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Chapitre 2 · Cours écrit

Limites de suites

Dans tout le chapitre, (un)(u_n) désigne une suite de nombres réels définie pour tout entier naturel nn (ou à partir d'un certain rang). On s'intéresse à ce que deviennent ses termes quand nn devient très grand : c'est son comportement asymptotique. Il ne faut pas le confondre avec ses propriétés globales (sens de variation, majorant, minorant), qui portent sur tous les termes.

Leçon 1 : Suites qui tendent vers l'infini

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Un premier exemple

On considère la suite définie par un=n2u_n = n^2. Ses premiers termes valent 0,1,4,9,16,…0, 1, 4, 9, 16, \ldots et ils grandissent sans s'arrêter.

Choisissons un seuil, par exemple A=10 000A = 10\,000. Si n≥100n \geq 100, alors n2≥1002=10 000n^2 \geq 100^2 = 10\,000 : à partir du rang 100100, tous les termes dépassent 10 00010\,000. Avec A=106A = 10^6, il suffit de prendre n≥1000n \geq 1000. Quel que soit le seuil AA choisi, on trouve un rang à partir duquel tous les termes dépassent AA.

1.2 Définition

Définition (programme). La suite (un)(u_n) tend vers +∞+\infty si tout intervalle de la forme [A ;+∞[[A\,;+\infty[ contient toutes les valeurs unu_n à partir d'un certain rang. On note lim⁡n→+∞un=+∞.\lim_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

Autrement dit : pour tout réel AA, il existe un rang NN tel que, pour tout n≥Nn \geq N, un≥Au_n \geq A. Le rang NN dépend de AA : plus AA est grand, plus il faut aller loin.

Définition (programme). La suite (un)(u_n) tend vers −∞-\infty si tout intervalle de la forme ]−∞ ;A]]-\infty\,;A] contient toutes les valeurs unu_n à partir d'un certain rang. On note lim⁡n→+∞un=−∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = -\infty.

Lien entre les deux. lim⁡n→+∞un=−∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = -\infty si et seulement si lim⁡n→+∞(−un)=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} (-u_n) = +\infty.

Exemple 1. vn=5−2nv_n = 5 - 2n. Ses termes valent 5,3,1,−1,…5, 3, 1, -1, \ldots Pour passer sous −1000-1000 : 5−2n≤−1000  ⟺  2n≥1005  ⟺  n≥502,55 - 2n \leq -1000 \iff 2n \geq 1005 \iff n \geq 502{,}5. À partir du rang 503503, vn≤−1000v_n \leq -1000. Plus généralement, pour tout réel AA, 5−2n≤A  ⟺  n≥5−A25 - 2n \leq A \iff n \geq \dfrac{5 - A}{2} : tout intervalle ]−∞ ;A]]-\infty\,;A] contient les termes à partir d'un certain rang. Donc lim⁡n→+∞vn=−∞\lim\limits_{n\to+\infty} v_n = -\infty.

1.3 Suites croissantes non majorées

Rappel : une suite (un)(u_n) est majorée s'il existe un réel MM tel que un≤Mu_n \leq M pour tout nn ; elle est minorée s'il existe un réel mm tel que un≥mu_n \geq m pour tout nn.

Théorème (démonstration du programme). Toute suite croissante et non majorée tend vers +∞+\infty.

Démonstration. Soit AA un réel quelconque.

  1. La suite n'est pas majorée, donc AA n'est pas un majorant : il existe un rang NN tel que uN>Au_N > A.
  2. La suite est croissante, donc pour tout n≥Nn \geq N, un≥uNu_n \geq u_N, et donc un>Au_n > A.
  3. Ainsi, l'intervalle [A ;+∞[[A\,;+\infty[ contient tous les termes à partir du rang NN. C'est la définition : lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

De même, toute suite décroissante et non minorée tend vers −∞-\infty (même raisonnement, ou on l'applique à (−un)(-u_n)).

Exemple 2. un=nu_n = \sqrt n.

  • La fonction racine carrée est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, donc (un)(u_n) est croissante.
  • Elle n'est pas majorée : soit M>0M > 0 ; si n>M2n > M^2, alors n>M2=M\sqrt n > \sqrt{M^2} = M. Aucun réel MM n'est donc un majorant.

D'après le théorème, lim⁡n→+∞n=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} \sqrt n = +\infty.

1.4 Deux pièges

« Non majorée » ne suffit pas. La suite wn=n(1+(−1)n)w_n = n\big(1 + (-1)^n\big) vaut 2n2n si nn est pair et 00 si nn est impair. Elle n'est pas majorée (ses termes pairs dépassent tout réel), mais une infinité de ses termes valent 00 : elle ne tend pas vers +∞+\infty.

Écrire la négation. Dire que « (un)(u_n) ne tend pas vers +∞+\infty », c'est nier « pour tout réel AA, il existe un rang NN tel que, pour tout n≥Nn \geq N, un≥Au_n \geq A ». La négation est :

il existe un réel AA tel que, pour tout rang NN, il existe un entier n≥Nn \geq N avec un<Au_n < A.

Pour (wn)(w_n), le réel A=1A = 1 convient : pour tout rang NN, l'entier impair n=2N+1n = 2N + 1 vérifie n≥Nn \geq N et wn=0<1w_n = 0 < 1.

« Croissante » ne suffit pas. La suite un=1−1n+1u_n = 1 - \dfrac{1}{n+1} est croissante, mais un<1u_n < 1 pour tout nn : elle est majorée par 11 et ne tend pas vers +∞+\infty. On verra à la leçon 2 qu'elle converge vers 11.

Enfin, une suite qui tend vers +∞+\infty n'est pas forcément croissante : tn=n+2(−1)nt_n = n + 2(-1)^n vérifie tn≥n−2t_n \geq n - 2, donc tn≥At_n \geq A dès que n≥A+2n \geq A + 2 ; elle tend vers +∞+\infty, mais t1=−1<t0=2t_1 = -1 < t_0 = 2.

Leçon 2 : Suites convergentes

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 L'idée

La suite un=1−110nu_n = 1 - \dfrac{1}{10^n} (n≥1n \geq 1) a pour termes 0,90{,}9 ; 0,990{,}99 ; 0,9990{,}999… Au rang nn, l'écriture décimale de unu_n compte nn chiffres 99 après la virgule. Les termes deviennent aussi proches de 11 qu'on veut, dès que nn est assez grand : la suite converge vers 11.

2.2 Définition

Définition (programme). La suite (un)(u_n) converge vers le nombre réel ℓ\ell si tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient toutes les valeurs unu_n à partir d'un certain rang. On note lim⁡n→+∞un=ℓ.\lim_{n\to+\infty} u_n = \ell.

Un intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient toujours un intervalle de la forme ]ℓ−r ;ℓ+r[]\ell - r\,;\ell + r[ avec r>0r > 0. Il suffit donc de vérifier que, pour tout r>0r > 0, les termes finissent par rester dans ]ℓ−r ;ℓ+r[]\ell - r\,;\ell + r[.

Unicité (admise). Si une suite converge, sa limite est unique.

Exemple 3. un=2+1nu_n = 2 + \dfrac1n (n≥1n \geq 1). Prenons l'intervalle ouvert ]1,9 ;2,1[]1{,}9\,;2{,}1[, qui contient 22.

  • On a toujours un>2>1,9u_n > 2 > 1{,}9.
  • un<2,1  ⟺  1n<0,1  ⟺  n>10u_n < 2{,}1 \iff \dfrac1n < 0{,}1 \iff n > 10. Attention : u10=2,1u_{10} = 2{,}1 n'appartient pas à l'intervalle ouvert.

À partir du rang 1111, tous les termes sont dans ]1,9 ;2,1[]1{,}9\,;2{,}1[. Avec ]1,99 ;2,01[]1{,}99\,;2{,}01[, il faut aller jusqu'au rang 101101. Plus généralement, pour tout r>0r > 0, un∈ ]2−r ;2+r[u_n \in\, ]2 - r\,;2 + r[ dès que n>1rn > \dfrac1r. Donc lim⁡n→+∞(2+1n)=2\lim\limits_{n\to+\infty} \left(2 + \dfrac1n\right) = 2.

2.3 Limites de référence

Suite Limite
1n\dfrac1n, 1n2\dfrac{1}{n^2}, 1nk\dfrac{1}{n^k} (k≥1k \geq 1 entier), 1n\dfrac{1}{\sqrt n} 00
nn, n2n^2, nkn^k (k≥1k \geq 1 entier), n\sqrt n +∞+\infty
suite constante égale à cc cc

Pourquoi 1n→0\frac1n \to 0 ? Pour tout réel a>0a > 0, 1n∈ ]−a ;a[\dfrac1n \in\, ]-a\,;a[ dès que n>1an > \dfrac1a. Les autres limites s'obtiennent de la même façon, ou avec la leçon 1 (nkn^k et n\sqrt n sont croissantes et non majorées).

2.4 Suites divergentes

Définition. Une suite qui ne converge pas est dite divergente. Deux cas sont possibles :

  • elle tend vers +∞+\infty ou vers −∞-\infty (leçon 1) ;
  • elle n'a aucune limite.

Exemple 4. wn=(−1)nw_n = (-1)^n vaut alternativement 11 et −1-1.

  • L'intervalle ouvert ]0 ;2[]0\,;2[ contient 11, mais aucun des termes de rang impair, qui valent −1-1. Comme il y a des rangs impairs aussi loin qu'on veut, (wn)(w_n) ne converge pas vers 11.
  • De même, ]−2 ;0[]-2\,;0[ contient −1-1 mais aucun terme de rang pair : (wn)(w_n) ne converge pas vers −1-1.
  • Si ℓ\ell est un autre réel, l'intervalle ]ℓ−r ;ℓ+r[]\ell - r\,;\ell + r[, avec rr le plus petit des deux nombres ∣ℓ−1∣|\ell - 1| et ∣ℓ+1∣|\ell + 1|, ne contient aucun terme.
  • Enfin, (wn)(w_n) ne tend pas vers ±∞\pm\infty : par exemple, [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ ne contient aucun terme.

La suite ((−1)n)\big((-1)^n\big) n'a donc pas de limite.

2.5 Un peu d'histoire

Pendant longtemps, les mathématiciens ont calculé avec des quantités « infiniment petites », sans définition précise de la limite. Le programme rappelle que des fondations solides sont proposées dans le Cours d'analyse d'Augustin Louis Cauchy (1821), qui définit précisément la notion de limite et en fait le point de départ de l'analyse.

Leçon 3 : Opérations sur les limites

Voir la vidéo de la leçon 3

Les règles suivantes sont admises. (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont deux suites ; ℓ\ell et ℓ′\ell' désignent des réels. « FI » signifie forme indéterminée : les règles ne permettent pas de conclure directement.

3.1 Somme

lim⁡un\lim u_n ℓ\ell ℓ\ell ℓ\ell +∞+\infty −∞-\infty +∞+\infty
lim⁡vn\lim v_n ℓ′\ell' +∞+\infty −∞-\infty +∞+\infty −∞-\infty −∞-\infty
lim⁡ (un+vn)\lim\,(u_n + v_n) ℓ+ℓ′\ell + \ell' +∞+\infty −∞-\infty +∞+\infty −∞-\infty FI

3.2 Produit

lim⁡un\lim u_n ℓ\ell ℓ≠0\ell \neq 0 ±∞\pm\infty 00
lim⁡vn\lim v_n ℓ′\ell' ±∞\pm\infty ±∞\pm\infty ±∞\pm\infty
lim⁡ (unvn)\lim\,(u_n v_n) ℓℓ′\ell\ell' ±∞\pm\infty (règle des signes) ±∞\pm\infty (règle des signes) FI

3.3 Quotient

lim⁡un\lim u_n ℓ\ell ℓ\ell ±∞\pm\infty ℓ≠0\ell \neq 0 ±∞\pm\infty 00
lim⁡vn\lim v_n ℓ′≠0\ell' \neq 0 ±∞\pm\infty ℓ′≠0\ell' \neq 0 00, avec vnv_n de signe constant à partir d'un certain rang ±∞\pm\infty 00
lim⁡unvn\lim \dfrac{u_n}{v_n} ℓℓ′\dfrac{\ell}{\ell'} 00 ±∞\pm\infty (signes) ±∞\pm\infty (signes) FI FI

Les quatre formes indéterminées : ∞−∞\infty - \infty,   0×∞\;0 \times \infty,   ∞∞\;\dfrac{\infty}{\infty},   00\;\dfrac00.

« Indéterminée » ne veut pas dire que la limite n'existe pas : selon les suites, on peut obtenir n'importe quel résultat. Par exemple, n−n→0n - n \to 0 alors que n2−n→+∞n^2 - n \to +\infty, et pourtant les deux sont de la forme ∞−∞\infty - \infty. Il faut alors transformer l'écriture.

Exemple 5 (pas d'indétermination). (2+1n)(n2+1)\left(2 + \dfrac1n\right)\left(n^2 + 1\right) : le premier facteur tend vers 22, le second vers +∞+\infty. Par produit, la limite vaut +∞+\infty.

Exemple 6 (règle des signes). Si lim⁡un=−3\lim u_n = -3 et lim⁡vn=+∞\lim v_n = +\infty, alors lim⁡ (unvn)=−∞\lim\,(u_n v_n) = -\infty.

3.4 Lever une indétermination : factoriser par le terme le plus fort

Exemple 7 (forme ∞−∞\infty - \infty). un=n2−5n+1u_n = n^2 - 5n + 1. On factorise par le terme le plus fort, n2n^2 : un=n2(1−5n+1n2).u_n = n^2\left(1 - \frac5n + \frac{1}{n^2}\right). La parenthèse tend vers 11 et n2→+∞n^2 \to +\infty. Par produit, lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

Exemple 8 (forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}). Pour n≥1n \geq 1 : 2n+1n+3=n(2+1n)n(1+3n)=2+1n1+3n.\frac{2n+1}{n+3} = \frac{n\left(2 + \frac1n\right)}{n\left(1 + \frac3n\right)} = \frac{2 + \frac1n}{1 + \frac3n}. Le numérateur tend vers 22 et le dénominateur vers 11 : lim⁡n→+∞2n+1n+3=2\lim\limits_{n\to+\infty} \dfrac{2n+1}{n+3} = 2.

Exemple 9 (forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}). Pour n≥1n \geq 1 : n+1n2+1=n(1+1n)n2(1+1n2)=1n×1+1n1+1n2.\frac{n+1}{n^2+1} = \frac{n\left(1 + \frac1n\right)}{n^2\left(1 + \frac{1}{n^2}\right)} = \frac1n \times \frac{1 + \frac1n}{1 + \frac{1}{n^2}}. Le premier facteur tend vers 00, le second vers 11 : lim⁡n→+∞n+1n2+1=0\lim\limits_{n\to+\infty} \dfrac{n+1}{n^2+1} = 0.

Autre technique : l'expression conjuguée. Pour une différence de racines, on multiplie et on divise par la somme. Par exemple n+4−n=(n+4)−nn+4+n=4n+4+n\sqrt{n+4} - \sqrt n = \dfrac{(n + 4) - n}{\sqrt{n+4} + \sqrt n} = \dfrac{4}{\sqrt{n+4} + \sqrt n}, qui tend vers 00 (voir l'exercice 6).

Leçon 4 : Comparaison et théorème des gendarmes

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Le théorème de comparaison

Théorème (démonstration du programme). Si, à partir d'un certain rang, un≥vnu_n \geq v_n, et si lim⁡n→+∞vn=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} v_n = +\infty, alors lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

Autrement dit : une suite minorée par une suite qui diverge vers +∞+\infty diverge aussi vers +∞+\infty.

Démonstration. Soit AA un réel.

  1. Comme vn→+∞v_n \to +\infty, il existe un rang N1N_1 tel que vn≥Av_n \geq A pour tout n≥N1n \geq N_1.
  2. Par hypothèse, il existe un rang N0N_0 tel que un≥vnu_n \geq v_n pour tout n≥N0n \geq N_0.
  3. Soit NN le plus grand des deux rangs N0N_0 et N1N_1. Pour tout n≥Nn \geq N : un≥vn≥Au_n \geq v_n \geq A.
  4. L'intervalle [A ;+∞[[A\,;+\infty[ contient donc tous les unu_n à partir du rang NN : lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

De même, si un≤vnu_n \leq v_n à partir d'un certain rang et si lim⁡n→+∞vn=−∞\lim\limits_{n\to+\infty} v_n = -\infty, alors lim⁡n→+∞un=−∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = -\infty (exercice 7).

Exemple 10. un=n+(−1)nu_n = n + (-1)^n. Comme (−1)n≥−1(-1)^n \geq -1, on a un≥n−1u_n \geq n - 1. Or lim⁡n→+∞(n−1)=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} (n - 1) = +\infty. Par comparaison, lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

4.2 Le théorème des gendarmes

Théorème des gendarmes (admis). Si, à partir d'un certain rang, vn≤un≤wnv_n \leq u_n \leq w_n, et si (vn)(v_n) et (wn)(w_n) convergent vers la même limite ℓ\ell, alors (un)(u_n) converge vers ℓ\ell.

La suite (un)(u_n) est « coincée » entre deux gendarmes qui se rejoignent en ℓ\ell.

Exemple 11. un=2+(−1)nnu_n = 2 + \dfrac{(-1)^n}{n} (n≥1n \geq 1). Comme −1≤(−1)n≤1-1 \leq (-1)^n \leq 1 et n>0n > 0 : 2−1n≤un≤2+1n.2 - \frac1n \leq u_n \leq 2 + \frac1n. Les deux suites encadrantes tendent vers 22. D'après le théorème des gendarmes, lim⁡n→+∞un=2\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = 2.

Méthode. Les suites contenant (−1)n(-1)^n, cos⁡n\cos n ou sin⁡n\sin n se traitent souvent ainsi, car −1≤(−1)n≤1-1 \leq (-1)^n \leq 1, −1≤cos⁡n≤1-1 \leq \cos n \leq 1 et −1≤sin⁡n≤1-1 \leq \sin n \leq 1.

4.3 Passer à la limite dans une inégalité

Propriété (admise). Si un≤vnu_n \leq v_n à partir d'un certain rang, et si lim⁡n→+∞un=ℓ\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = \ell et lim⁡n→+∞vn=ℓ′\lim\limits_{n\to+\infty} v_n = \ell', alors ℓ≤ℓ′\ell \leq \ell'.

Attention : les inégalités strictes deviennent larges. Pour tout n≥1n \geq 1, 1n>0\dfrac1n > 0, mais lim⁡n→+∞1n=0\lim\limits_{n\to+\infty} \dfrac1n = 0. Si un<3u_n < 3 pour tout nn et si (un)(u_n) converge vers ℓ\ell, on peut seulement conclure ℓ≤3\ell \leq 3.

Leçon 5 : Limite d'une suite géométrique

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Le théorème

Théorème (programme : « comportement d'une suite géométrique (qn)(q^n) où qq est un nombre réel »).

Valeur de qq q>1q > 1 q=1q = 1 −1<q<1-1 < q < 1 q≤−1q \leq -1
lim⁡n→+∞qn\lim\limits_{n\to+\infty} q^n +∞+\infty 11 00 pas de limite

5.2 Rappel : l'inégalité de Bernoulli (chapitre 1)

Pour tout réel a>0a > 0 et pour tout entier naturel nn : (1+a)n≥1+na.(1 + a)^n \geq 1 + na. Elle a été démontrée par récurrence au chapitre 1.

5.3 Démonstration (programme : « limite de (qn)(q^n), après démonstration par récurrence de l'inégalité de Bernoulli »)

Cas q>1q > 1. On pose a=q−1a = q - 1 : a>0a > 0 et q=1+aq = 1 + a. D'après l'inégalité de Bernoulli, qn=(1+a)n≥1+naq^n = (1+a)^n \geq 1 + na. Comme a>0a > 0, lim⁡n→+∞(1+na)=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} (1 + na) = +\infty. Par comparaison (leçon 4), lim⁡n→+∞qn=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} q^n = +\infty.

Cas q=1q = 1. qn=1q^n = 1 pour tout nn : la suite est constante, de limite 11.

Cas −1<q<1-1 < q < 1.

  • Si q=0q = 0, qn=0q^n = 0 pour tout n≥1n \geq 1, donc la limite vaut 00.
  • Sinon, 0<∣q∣<10 < |q| < 1. On pose b=1∣q∣b = \dfrac{1}{|q|} : b>1b > 1, donc lim⁡n→+∞bn=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} b^n = +\infty d'après le premier cas. Par quotient, ∣q∣n=1bn|q|^n = \dfrac{1}{b^n} tend vers 00.
  • Enfin, −∣q∣n≤qn≤∣q∣n-|q|^n \leq q^n \leq |q|^n, et les deux suites encadrantes tendent vers 00. Par le théorème des gendarmes, lim⁡n→+∞qn=0\lim\limits_{n\to+\infty} q^n = 0.

Cas q≤−1q \leq -1.

  • Pour q=−1q = -1, la suite vaut 1,−1,1,−1,…1, -1, 1, -1, \ldots : elle n'a pas de limite (leçon 2, exemple 4).
  • Pour q<−1q < -1, par exemple q=−2q = -2 : 1,−2,4,−8,16,…1, -2, 4, -8, 16, \ldots Les termes changent de signe à chaque rang et ∣qn∣=∣q∣n→+∞|q^n| = |q|^n \to +\infty (car ∣q∣>1|q| > 1). Les termes de rang pair tendent vers +∞+\infty et ceux de rang impair vers −∞-\infty : la suite ne converge pas, et elle ne tend ni vers +∞+\infty ni vers −∞-\infty.

5.4 Application aux suites géométriques

Une suite géométrique de premier terme u0u_0 et de raison qq s'écrit un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n. Sa limite se déduit du théorème par produit.

Exemple 12. On reprend le placement du chapitre 1 : un capital de 10001000 € placé à 3 %3\,\% par an (intérêts composés) vaut un=1000×1,03nu_n = 1000 \times 1{,}03^n au bout de nn années. Comme 1,03>11{,}03 > 1, lim⁡n→+∞un=+∞\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = +\infty.

Exemple 13. 5×0,8n→05 \times 0{,}8^n \to 0 car −1<0,8<1-1 < 0{,}8 < 1. Et −2×1,5n→−∞-2 \times 1{,}5^n \to -\infty car 1,5n→+∞1{,}5^n \to +\infty et −2<0-2 < 0.

Exemple 14 (somme géométrique). Pour q≠1q \neq 1, on sait depuis la Première que 1+q+⋯+qn=1−qn+11−q1 + q + \cdots + q^n = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}. Avec q=12q = \dfrac12 : 1+12+14+⋯+(12)n=1−(12)n+112=2(1−(12)n+1).1 + \frac12 + \frac14 + \cdots + \left(\frac12\right)^n = \frac{1 - \left(\frac12\right)^{n+1}}{\frac12} = 2\left(1 - \left(\frac12\right)^{n+1}\right). Comme (12)n+1→0\left(\frac12\right)^{n+1} \to 0, cette somme tend vers 22.

Leçon 6 : Suites monotones et convergence

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Le théorème de convergence monotone

Théorème (admis, programme). Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge.

6.2 Ce que dit le théorème, et ce qu'il ne dit pas

  • Il donne l'existence de la limite, pas sa valeur. Un majorant n'est pas forcément la limite : un=1−1n+1u_n = 1 - \dfrac{1}{n+1} est majorée par 55, mais sa limite vaut 11.
  • Si (un)(u_n) est croissante, majorée par MM, et converge vers ℓ\ell, alors ℓ≤M\ell \leq M (passage à la limite dans l'inégalité un≤Mu_n \leq M, leçon 4).
  • Si (un)(u_n) est croissante et converge vers ℓ\ell, alors un≤ℓu_n \leq \ell pour tout nn. En effet, s'il existait un rang NN avec uN>ℓu_N > \ell, on aurait un≥uN>ℓu_n \geq u_N > \ell pour tout n≥Nn \geq N, et l'intervalle ouvert ]ℓ−1 ;uN[]\ell - 1\,;u_N[, qui contient ℓ\ell, ne contiendrait aucun terme à partir du rang NN : contradiction.

6.3 Bilan pour une suite monotone

Avec la leçon 1 :

majorée (ou minorée) non majorée (ou non minorée)
(un)(u_n) croissante converge tend vers +∞+\infty
(un)(u_n) décroissante converge tend vers −∞-\infty

Une suite monotone a donc toujours une limite, finie ou infinie.

6.4 Exemple complet : une suite définie par récurrence

Exemple 15. u0=0u_0 = 0 et, pour tout nn, un+1=0,5 un+3u_{n+1} = 0{,}5\,u_n + 3. On calcule u1=3u_1 = 3, u2=4,5u_2 = 4{,}5, u3=5,25u_3 = 5{,}25.

1. Encadrement et monotonie, par récurrence (chapitre 1). Soit P(n)P(n) : « 0≤un≤un+1≤60 \leq u_n \leq u_{n+1} \leq 6 ».

  • Initialisation : u0=0u_0 = 0 et u1=3u_1 = 3, donc 0≤0≤3≤60 \leq 0 \leq 3 \leq 6 : P(0)P(0) est vraie.
  • Hérédité : supposons 0≤un≤un+1≤60 \leq u_n \leq u_{n+1} \leq 6. On multiplie par 0,5>00{,}5 > 0 : 0≤0,5 un≤0,5 un+1≤30 \leq 0{,}5\,u_n \leq 0{,}5\,u_{n+1} \leq 3. On ajoute 33 : 3≤un+1≤un+2≤63 \leq u_{n+1} \leq u_{n+2} \leq 6. Comme 0≤30 \leq 3, P(n+1)P(n+1) est vraie.
  • Conclusion : pour tout nn, 0≤un≤un+1≤60 \leq u_n \leq u_{n+1} \leq 6.

2. Convergence. (un)(u_n) est croissante et majorée par 66 : elle converge vers un réel ℓ\ell.

3. Valeur de la limite. Quand n→+∞n \to +\infty, un+1→ℓu_{n+1} \to \ell (ce sont les mêmes termes, décalés d'un rang) et, par opérations, 0,5 un+3→0,5 ℓ+30{,}5\,u_n + 3 \to 0{,}5\,\ell + 3. Par unicité de la limite, ℓ=0,5 ℓ+3\ell = 0{,}5\,\ell + 3, d'où ℓ=6\ell = 6. Donc lim⁡n→+∞un=6\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = 6.

Remarque. Ici, un+1u_{n+1} s'exprime avec des opérations sur unu_n, et les opérations sur les limites suffisent. Pour une relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) plus générale, la continuité de ff (chapitre 7) permettra de conclure de la même façon.

Leçon 7 : Algorithmes : seuil et valeurs approchées

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Recherche d'un seuil

Problème. On reprend le placement du chapitre 1 : un capital de 10001000 € est placé à 3 %3\,\% par an, avec intérêts composés, et un=1000×1,03nu_n = 1000 \times 1{,}03^n. Au bout de combien d'années dépasse-t-il 20002000 € ?

  • Le rang cherché existe : 1,03>11{,}03 > 1, donc un→+∞u_n \to +\infty, et l'intervalle ]2000 ;+∞[]2000\,;+\infty[ contient tous les termes à partir d'un certain rang.
  • La suite est croissante : une fois le seuil franchi, on reste au-dessus.

Algorithme en langage naturel (« ←\leftarrow » se lit « prend la valeur ») :

n ← 0
u ← 1000
Tant que u ≤ 2000
    u ← 1,03 × u
    n ← n + 1
Fin Tant que

En Python :

def seuil(A):
    n = 0
    u = 1000
    while u <= A:
        u = 1.03 * u
        n = n + 1
    return n

seuil(2000) renvoie 24. Vérification : 1000×1,0323≈1973,59≤20001000 \times 1{,}03^{23} \approx 1973{,}59 \leq 2000 et 1000×1,0324≈2032,79>20001000 \times 1{,}03^{24} \approx 2032{,}79 > 2000. Le capital dépasse 20002000 € au bout de 2424 ans.

Attention. La boucle ne s'arrête que parce que le seuil est atteint. Avec une suite majorée par 20002000, la condition u <= 2000 resterait vraie et le programme ne s'arrêterait jamais. Avant de lancer un algorithme de seuil, on justifie que le seuil sera atteint (par une limite).

Au chapitre 8, le logarithme permettra de résoudre 1,03n>21{,}03^n > 2 par le calcul.

7.2 Listes des premiers termes

On peut générer la liste des premiers termes (programme : « notion de liste »).

  • En compréhension :
>>> [round(1000 * 1.03**n, 2) for n in range(5)]
[1000.0, 1030.0, 1060.9, 1092.73, 1125.51]
  • Par ajouts successifs :
L = []
for n in range(5):
    L.append(round(1000 * 1.03**n, 2))

range(5) parcourt les entiers 0,1,2,3,40, 1, 2, 3, 4 : on obtient les termes de rang 00 à 44, arrondis au centime.

7.3 Valeurs approchées : l'exemple de 2\sqrt2

Une suite convergente fournit des valeurs approchées de sa limite. On définit u0=2etun+1=12(un+2un).u_0 = 2 \qquad\text{et}\qquad u_{n+1} = \frac12\left(u_n + \frac{2}{u_n}\right). C'est la méthode de Héron, du nom d'un mathématicien grec de l'Antiquité.

nn 00 11 22 33 44
unu_n 22 1,51{,}5 1712≈1,4167\dfrac{17}{12} \approx 1{,}4167 577408≈1,414 216\dfrac{577}{408} \approx 1{,}414\,216 ≈1,414 213 562 375\approx 1{,}414\,213\,562\,375

Et 2≈1,414 213 562 373\sqrt2 \approx 1{,}414\,213\,562\,373 : u4u_4 donne déjà 1111 décimales exactes.

u = 2
for k in range(4):
    u = u / 2 + 1 / u
print(u)        # affiche 1.4142135623746899

Pourquoi 2\sqrt2 ? On admet ici que la suite converge vers un réel ℓ>0\ell > 0 : l'étude de sa convergence est un approfondissement possible du programme (« étude de la convergence de la méthode de Héron »). En passant à la limite dans la relation : ℓ=12(ℓ+2ℓ)  ⟺  2ℓ=ℓ+2ℓ  ⟺  ℓ=2ℓ  ⟺  ℓ2=2,\ell = \frac12\left(\ell + \frac2\ell\right) \iff 2\ell = \ell + \frac2\ell \iff \ell = \frac2\ell \iff \ell^2 = 2, et comme ℓ>0\ell > 0, ℓ=2\ell = \sqrt2.

Autres valeurs approchées du programme. Le programme cite aussi π\pi, ee, 1+52\frac{1 + \sqrt5}{2} (le nombre d'or) et ln⁡(2)\ln(2). Les exercices 12 et 14 traitent ee et le nombre d'or ; ln⁡(2)\ln(2) attend le chapitre 8.

Leçon 8 : Modéliser une évolution par une suite

Voir la vidéo de la leçon 8

Le programme demande d'« étudier des phénomènes d'évolution modélisables par une suite ». Voici un exemple complet.

8.1 La situation

Une ville lance un service de vélos en libre-service. Au lancement, on compte 20002000 abonnés. Chaque mois, 15 %15\,\% des abonnés résilient leur abonnement et 450450 nouvelles personnes s'abonnent. On note unu_n le nombre d'abonnés au bout de nn mois.

Garder 85 %85\,\% des abonnés revient à multiplier par 0,850{,}85. Donc u0=2000u_0 = 2000 et, pour tout nn : un+1=0,85 un+450.u_{n+1} = 0{,}85\,u_n + 450.

8.2 Une suite auxiliaire géométrique

On cherche d'abord le réel ℓ\ell qui « ne bouge pas » : ℓ=0,85 ℓ+450  ⟺  0,15 ℓ=450  ⟺  ℓ=3000\ell = 0{,}85\,\ell + 450 \iff 0{,}15\,\ell = 450 \iff \ell = 3000.

On pose vn=un−3000v_n = u_n - 3000. Alors vn+1=un+1−3000=0,85 un+450−3000=0,85 un−2550=0,85 (un−3000)=0,85 vn.v_{n+1} = u_{n+1} - 3000 = 0{,}85\,u_n + 450 - 3000 = 0{,}85\,u_n - 2550 = 0{,}85\,(u_n - 3000) = 0{,}85\,v_n. La suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 0,850{,}85 et de premier terme v0=2000−3000=−1000v_0 = 2000 - 3000 = -1000.

8.3 Forme explicite, limite, sens de variation

  • vn=−1000×0,85nv_n = -1000 \times 0{,}85^n, donc un=3000−1000×0,85nu_n = 3000 - 1000 \times 0{,}85^n. Vérification : u1=3000−850=2150u_1 = 3000 - 850 = 2150 et 0,85×2000+450=21500{,}85 \times 2000 + 450 = 2150.
  • Limite. −1<0,85<1-1 < 0{,}85 < 1, donc 0,85n→00{,}85^n \to 0 et lim⁡n→+∞un=3000\lim\limits_{n\to+\infty} u_n = 3000.
  • Sens de variation. un+1−un=−1000×0,85n+1+1000×0,85n=1000×0,85n (1−0,85)=150×0,85n>0u_{n+1} - u_n = -1000 \times 0{,}85^{n+1} + 1000 \times 0{,}85^n = 1000 \times 0{,}85^n\,(1 - 0{,}85) = 150 \times 0{,}85^n > 0 : la suite est croissante.
  • Interprétation. Le nombre d'abonnés augmente et se stabilise à long terme autour de 30003000, sans jamais atteindre cette valeur (un<3000u_n < 3000 pour tout nn).

8.4 Un seuil

Quand le service dépasse-t-il 29002900 abonnés ? un>2900  ⟺  1000×0,85n<100  ⟺  0,85n<0,1u_n > 2900 \iff 1000 \times 0{,}85^n < 100 \iff 0{,}85^n < 0{,}1.

def seuil():
    n = 0
    u = 2000
    while u <= 2900:
        u = 0.85 * u + 450
        n = n + 1
    return n

La fonction renvoie 15 : u14≈2897≤2900u_{14} \approx 2897 \leq 2900 et u15≈2913>2900u_{15} \approx 2913 > 2900. Le service dépasse 29002900 abonnés au bout de 1515 mois.

8.5 La méthode à retenir

Pour une suite un+1=a un+bu_{n+1} = a\,u_n + b avec a≠1a \neq 1 :

  1. on cherche le réel ℓ\ell tel que ℓ=a ℓ+b\ell = a\,\ell + b ;
  2. on montre que vn=un−ℓv_n = u_n - \ell est géométrique de raison aa ;
  3. on en déduit un=ℓ+(u0−ℓ) anu_n = \ell + (u_0 - \ell)\,a^n, puis la limite avec la leçon 5 ;
  4. on interprète les résultats dans la situation (long terme, seuil, sens de variation).

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. un→+∞u_n \to +\infty si tout intervalle [A ;+∞[[A\,;+\infty[ contient tous les termes à partir d'un certain rang ; un→ℓu_n \to \ell si tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient tous les termes à partir d'un certain rang. La limite, quand elle existe, est unique.
  2. Une suite croissante et non majorée tend vers +∞+\infty (démontré). « Non majorée » seule ou « croissante » seule ne suffit pas.
  3. Les opérations sur les limites se lisent dans les tableaux. Les quatre formes indéterminées : ∞−∞\infty - \infty, 0×∞0 \times \infty, ∞∞\frac{\infty}{\infty}, 00\frac00. Pour les lever, on factorise par le terme le plus fort.
  4. Comparaison : une suite minorée par une suite qui tend vers +∞+\infty tend vers +∞+\infty (démontré). Gendarmes : une suite coincée entre deux suites de même limite ℓ\ell tend vers ℓ\ell. Par passage à la limite, les inégalités deviennent larges.
  5. qn→+∞q^n \to +\infty si q>1q > 1 ; qn→0q^n \to 0 si −1<q<1-1 < q < 1 ; qn=1q^n = 1 si q=1q = 1 ; pas de limite si q≤−1q \leq -1. La démonstration utilise l'inégalité de Bernoulli.
  6. Toute suite croissante majorée, ou décroissante minorée, converge (admis). Le théorème ne donne pas la limite : on la trouve en passant à la limite dans la relation de récurrence.
  7. Un algorithme de seuil (boucle while) donne le premier rang où un seuil est franchi, à condition de savoir qu'il le sera.
  8. Pour un+1=a un+bu_{n+1} = a\,u_n + b (a≠1a \neq 1), la suite un−ℓu_n - \ell, avec ℓ=a ℓ+b\ell = a\,\ell + b, est géométrique.
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