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Chapitre 11 · Cours écrit

Loi binomiale

Lancer plusieurs fois une pièce, semer vingt graines, vendre cent billets d'avion : beaucoup de situations répètent la même expérience aléatoire. On apprend à modéliser ces successions d'épreuves, puis à calculer la probabilité d'obtenir exactement kk succès avec la loi binomiale. On s'en sert ensuite pour répondre à des questions de décision (combien d'essais ? quel risque ?), à la calculatrice et en Python.

Leçon 1 : Rappels sur les probabilités conditionnelles

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Probabilité de B sachant A

Définition. Soit AA un événement tel que P(A)≠0P(A) \neq 0. La probabilité de BB sachant AA est le nombre PA(B)=P(A∩B)P(A).P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}. C'est la probabilité que BB soit réalisé quand on sait que AA l'est.

Règle du produit. Si P(A)≠0P(A) \neq 0, alors P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).

Exemple 1 (tableau croisé). Un soir, un cinéma de quartier accueille 400400 spectateurs. Certains paient le tarif réduit (RR), d'autres le plein tarif ; certains voient un film en version originale (OO), les autres en version française.

OO O‾\overline{O} Total
RR 6060 140140 200200
R‾\overline{R} 9090 110110 200200
Total 150150 250250 400400

On choisit un spectateur au hasard. Alors P(R∩O)=60400=0,15P(R \cap O) = \dfrac{60}{400} = 0{,}15, PR(O)=60200=0,3P_R(O) = \dfrac{60}{200} = 0{,}3 et PO(R)=60150=0,4P_O(R) = \dfrac{60}{150} = 0{,}4. Les deux probabilités conditionnelles sont différentes : PR(O)P_R(O) se lit dans la ligne RR, PO(R)P_O(R) dans la colonne OO.

1.2 L'arbre pondéré

Un arbre pondéré représente une expérience en plusieurs étapes.

  1. Les branches du premier niveau portent les probabilités des événements de départ ; celles du second niveau portent des probabilités conditionnelles.
  2. Sur chaque nœud, la somme des probabilités des branches qui en partent vaut 11.
  3. La probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches (règle du produit).

Exemple 2 (un filtre de messagerie). Dans une messagerie, 10 %10\,\% des courriels reçus sont indésirables. Le filtre classe en indésirables 90 %90\,\% de ces courriels, mais aussi 5 %5\,\% des courriels normaux. On choisit un courriel au hasard ; SS : « le courriel est indésirable », FF : « le filtre le classe en indésirables ». Ainsi P(S)=0,1P(S) = 0{,}1, PS(F)=0,9P_S(F) = 0{,}9 et PS‾(F)=0,05P_{\overline{S}}(F) = 0{,}05.

L'arbre a quatre chemins : P(S∩F)=0,1×0,9=0,09P(S \cap F) = 0{,}1 \times 0{,}9 = 0{,}09 ; P(S∩F‾)=0,1×0,1=0,01P(S \cap \overline{F}) = 0{,}1 \times 0{,}1 = 0{,}01 ; P(S‾∩F)=0,9×0,05=0,045P(\overline{S} \cap F) = 0{,}9 \times 0{,}05 = 0{,}045 ; P(S‾∩F‾)=0,9×0,95=0,855P(\overline{S} \cap \overline{F}) = 0{,}9 \times 0{,}95 = 0{,}855. La somme vaut bien 11.

1.3 Partition de l'univers et probabilités totales

Définition. Des événements A1,A2,…,AmA_1, A_2, \ldots, A_m forment une partition de l'univers Ω\Omega s'ils sont deux à deux incompatibles, de probabilités non nulles, et si leur réunion est Ω\Omega. Par exemple, AA et A‾\overline{A} forment une partition, si 0<P(A)<10 < P(A) < 1.

Formule des probabilités totales. Si A1,…,AmA_1, \ldots, A_m forment une partition de Ω\Omega, alors pour tout événement BB : P(B)=P(A1∩B)+P(A2∩B)+⋯+P(Am∩B).P(B) = P(A_1 \cap B) + P(A_2 \cap B) + \cdots + P(A_m \cap B). Sur l'arbre, on additionne les probabilités des chemins qui mènent à BB.

Exemple 2 (suite). SS et S‾\overline{S} forment une partition, donc P(F)=P(S∩F)+P(S‾∩F)=0,09+0,045=0,135P(F) = P(S \cap F) + P(\overline{S} \cap F) = 0{,}09 + 0{,}045 = 0{,}135.

1.4 Inverser le conditionnement

Exemple 2 (suite). Un courriel est classé en indésirables. La probabilité qu'il le soit vraiment est PF(S)=P(S∩F)P(F)=0,090,135=23≈0,67.P_F(S) = \frac{P(S \cap F)}{P(F)} = \frac{0{,}09}{0{,}135} = \frac23 \approx 0{,}67. Environ un courriel classé sur trois est en fait normal : ce sont des faux positifs. Il ne faut pas confondre PF(S)≈0,67P_F(S) \approx 0{,}67 avec PS(F)=0,9P_S(F) = 0{,}9.

1.5 Événements indépendants

Définition. Deux événements AA et BB sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B).

Propriété. Si P(A)≠0P(A) \neq 0, AA et BB sont indépendants si et seulement si PA(B)=P(B)P_A(B) = P(B) : savoir que AA est réalisé ne change pas la probabilité de BB.

Remarque. Si AA et BB sont indépendants, AA et B‾\overline{B} le sont aussi : P(A∩B‾)=P(A)−P(A∩B)=P(A)−P(A)P(B)=P(A)(1−P(B))=P(A) P(B‾)P(A \cap \overline{B}) = P(A) - P(A \cap B) = P(A) - P(A)P(B) = P(A)\big(1 - P(B)\big) = P(A)\,P(\overline{B}).

Exemple 2 (suite). PS(F)=0,9P_S(F) = 0{,}9 alors que P(F)=0,135P(F) = 0{,}135 : les événements SS et FF ne sont pas indépendants, et c'est heureux pour le filtre. Dans l'exemple 1, P(R)×P(O)=0,5×0,375=0,1875≠0,15=P(R∩O)P(R) \times P(O) = 0{,}5 \times 0{,}375 = 0{,}1875 \neq 0{,}15 = P(R \cap O) : RR et OO ne sont pas indépendants non plus.

Leçon 2 : Succession d'épreuves indépendantes

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Issues et produit cartésien

Quand une expérience enchaîne plusieurs épreuves, une issue est la liste des résultats obtenus, dans l'ordre.

Exemple 3. On lance un dé équilibré à six faces, puis une pièce équilibrée. Une issue est un couple, par exemple (6 ;P)(6\,;P). L'ensemble des issues est le produit cartésien Ω={1 ;2 ;3 ;4 ;5 ;6}×{P ;F}\Omega = \{1\,;2\,;3\,;4\,;5\,;6\} \times \{P\,;F\}, qui a 6×2=126 \times 2 = 12 éléments (principe multiplicatif, chapitre 6). Les deux lancers n'ont aucune influence l'un sur l'autre, donc P((6 ;P))=16×12=112P\big((6\,;P)\big) = \dfrac16 \times \dfrac12 = \dfrac{1}{12}.

2.2 Le modèle de la succession d'épreuves indépendantes

Modèle (programme). On enchaîne nn épreuves ; l'épreuve numéro ii a pour ensemble d'issues Ωi\Omega_i.

  • Une issue est une liste (x1 ;x2 ;… ;xn)(x_1\,;x_2\,;\ldots\,;x_n), où xi∈Ωix_i \in \Omega_i est le résultat de l'épreuve ii.
  • L'univers est le produit cartésien Ω=Ω1×Ω2×⋯×Ωn\Omega = \Omega_1 \times \Omega_2 \times \cdots \times \Omega_n.
  • Si les épreuves sont indépendantes, la probabilité d'une issue est égale au produit des probabilités de ses composantes : P((x1 ;x2 ;… ;xn))=P(x1)×P(x2)×⋯×P(xn).P\big((x_1\,;x_2\,;\ldots\,;x_n)\big) = P(x_1) \times P(x_2) \times \cdots \times P(x_n).

L'indépendance est une hypothèse du modèle. On la justifie par la situation : lancers successifs, tirages avec remise, appareils qui fonctionnent séparément, etc. On ne cherche pas à la démontrer.

Représentation par un arbre. Chaque niveau correspond à une épreuve. Quand les épreuves sont indépendantes, toutes les branches d'un même niveau portent les mêmes probabilités, celles de l'épreuve correspondante.

2.3 Un exemple : trois feux de circulation

Exemple 4. Sur le trajet du lycée, Inès passe trois feux réglés indépendamment les uns des autres. Elle trouve le premier vert avec la probabilité 0,60{,}6, le deuxième avec 0,50{,}5, le troisième avec 0,70{,}7. On note VV (vert) et RR (rouge) les résultats. L'arbre a 2×2×2=82 \times 2 \times 2 = 8 chemins.

Issue VVVVVV VVRVVR VRVVRV VRRVRR RVVRVV RVRRVR RRVRRV RRRRRR
Probabilité 0,210{,}21 0,090{,}09 0,210{,}21 0,090{,}09 0,140{,}14 0,060{,}06 0,140{,}14 0,060{,}06
  • Trois feux verts : P(VVV)=0,6×0,5×0,7=0,21P(VVV) = 0{,}6 \times 0{,}5 \times 0{,}7 = 0{,}21.
  • Exactement un feu rouge : les issues RVVRVV, VRVVRV et VVRVVR conviennent ; elles sont incompatibles, donc la probabilité est 0,14+0,21+0,09=0,440{,}14 + 0{,}21 + 0{,}09 = 0{,}44.
  • Au moins un feu rouge : c'est le contraire de VVVVVV, de probabilité 1−0,21=0,791 - 0{,}21 = 0{,}79.

Les trois feux n'ont pas la même probabilité d'être verts : ce n'est pas encore un schéma de Bernoulli (leçon 3).

2.4 Deux ou trois épreuves quelconques

Les épreuves ne sont pas toujours indépendantes. Sur l'arbre, les branches à partir du second niveau portent alors des probabilités conditionnelles, et l'on multiplie toujours le long d'un chemin (règle du produit de la leçon 1).

Exemple 5 (tirages sans remise). Un sachet contient cinq bonbons : deux à la menthe (MM) et trois au citron (CC). On en prend un, puis un second, sans remettre le premier.

  • Après un bonbon à la menthe, il reste 11 bonbon à la menthe sur 44 : PM1(M2)=14P_{M_1}(M_2) = \dfrac14. Après un bonbon au citron, il en reste 22 sur 44 : PC1(M2)=24=12P_{C_1}(M_2) = \dfrac24 = \dfrac12.
  • P(M1∩M2)=25×14=110P(M_1 \cap M_2) = \dfrac25 \times \dfrac14 = \dfrac{1}{10}, et les trois autres chemins ont chacun la probabilité 310\dfrac{3}{10}.
  • Par la formule des probabilités totales, P(M2)=110+35×12=110+310=25P(M_2) = \dfrac{1}{10} + \dfrac35 \times \dfrac12 = \dfrac{1}{10} + \dfrac{3}{10} = \dfrac25.

Comme PM1(M2)=14≠25=P(M2)P_{M_1}(M_2) = \dfrac14 \neq \dfrac25 = P(M_2), les deux tirages ne sont pas indépendants.

Leçon 3 : Épreuve, loi et schéma de Bernoulli

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 Épreuve de Bernoulli

Définition. Une épreuve de Bernoulli est une épreuve aléatoire qui n'a que deux issues : l'une est appelée succès, notée SS, l'autre échec, notée S‾\overline{S}. On note p=P(S)p = P(S) ; alors P(S‾)=1−pP(\overline{S}) = 1 - p. Le nombre pp est le paramètre de l'épreuve.

Exemples. Lancer une pièce équilibrée, succès « pile » : p=12p = \frac12. Lancer un dé équilibré, succès « obtenir 66 » : p=16p = \frac16 (l'échec regroupe les cinq autres faces). Maëlle, joueuse de basket, tire un lancer franc, succès « le panier est marqué » : p=0,8p = 0{,}8.

3.2 Loi de Bernoulli

Définition. On associe à une épreuve de Bernoulli de paramètre pp la variable aléatoire XX qui vaut 11 en cas de succès et 00 en cas d'échec. Sa loi est

xx 00 11
P(X=x)P(X = x) 1−p1 - p pp

On dit que XX suit la loi de Bernoulli de paramètre pp.

Espérance et variance (formules de Première).

  • E(X)=0×(1−p)+1×p=pE(X) = 0 \times (1 - p) + 1 \times p = p ;
  • V(X)=(0−p)2(1−p)+(1−p)2 p=p(1−p)(p+(1−p))=p(1−p)V(X) = (0 - p)^2(1 - p) + (1 - p)^2\,p = p(1 - p)\big(p + (1 - p)\big) = p(1 - p), donc σ(X)=p(1−p)\sigma(X) = \sqrt{p(1 - p)}.

Exemple 6. Pour un lancer franc de Maëlle, p=0,8p = 0{,}8 : E(X)=0,8E(X) = 0{,}8 et V(X)=0,8×0,2=0,16V(X) = 0{,}8 \times 0{,}2 = 0{,}16, donc σ(X)=0,4\sigma(X) = 0{,}4.

3.3 Schéma de Bernoulli

Définition. Un schéma de Bernoulli de paramètres nn et pp est la répétition de nn épreuves de Bernoulli identiques (même paramètre pp) et indépendantes.

  • Une issue est une liste de nn résultats, que l'on code par des 11 (succès) et des 00 (échec) : l'univers est {0 ;1}n\{0\,;1\}^n, qui a 2n2^n éléments (chapitre 6).
  • D'après le modèle de la leçon 2, une issue qui comporte kk succès et n−kn - k échecs a pour probabilité pk(1−p)n−kp^k(1 - p)^{n-k}.
  • Les issues ne sont donc pas équiprobables, sauf si p=12p = \frac12 : chacune a alors la probabilité 12n\frac{1}{2^n}.

Exemple 7. Maëlle tire trois lancers francs, de façon indépendante : c'est un schéma de Bernoulli de paramètres 33 et 0,80{,}8. L'arbre a 88 chemins. P(SSS)=0,83=0,512P(SSS) = 0{,}8^3 = 0{,}512 ; P(SS‾S)=0,8×0,2×0,8=0,128P(S\overline{S}S) = 0{,}8 \times 0{,}2 \times 0{,}8 = 0{,}128 ; P(S‾ S‾ S‾)=0,23=0,008P(\overline{S}\,\overline{S}\,\overline{S}) = 0{,}2^3 = 0{,}008. Trois issues ont la probabilité 0,1280{,}128 (deux succès) et trois ont la probabilité 0,0320{,}032 (un succès).

3.4 Un peu d'histoire

La parution de l'Ars Conjectandi de Jacques Bernoulli, en 1713, qui reprend notamment d'anciens travaux de Huygens, marque une rupture dans l'histoire des probabilités. On y trouve la première étude de la loi du nombre de succès, appelée aujourd'hui loi binomiale, et un résultat majeur, la loi des grands nombres, que l'on retrouvera au chapitre 16.

Leçon 4 : La loi binomiale

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Définition

Définition. On considère un schéma de Bernoulli de paramètres nn et pp, et on note XX le nombre de succès obtenus. XX prend les valeurs 0,1,…,n0, 1, \ldots, n. Sa loi s'appelle la loi binomiale de paramètres nn et pp, notée B(n,p)\mathcal{B}(n, p). On dit que XX suit la loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p).

Avec des nombres décimaux, on sépare les paramètres par un point-virgule : B(20 ;0,85)\mathcal{B}(20\,;0{,}85).

4.2 La probabilité de k succès

Théorème (programme). Si XX suit la loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p), alors pour tout entier kk tel que 0⩽k⩽n0 \leqslant k \leqslant n : P(X=k)=(nk) pk (1−p)n−k.P(X = k) = \binom{n}{k}\,p^k\,(1 - p)^{n-k}.

Démonstration (programme).

  1. Une issue qui comporte kk succès et n−kn - k échecs est une liste de nn résultats d'épreuves indépendantes. Sa probabilité est le produit de kk facteurs égaux à pp et de n−kn - k facteurs égaux à 1−p1 - p, soit pk(1−p)n−kp^k(1 - p)^{n-k}.
  2. Une telle issue est connue dès que l'on choisit les rangs des kk succès parmi les nn rangs : c'est une partie à kk éléments de {1 ;2 ;… ;n}\{1\,;2\,;\ldots\,;n\}. Il y a donc (nk)\binom{n}{k} issues à kk succès (chapitre 6 : mots de longueur nn à kk lettres 11, chemins de l'arbre qui passent kk fois par SS).
  3. L'événement {X=k}\{X = k\} est la réunion de ces (nk)\binom{n}{k} issues, deux à deux incompatibles. On additionne leurs probabilités, toutes égales à pk(1−p)n−kp^k(1 - p)^{n-k} : P(X=k)=(nk) pk (1−p)n−kP(X = k) = \binom{n}{k}\,p^k\,(1 - p)^{n-k}.

C'est pour cette raison que les nombres (nk)\binom{n}{k} s'appellent les coefficients binomiaux.

4.3 Exemples

Exemple 8. Le nombre XX de lancers francs réussis par Maëlle sur trois suit la loi B(3 ;0,8)\mathcal{B}(3\,;0{,}8). Trois issues comportent deux succès (SSS‾SS\overline{S}, SS‾SS\overline{S}S, S‾SS\overline{S}SS), chacune de probabilité 0,82×0,2=0,1280{,}8^2 \times 0{,}2 = 0{,}128 : P(X=2)=(32)×0,82×0,2=3×0,128=0,384P(X = 2) = \binom32 \times 0{,}8^2 \times 0{,}2 = 3 \times 0{,}128 = 0{,}384. La loi complète est

kk 00 11 22 33
P(X=k)P(X = k) 0,0080{,}008 0,0960{,}096 0,3840{,}384 0,5120{,}512

La somme vaut 11 et la valeur la plus probable est 33.

Exemple 9. On lance cinq fois un dé équilibré et l'on compte les 66 obtenus. Le nombre XX de 66 suit la loi B(5 ;16)\mathcal{B}\left(5\,;\frac16\right) : P(X=2)=(52)(16)2(56)3=10×136×125216=6253 888≈0,161P(X = 2) = \binom52 \left(\frac16\right)^2\left(\frac56\right)^3 = 10 \times \frac{1}{36} \times \frac{125}{216} = \frac{625}{3\,888} \approx 0{,}161.

4.4 Remarques

  • La somme des probabilités vaut 1. Les événements {X=0},{X=1},…,{X=n}\{X = 0\}, \{X = 1\}, \ldots, \{X = n\} forment une partition de l'univers, donc ∑k=0n(nk)pk(1−p)n−k=1\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}p^k(1 - p)^{n-k} = 1.
  • Le nombre d'échecs. Dans le même schéma, le nombre d'échecs n−Xn - X suit la loi B(n,1−p)\mathcal{B}(n, 1 - p) : il suffit d'appeler « succès » l'échec. Pour p=12p = \frac12, la loi est symétrique : P(X=k)=P(X=n−k)P(X = k) = P(X = n - k), car (nn−k)=(nk)\binom{n}{n-k} = \binom{n}{k}.
  • Diagramme en bâtons. On représente la loi de XX par un bâton de hauteur P(X=k)P(X = k) au-dessus de chaque valeur kk. Les bâtons les plus hauts se trouvent autour des valeurs les plus probables.
  • Espérance et variance. Elles seront établies au chapitre 15 (sommes de variables aléatoires).

4.5 Reconnaître une loi binomiale

Pour justifier qu'une variable XX suit une loi binomiale, on vérifie trois points :

  1. on répète nn fois la même épreuve à deux issues, de probabilité de succès pp ;
  2. les répétitions sont indépendantes ;
  3. XX compte le nombre de succès.

On conclut : « XX suit la loi binomiale de paramètres nn et pp ».

Contre-exemple. Dans l'exemple 5, le nombre de bonbons à la menthe obtenus en deux tirages sans remise a pour loi 310\frac{3}{10}, 610\frac{6}{10}, 110\frac{1}{10} (pour 00, 11, 22 bonbons). Ce n'est pas la loi B(2 ;25)\mathcal{B}\left(2\,;\frac25\right), qui donne 925\frac{9}{25}, 1225\frac{12}{25}, 425\frac{4}{25} : les tirages ne sont pas indépendants.

Remarque. Quand on prélève quelques individus dans une très grande population, les énoncés disent souvent que le prélèvement « est assimilé à un tirage avec remise » : c'est cette phrase qui autorise le modèle binomial.

Leçon 5 : Calculer avec la loi binomiale

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Les trois types de probabilités

Soit XX de loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p).

  • Une valeur : P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X = k) = \binom{n}{k}p^k(1 - p)^{n-k}.
  • Probabilité cumulée : P(X⩽k)=P(X=0)+P(X=1)+⋯+P(X=k)P(X \leqslant k) = P(X = 0) + P(X = 1) + \cdots + P(X = k), car les événements {X=i}\{X = i\} sont incompatibles.
  • Entre deux valeurs : pour des entiers a⩽ba \leqslant b, P(a⩽X⩽b)=P(X⩽b)−P(X⩽a−1)P(a \leqslant X \leqslant b) = P(X \leqslant b) - P(X \leqslant a - 1). Attention : on retire P(X⩽a−1)P(X \leqslant a - 1) et non P(X⩽a)P(X \leqslant a), pour garder la valeur aa.

Autres écritures utiles, pour un entier aa : P(X⩾a)=1−P(X⩽a−1)P(X \geqslant a) = 1 - P(X \leqslant a - 1) ; P(X<a)=P(X⩽a−1)P(X < a) = P(X \leqslant a - 1) ; P(X>a)=1−P(X⩽a)P(X > a) = 1 - P(X \leqslant a).

5.2 À la calculatrice

Les calculatrices du lycée ont un menu des lois de probabilité. On choisit la loi binomiale, puis :

  • « probabilité d'une valeur » : on entre nn, pp et kk, et l'on obtient P(X=k)P(X = k) ;
  • « probabilité cumulée » : on entre nn, pp et kk, et l'on obtient P(X⩽k)P(X \leqslant k).

Le nom exact des menus dépend du modèle de calculatrice : il est indiqué dans sa notice.

5.3 Un exemple complet

Exemple 10. Un jardinier sème 2020 graines de tomate. Chacune germe avec la probabilité 0,850{,}85, indépendamment des autres. On répète 2020 fois la même épreuve de Bernoulli (succès : la graine germe), de façon indépendante, et XX compte les succès : XX suit la loi B(20 ;0,85)\mathcal{B}(20\,;0{,}85).

  • P(X=17)=(2017)×0,8517×0,153≈0,243P(X = 17) = \binom{20}{17} \times 0{,}85^{17} \times 0{,}15^3 \approx 0{,}243, avec (2017)=1 140\binom{20}{17} = 1\,140.
  • P(X⩽15)≈0,170P(X \leqslant 15) \approx 0{,}170 (somme de 1616 probabilités, ou probabilité cumulée).
  • P(15⩽X⩽18)=P(X⩽18)−P(X⩽14)≈0,824−0,067≈0,757P(15 \leqslant X \leqslant 18) = P(X \leqslant 18) - P(X \leqslant 14) \approx 0{,}824 - 0{,}067 \approx 0{,}757.
  • P(X⩾18)=1−P(X⩽17)≈0,405P(X \geqslant 18) = 1 - P(X \leqslant 17) \approx 0{,}405.

La valeur la plus probable est 1717.

5.4 En Python

from math import comb

def proba(n, p, k):
    return comb(n, k) * p**k * (1 - p)**(n - k)

def cumul(n, p, k):
    return sum([proba(n, p, i) for i in range(k + 1)])
  • comb(n, k) calcule (nk)\binom{n}{k} ; p**k est pkp^k.
  • range(k + 1) donne les entiers ii de 00 à kk ; la liste en compréhension contient les P(X=i)P(X = i), et sum les additionne.

Par exemple, proba(20, 0.85, 17) renvoie 0.24282889614926761 et cumul(20, 0.85, 15) renvoie 0.1701531537313463. Pour un encadrement : cumul(20, 0.85, 18) - cumul(20, 0.85, 14).

En langage naturel, la fonction cumul s'écrit avec une boucle : s←0s \leftarrow 0, puis pour ii allant de 00 à kk, s←s+P(X=i)s \leftarrow s + P(X = i).

Leçon 6 : Seuil, comparaison, optimisation

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Un seuil pour « au moins un succès »

Si XX suit la loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p), le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès » : P(X⩾1)=1−P(X=0)=1−(1−p)n.P(X \geqslant 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - (1 - p)^n. Pour trouver le plus petit nn tel que P(X⩾1)⩾sP(X \geqslant 1) \geqslant s, on résout (1−p)n⩽1−s(1 - p)^n \leqslant 1 - s avec le logarithme (chapitre 8). Comme 0<1−p<10 < 1 - p < 1, ln⁡(1−p)<0\ln(1 - p) < 0 : on change le sens de l'inégalité en divisant par ce nombre.

Exemple 11. Une archère touche le centre de la cible avec la probabilité 0,150{,}15 à chaque flèche, indépendamment des autres. Pour nn flèches, le nombre XX de centres suit la loi B(n ;0,15)\mathcal{B}(n\,;0{,}15) et P(X⩾1)=1−0,85nP(X \geqslant 1) = 1 - 0{,}85^n. 1−0,85n⩾0,99  ⟺  0,85n⩽0,01  ⟺  nln⁡(0,85)⩽ln⁡(0,01)  ⟺  n⩾ln⁡(0,01)ln⁡(0,85)≈28,3.1 - 0{,}85^n \geqslant 0{,}99 \iff 0{,}85^n \leqslant 0{,}01 \iff n\ln(0{,}85) \leqslant \ln(0{,}01) \iff n \geqslant \frac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}85)} \approx 28{,}3. Il faut au moins 2929 flèches. Vérification : 1−0,8528≈0,9891 - 0{,}85^{28} \approx 0{,}989 et 1−0,8529≈0,9911 - 0{,}85^{29} \approx 0{,}991.

6.2 Un seuil par un algorithme

Quand l'inéquation ne se résout pas par le calcul, on augmente nn jusqu'à ce que la condition soit remplie, à la calculatrice (tableau de valeurs) ou avec une boucle « tant que ».

Exemple 12. Avec l'archère de l'exemple 11, combien de flèches faut-il pour toucher au moins deux fois le centre avec une probabilité d'au moins 0,90{,}9 ? P(X⩾2)=1−P(X=0)−P(X=1)=1−0,85n−n×0,15×0,85n−1P(X \geqslant 2) = 1 - P(X = 0) - P(X = 1) = 1 - 0{,}85^n - n \times 0{,}15 \times 0{,}85^{n-1}. Le tableau de valeurs donne P(X⩾2)≈0,894P(X \geqslant 2) \approx 0{,}894 pour n=24n = 24 et ≈0,907\approx 0{,}907 pour n=25n = 25 : il faut au moins 2525 flèches.

def fleches():
    n = 2
    while 1 - cumul(n, 0.15, 1) < 0.9:
        n = n + 1
    return n

fleches() renvoie 25.

6.3 Une comparaison

Exemple 13. Jeu A : on lance quatre fois un dé, et on gagne si l'on obtient au moins un 66. Jeu B : on lance vingt-quatre fois deux dés, et on gagne si l'on obtient au moins un double 66.

  • Jeu A : le nombre de 66 suit la loi B(4 ;16)\mathcal{B}\left(4\,;\frac16\right), et l'on gagne avec la probabilité 1−(56)4≈0,5181 - \left(\frac56\right)^4 \approx 0{,}518.
  • Jeu B : un double 66 a pour probabilité 16×16=136\frac16 \times \frac16 = \frac{1}{36} ; le nombre de doubles 66 suit la loi B(24 ;136)\mathcal{B}\left(24\,;\frac{1}{36}\right), et l'on gagne avec la probabilité 1−(3536)24≈0,4911 - \left(\frac{35}{36}\right)^{24} \approx 0{,}491.

Le jeu A est plus favorable.

6.4 Une optimisation

Exemple 14. On lance nn dés et l'on gagne si l'on obtient exactement un 66. Le nombre de 66 suit la loi B(n ;16)\mathcal{B}\left(n\,;\frac16\right), donc la probabilité de gagner est un=n×16×(56)n−1u_n = n \times \frac16 \times \left(\frac56\right)^{n-1}.

nn 11 22 33 44 55 66 77 88
unu_n 0,1670{,}167 0,2780{,}278 0,3470{,}347 0,3860{,}386 0,4020{,}402 0,4020{,}402 0,3910{,}391 0,3720{,}372

Justification. un+1un=n+1n×56\dfrac{u_{n+1}}{u_n} = \dfrac{n+1}{n} \times \dfrac56, et 5(n+1)6n⩾1  ⟺  5n+5⩾6n  ⟺  n⩽5\dfrac{5(n+1)}{6n} \geqslant 1 \iff 5n + 5 \geqslant 6n \iff n \leqslant 5, avec égalité pour n=5n = 5. La suite (un)(u_n) croît jusqu'à u5u_5, u6=u5u_6 = u_5, puis elle décroît. Le maximum, (56)5≈0,402\left(\frac56\right)^5 \approx 0{,}402, est atteint pour 55 ou 66 dés.

On peut aussi optimiser en fonction de pp, en étudiant une fonction de pp avec sa dérivée (exercice 12).

Leçon 7 : Intervalles et surréservation

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Un intervalle de grande probabilité

Problème (programme). XX suit une loi binomiale et α\alpha est un réel de ]0 ;1[]0\,;1[ (le « risque »). On cherche un intervalle II tel que P(X∈I)⩾1−αP(X \in I) \geqslant 1 - \alpha, c'est-à-dire tel que la probabilité que XX soit en dehors de II soit au plus α\alpha.

Une méthode courante : partager le risque en deux moitiés.

  • aa est le plus petit entier tel que P(X⩽a)>α2P(X \leqslant a) > \frac{\alpha}{2} ;
  • bb est le plus petit entier tel que P(X⩽b)⩾1−α2P(X \leqslant b) \geqslant 1 - \frac{\alpha}{2}.

Alors P(X<a)=P(X⩽a−1)⩽α2P(X < a) = P(X \leqslant a - 1) \leqslant \frac{\alpha}{2} et P(X>b)=1−P(X⩽b)⩽α2P(X > b) = 1 - P(X \leqslant b) \leqslant \frac{\alpha}{2}, donc P(a⩽X⩽b)⩾1−αP(a \leqslant X \leqslant b) \geqslant 1 - \alpha : l'intervalle I=[a ;b]I = [a\,;b] convient.

Exemple 15. On lance 100100 fois une pièce équilibrée ; le nombre XX de piles suit la loi B(100 ;0,5)\mathcal{B}(100\,;0{,}5). Avec α=0,05\alpha = 0{,}05 :

kk 3939 4040 5959 6060
P(X⩽k)P(X \leqslant k) 0,0180{,}018 0,0280{,}028 0,9720{,}972 0,9820{,}982

Donc a=40a = 40 et b=60b = 60, et P(40⩽X⩽60)≈0,965⩾0,95P(40 \leqslant X \leqslant 60) \approx 0{,}965 \geqslant 0{,}95. Obtenir moins de 4040 piles, ou plus de 6060, est rare avec une pièce équilibrée.

Une probabilité inférieure à α. On peut aussi chercher un intervalle de petite probabilité. Avec la même pièce, P(X⩽41)≈0,044⩽0,05P(X \leqslant 41) \approx 0{,}044 \leqslant 0{,}05 et P(X⩽42)≈0,067P(X \leqslant 42) \approx 0{,}067 : I=[0 ;41]I = [0\,;41] est le plus grand intervalle de la forme [0 ;k][0\,;k] tel que P(X∈I)⩽0,05P(X \in I) \leqslant 0{,}05.

def intervalle(n, p, alpha):
    a = 0
    while cumul(n, p, a) <= alpha / 2:
        a = a + 1
    b = a
    while cumul(n, p, b) < 1 - alpha / 2:
        b = b + 1
    return a, b

intervalle(100, 0.5, 0.05) renvoie (40, 60).

7.2 Le problème de la surréservation

Problème (programme). Étant donné une variable XX de loi binomiale et un réel α>0\alpha > 0, déterminer le plus petit entier kk tel que P(X>k)⩽αP(X > k) \leqslant \alpha.

Exemple 16. Une compagnie aérienne sait que 10 %10\,\% des passagers ne se présentent pas à l'embarquement. Pour un vol, elle vend 100100 billets. Chaque passager se présente avec la probabilité 0,90{,}9, indépendamment des autres : le nombre XX de passagers présents suit la loi B(100 ;0,9)\mathcal{B}(100\,;0{,}9). Avec kk places, le risque de manquer de places est P(X>k)=1−P(X⩽k)P(X > k) = 1 - P(X \leqslant k).

kk 9292 9393 9494 9595 9696
P(X>k)P(X > k) 0,2060{,}206 0,1170{,}117 0,0580{,}058 0,0240{,}024 0,0080{,}008

Pour α=0,05\alpha = 0{,}05, le plus petit kk est 9595 : avec 9595 places, la compagnie peut vendre 100100 billets avec un risque de surréservation inférieur à 0,050{,}05. Pour α=0,01\alpha = 0{,}01, il faut 9696 places.

def seuil(n, p, alpha):
    k = 0
    while 1 - cumul(n, p, k) > alpha:
        k = k + 1
    return k

seuil(100, 0.9, 0.05) renvoie 95 et seuil(100, 0.9, 0.01) renvoie 96. La boucle s'arrête au premier kk tel que P(X>k)⩽αP(X > k) \leqslant \alpha.

Leçon 8 : Simuler avec Python

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 Une épreuve de Bernoulli

from random import random

def bernoulli(p):
    if random() < p:
        return 1
    return 0

random() renvoie un réel au hasard dans [0 ;1[[0\,;1[ ; il est strictement inférieur à pp avec la probabilité pp (c'est la longueur de l'intervalle [0 ;p[[0\,;p[). La fonction bernoulli renvoie donc 11 avec la probabilité pp, et 00 sinon.

8.2 Une variable de loi binomiale

def binomiale(n, p):
    return sum([bernoulli(p) for i in range(n)])

La liste contient nn résultats indépendants, égaux à 00 ou 11 ; leur somme compte les 11, c'est-à-dire les succès. Chaque appel donne un nouveau résultat au hasard ; une exécution de binomiale(8, 0.5) deux fois de suite a donné 4, puis 5.

8.3 La planche de Galton

Une bille tombe à travers nn rangées de clous. À chaque clou, elle part à droite ou à gauche avec la probabilité 12\frac12, indépendamment des autres clous. Si l'on appelle succès « partir à droite », la case d'arrivée (numérotée de 00 à nn de gauche à droite) est le nombre de succès : elle suit la loi B(n ;12)\mathcal{B}\left(n\,;\frac12\right). La case kk est atteinte avec la probabilité (nk)2n\frac{\binom{n}{k}}{2^n} : les billes s'accumulent au centre. La planche porte le nom de l'Anglais Galton, qui a étudié la répartition des données autour de la moyenne.

8.4 Un échantillon d'une variable aléatoire

Un échantillon de taille NN d'une variable aléatoire est obtenu en répétant NN fois, de façon indépendante, l'expérience qui la définit. En Python, c'est une liste de NN simulations.

def echantillon(n, p, N):
    return [binomiale(n, p) for i in range(N)]

E = echantillon(8, 0.5, 1000)
print([E.count(k) for k in range(9)])

E.count(k) compte les éléments de la liste égaux à k. Une exécution a affiché [5, 26, 103, 211, 273, 224, 119, 36, 3] : ce sont les nombres de billes dans les neuf cases d'une planche de Galton à 88 rangées.

Case kk 00 11 22 33 44 55 66 77 88
Fréquence 0,0050{,}005 0,0260{,}026 0,1030{,}103 0,2110{,}211 0,2730{,}273 0,2240{,}224 0,1190{,}119 0,0360{,}036 0,0030{,}003
P(X=k)P(X = k) 0,0040{,}004 0,0310{,}031 0,1090{,}109 0,2190{,}219 0,2730{,}273 0,2190{,}219 0,1090{,}109 0,0310{,}031 0,0040{,}004

Les fréquences sont proches des probabilités, sans leur être égales ; une autre exécution donne d'autres nombres. Le chapitre 16 (loi des grands nombres) expliquera pourquoi l'écart reste petit quand NN est grand.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Probabilités conditionnelles : PA(B)=P(A∩B)P(A)P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} ; sur un arbre, on multiplie le long d'un chemin et on additionne les chemins qui mènent à un même événement (probabilités totales). AA et BB sont indépendants si P(A∩B)=P(A)P(B)P(A \cap B) = P(A)P(B).
  2. Succession d'épreuves indépendantes : une issue est une liste (x1 ;… ;xn)(x_1\,;\ldots\,;x_n) d'un produit cartésien, et sa probabilité est le produit P(x1)×⋯×P(xn)P(x_1) \times \cdots \times P(x_n). Pour deux ou trois épreuves dépendantes, on multiplie avec des probabilités conditionnelles.
  3. Bernoulli : une épreuve à deux issues, succès (pp) et échec (1−p1 - p) ; la loi de Bernoulli a pour espérance pp et pour variance p(1−p)p(1 - p) ; un schéma de Bernoulli répète nn fois la même épreuve, de façon indépendante.
  4. Loi binomiale : le nombre de succès XX d'un schéma de Bernoulli suit la loi B(n,p)\mathcal{B}(n, p), et P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X = k) = \dbinom{n}{k}p^k(1 - p)^{n-k} pour 0⩽k⩽n0 \leqslant k \leqslant n (démontré par la règle du produit et le dénombrement des chemins à kk succès).
  5. Calculs : P(X⩽k)P(X \leqslant k) est une probabilité cumulée ; P(a⩽X⩽b)=P(X⩽b)−P(X⩽a−1)P(a \leqslant X \leqslant b) = P(X \leqslant b) - P(X \leqslant a - 1) ; P(X⩾a)=1−P(X⩽a−1)P(X \geqslant a) = 1 - P(X \leqslant a - 1).
  6. Seuil : P(X⩾1)=1−(1−p)nP(X \geqslant 1) = 1 - (1 - p)^n ; on résout avec ln⁡\ln, en changeant le sens quand on divise par ln⁡(1−p)<0\ln(1 - p) < 0, ou avec une boucle « tant que ».
  7. Intervalles et surréservation : on cherche II tel que P(X∈I)⩾1−αP(X \in I) \geqslant 1 - \alpha en lisant les probabilités cumulées, et le plus petit kk tel que P(X>k)⩽αP(X > k) \leqslant \alpha avec un algorithme.
  8. Simulation : random() < p simule un succès de probabilité pp ; un échantillon est une liste de NN simulations, dont les fréquences sont proches des probabilités.
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