7.1 Le même raisonnement
Dans cette leçon, a est un réel et f une fonction continue sur un intervalle I. Le second membre n'est plus constant. On ne sait pas toujours trouver une solution, mais dès qu'on en connaît une, on les a toutes.
Théorème. Soit p une solution particulière de l'équation (E):y′=ay+f sur I. Les solutions de (E) sur I sont les fonctions
x↦Ceax+p(x),ouˋ C est un reˊel quelconque.
Justification. Comme p est solution, p′=ap+f. Pour toute fonction y dérivable sur I, posons z=y−p. Alors
y′=ay+f⟺y′−p′=ay+f−ap−f⟺z′=az.
Le raisonnement de la leçon 5 s'applique sur l'intervalle I : z(x)=Ceax, donc y(x)=Ceax+p(x).
La leçon 6 est le cas où f est la constante b et p la solution constante.
7.2 La méthode
- Vérifier que la fonction p donnée est solution de (E) (ou la déterminer, si l'énoncé en donne la forme).
- Écrire les solutions de y′=ay.
- Ajouter p : les solutions de (E) sont les fonctions x↦Ceax+p(x).
- Utiliser la condition initiale, s'il y en a une, pour trouver C.
Attention à ne pas confondre : on ajoute p, et non pas f.
Exemple 35. Soit (E):y′=2y−2x+1. Vérifier que p:x↦x est solution, puis résoudre (E).
p′(x)=1 et 2p(x)−2x+1=2x−2x+1=1 : p est solution. Les solutions de (E) sont x↦Ce2x+x.
Exemple 36. Soit (E):y′+y=2e−x. Vérifier que p:x↦2xe−x est solution, puis trouver la solution telle que y(0)=1.
On a (E)⟺y′=−y+2e−x. De plus p′(x)=2e−x−2xe−x, donc p′(x)+p(x)=2e−x : p est solution.
Les solutions sont x↦Ce−x+2xe−x=(2x+C)e−x. La condition y(0)=C=1 donne la solution x↦(2x+1)e−x.
Exemple 37. Soit (E):y′=y−2sinx. La fonction p:x↦sinx+cosx est solution : p′(x)=cosx−sinx et p(x)−2sinx=cosx−sinx. Les solutions de (E) sont x↦Cex+sinx+cosx.
Exemple 38 (trouver p quand sa forme est donnée). Soit (E):y′=2y+4x. On cherche une solution de la forme p(x)=αx+β. Alors p′(x)=α, et (E) donne, pour tout réel x,
α=2αx+2β+4x,soit(2α+4)x+2β−α=0.
Cette égalité vraie pour tout x impose 2α+4=0 et 2β−α=0 : α=−2 et β=−1. Donc p(x)=−2x−1, et les solutions de (E) sont x↦Ce2x−2x−1.
7.3 Un problème : la serre au petit matin
Exemple 39. Le chauffage d'une serre s'éteint à 6 heures du matin. On note t le temps écoulé depuis ce moment, en heures. La température extérieure monte régulièrement : elle vaut 10+t degrés Celsius pendant les six heures suivantes. On admet que la température T(t) de la serre vérifie
T′=−0,5(T−(10+t)),T(0)=20.
En développant : T′=−0,5T+5+0,5t.
Solution particulière. La fonction p:t↦t+8 convient : p′(t)=1 et −0,5(t+8)+5+0,5t=1.
Toutes les solutions. T(t)=Ce−0,5t+t+8. La condition T(0)=C+8=20 donne C=12 :
T(t)=12e−0,5t+t+8.
Lecture. T′(t)=−6e−0,5t+1 s'annule pour e−0,5t=61, soit t=2ln6≈3,58. La serre se refroidit jusqu'à ce moment, vers 9 h 35, où sa température minimale vaut T(2ln6)=10+2ln6≈13,6 °C, puis elle se réchauffe en suivant l'extérieur.