{at}. Croissante si a>0a > 0, décroissante si a<0a < 0.
  7. Courbes : pour k>0k > 0, celles de ekt\mathrm{e}^{kt} et de e−kt\mathrm{e}^{-kt} passent par (0 ;1)(0\,;1) et sont symétriques par rapport à l'axe des ordonnées.
  8. Suites : (ena)\left(\mathrm{e}^{na}\right) est géométrique de raison ea\mathrm{e}^a ; temps discret et temps continu sont reliés par q=ekq = \mathrm{e}^k.
  9. Modéliser : f′=k ff' = k\,f donne f(t)=f(0) ektf(t) = f(0)\,\mathrm{e}^{kt}. La demi-vie est la durée qui divise la quantité par deux.
  10. Le nombre e : la suite de terme général (1+1n)n\left(1 + \dfrac{1}{n}\right)^n en donne des valeurs approchées.

Rituel d'automatismes

Douze questions à réponses courtes, sans calculatrice, à faire en dix minutes environ : six sur ce chapitre, six sur des automatismes déjà travaillés. C'est le format de la première partie de l'épreuve anticipée. Télécharger le rituel du chapitre 11 (PDF, avec son corrigé).

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